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Covid-19 : tensions entre Paris et Marseille, le ton monte avec l'exécutif

DÉCRYPTAGE - Olivier Véran a annoncé la fermeture totale des bars et restaurants à Marseille et à 22 heures pour Paris. Des décisions qui ont provoqué la colère des élus locaux, relançant les tensions entre les deux villes.

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Covid-19 : guerre déclarée entre le gouvernement et Marseille Crédit Image : CLEMENT MAHOUDEAU / AFP | Crédit Média : RTL | Date : La page de l'émission
William Galibert et Marie-Pierre Haddad

Un reconfinement qui ne dit pas son nom ? La réponse est claire pour le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier. "C'est quasi un reconfinement", "une punition collective", a-t-il estimé quelques minutes après les annonces d'Olivier Véran sur la situation sanitaire en France. 

Le ministre de la Santé a dévoilé une série de mesures strictes avec notamment la fermeture totale des bars et restaurants à Marseille. Ces mesures pour lutter contre un nouveau rebond de l'épidémie de Covid-19 marquent un tour de vis important depuis la fin du confinement le 11 mai dernier. À Paris et dans onze autres métropoles Lille, Toulouse, Saint-Etienne, Rennes, Rouen, Grenoble, Montpellier, Bordeaux, Lyon et Nice, la fermeture des bars se fera à partir de 22 heures

La crise du coronavirus a accentué les tensions politiques entre Paris et Marseille faisant ainsi réapparaître l'éternelle guerre entre les deux métropoles. "Une nouvelle fois, notre territoire est montré du doigt", a protesté le premier adjoint à la mairie de Marseille Benoît Payan. "Il en va du respect de la deuxième ville de France", a-t-il tonné au cours d'une conférence de presse, assurant avoir dû lui-même appeler le ministre de la Santé avant sa prise de parole de mercredi pour obtenir des explications.

En Île-de-France, la présidente de la région "demande aussi au gouvernement de respecter une vraie concertation avec les collectivités sur les décisions impactant des bars et restaurants déjà très fragilisé". 

Le ton montre entre le gouvernement et Marseille

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Les dirigeants de la cité phocéenne dénoncent un "affront" après l'annonce "sans concertation" par le gouvernement de "restrictions incroyables" et réclament un délai de 10 jours avant la mise en oeuvre des nouvelles mesures. La réponse de Matignon est inflexible : "Quand il y a urgence, non, on ne peut pas attendre dix jours de plus pour agir". 

Même ton tranchant pour Olivier Véran. "Concerter ne veut pas forcément dire tomber d’accord. À un moment donné, le principe de responsabilité doit primer lorsqu’il faut protéger la vie des gens", indiqué au Sénat le ministre de la Santé.

En coulisses, on accuse surtout ces élus locaux marseillais et parisiens de faire de la politique. On rappelle qu’Olivier Véran s’est rendu à Marseille fin août pour prévenir déjà, que la situation s’aggravait dangereusement. Depuis, dans les restaurants et dans les bars, les consignes n’ont pas été respectées et les promesses pas tenues.

"Après trois pintes, on sait bien que les gestes barrière finissent à la poubelle", explique un conseiller de l'exécutif. On rappelle aussi qu’entre les élus, les agences régionales de santé, et les préfets, le contact est constant. Le ton monte très haut et le premier ministre Jean Castex, invité ce soir de l'émission Vous avez la parole, va sûrement devoir tenter d’éteindre ce début d’incendie.

Bataille de chiffres

Selon le dernier bilan, en France 13.072 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés en 24 heures. 783 malades du virus ont été nouvellement admis à l'hôpital entre mardi et mercredi, dont 130 en réanimation. 4.244 malades du Covid ont été hospitalisés sur les sept derniers jours, dont 675 en réanimation. 

Olivier Véran a expliqué avoir pris la décision de fermer les bars et restaurants à Marseille sur base de trois critères : le taux d'incidence, c'est-à-dire le nombre de nouveaux cas, de la maladie dans la population, celui chez les personnes âgées, considérées comme la population la plus vulnérable et la proportion des malades du Covid dans les services de réanimation

À Marseille et en Guadeloupe, le taux d'incidence dépasse les 250 cas pour 100.000 habitants, soit 5 fois le seuil d'alerte, et est de 100 pour 100.000 chez les personnes âgées. Dans les villes en zones d'alerte renforcée, ces chiffres dépassent 150 pour 100.000 et 50 pour 100.000", explique l'AFP. 

Que répond Marseille ?

À Marseille, les politiques font valoir que l'épidémie stagne, contrairement à Paris. Où en est-on ? Olivier Véran évoquait un frémissement. L'agence régionale de Santé doit publier en fin de journée de nouveaux chiffres. Elle évoque une stabilisation depuis deux, trois jours, "ce qui n'est pas suffisant pour affirmer que l’épidémie ralentit", selon Odile Pouget journaliste santé à RTL. 

"Il faut en effet dix à quinze jours pour dire qu'on est sur le bon chemin. Plusieurs indicateurs restent inquiétants, selon les autorités sanitaires. Le taux d'incidence, de nouveaux cas dans la population est cinq fois supérieurs au seuil d'alerte. La proportion de personnes âgées touchées, population la plus vulnérable, est importante : 180 pour 100.000, alors que le seuil est à 100", indique-t-elle. 

"Surtout les services de réanimation commencent à souffrir. Selon l'AP-HM, les hôpitaux de Marseille, 45% des lits sont aujourd'hui occupés par des patients Covid. Les trois quart sont âgés de plus de 65 ans", explique Odile Pouget.

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