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Dans l'ombre d'Édouard Philippe, Jean Castex peine à s'imposer

DÉCRYPTAGE - En poste depuis trois mois à Matignon, Jean Castex tente toujours de se démarquer de son prédécesseur, tout en gérant l'urgence du contexte sanitaire.

Jean Castex, le 3 octobre 2020
Jean Castex, le 3 octobre 2020
Crédit : Valery HACHE / AFP
Marie-Pierre Haddad

Du déconfinement à la deuxième vague. Depuis trois mois jour pour jour, Jean Castex est à la tête du gouvernement. Chargé par Emmanuel Macron d'amorcer la nouvelle étape du quinquennat du président de la République avec la relance économique, Jean Castex se retrouve en charge de la gestion de la crise sanitaire.

De l'aveu du premier ministre : "C'est vrai que j'ai beaucoup d'emmerdements", confie-t-il en privé comme le rapporte Le Parisien. "J'édicte des mesures. Ça ne fait parfois pas plaisir, mais c'est mon devoir. Et même si j'en prends plein la figure en ce moment, ce n'est pas grave. J'assume".

Crise économique, fermetures des bars, clusters dans les universités, télétravail, pression dans les services de réanimation, Conseil scientifique, colère des élus locaux... Les chantiers sont nombreux et les éléments s'accélèrent depuis la rentrée de septembre. En visite à l'hôpital Rothschild à Paris, Emmanuel Macron a d'ailleurs déclaré que "le virus remonte et continue à faire pression sur les services hospitaliers". Des propos qui ancrent un peu plus le gouvernement dans la gestion urgente de la crise. 

Un style qui ne fait pas l'unanimité au sein de la majorité

Les critiques les plus sévères viennent de l'intérieur. "Je ne sais pas quoi en penser", confiait un peu sceptique à RTL un cadre de la majorité. "Il n'incarne pas grand-chose. Ça n'a rien de personnel, mais c'est juste que je n'arrive pas à savoir où il se situe sur plein de sujets", constate une ministre. Au sein de son ancienne formation politique, Les Républicains, les remarques ne sont guère meilleures.

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"Jean Castex n'imprime pas beaucoup. C'est un opérationnel avant d'être un politique", confie une élue LR dans Le Figaro Magazine. Un autre député dresse un constat cinglant dans Le Parisien : "Quand il vient en réunion de groupe, c'est interminable. Il n'arrive pas à nous embarquer dans son récit".

En charge de la gestion de la crise du coronavirus, Jean Castex "assume" sa politique. "À Marseille, le seuil d'alerte était franchi depuis plusieurs jours. Je me suis dit à ce moment-là que si on n'agissait pas plus fort, l'opinion n'aurait pas mordu. Il fallait frapper un coup, que les Français ouvrent leurs écoutilles", analyse-t-il en privé selon Le Parisien

S'imposer dans un gouvernement de fortes personnalités

Afin d'imposer son style, Jean Castex a pris à bras le corps le dossier de la proximité avec les territoires. Le premier ministre l'a martelé lors dès ses premières prises de parole et a multiplié les déplacements. Sur RTL, le chef du gouvernement annonçait vouloir se lancer dans "un tour de toutes les grandes métropoles" avec Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti. L'idée est d'aller au contact pour faire oublier aussi son côté techno qui le caractérise.

Jean Castex doit aussi composer avec de fortes personnalités au sein de son gouvernement. Alors que ses ministres de l'Intérieur et de la Justice, Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti affichement clairement leurs divergences d'opinion sur le sujet de l'insécurité et du mot "ensauvagement", le premier ministre, lui, peine à mettre un point final à la querelle. 

Mais là encore, le coronavirus vient brouiller le message du premier ministre. Les élus ont été nombreux, notamment à Marseille et Paris, ont dénoncé le manque de concertation avec le gouvernement pour la mise en place et l'application des mesures pour lutter contre le virus. 

L'ombre d'Édouard Philippe

Au delà des crises sanitaires et économiques, le premier ministre gouverne avec l'ombre de son prédécesseur au-dessus de lui. Difficile de ne pas observer la courbe de la cote de popularité d'Édouard Philippe. "Quoi qu'il dise, il est systématiquement ramené à son prédécesseur, qui lui est très populaire en ce moment. C'est injuste, mais c'est comme cela", explique-t-on au Parisien.

Jean Castex doit aussi faire avec des accidents de parcours : StopCovid. Le premier ministre a reconnu sur France 2 dans l'émission Vous avez la parole ne pas avoir téléchargé l'application, pourtant vantée par le gouvernement. Un faux pas qui a enterré l'application déjà peu populaire auprès des Français. 

Une situation qui n'a pas échappé à Emmanuel Macron. "Le coup de l'appli StopCovid, il était effaré", raconte un proche du chef de l'État. Mais les relations restent au beau fixe entre le président de la République et son premier ministre, rapporte-t-on. "Il faut laisser du temps au temps".

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