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Reporter de guerre : sans les fixeurs, "mon travail n’existerait pas", explique Charles Villa

Peu connu du grand public, le mot "fixeur" fait référence à la personne qui sert de guide aux journalistes dans les pays à risque.

Charles Villa, grand reporter à "Brut"
Charles Villa, grand reporter à "Brut"
Crédit : Capture d'écran YouTube / Charles Villa
LE CHOIX DE FLAVIE - Charles Villa raconte l'évacuation de son fixeur Hussein à l'aéroport de Kaboul
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Keltoum Lehbab & Flavie Flament

Sur la carte du monde Charles Villa, préfère les champs de guerres, les terres de famines et d’exploitation humaine, aux destinations "instagramable". Grand reporter et réalisateur pour le média Brut, Charles Villa est toujours accompagné d’un fixeur, sans lequel il ne pourrait pas faire son travail. 

"Un fixeur, c’est un traducteur, c’est un journaliste, un collègue, qui sur le terrain, sur place, dans les endroits les plus reculés, va nous aider dans notre démarche pour réaliser nos documentaires. Sans eux, mon travail n’existerait pas, littéralement. Dans tous les endroits où je vais, je travaille automatiquement avec un fixeur", explique-t-il dans Jour J.

Par leur connaissance du terrain, mais pas seulement, les fixeurs sont des personnes indispensables. Leur mission principale consiste à faire le pont entre les journalistes étrangers et les locaux. En Ukraine, au Congo, au Mexique, en Syrie et en Afghanistan, Charles Villa montre dans son documentaire Fixers, les coulisses de ses reportages et dévoile ainsi le rôle indispensable qu'ont les fixeurs.

"Ce sont des endroits où pour la plupart, je ne connais pas la langue locale donc je ne peux strictement rien faire si je n’ai pas un traducteur, mais en plus, c’est sur des thématiques extrêmement difficiles à filmer puisque les caméras ne sont jamais les bienvenues. On parle de zone de conflit, de crise humanitaire et ce sont eux qui ont les contacts sur place, qui maîtrisent les codes, qui peuvent sentir le danger, que moi, je ne verrais pas", illustre le grand reporter.

Hussain Sadat était fixeur en Afghanistan

Présent au côté de Charles Villa dans l’émission Jour J, Hussain Sadat explique pourquoi il a décidé de devenir fixeur. "J’ai choisi d‘être fixeur parce que je voulais refléter la vérité de l’Afghanistan, de mon pays. […] Les médias étrangers, quand ils arrivaient en Afghanistan, ils devaient s’appuyer sur quelqu’un, un journaliste, qui a une bonne compréhension de la région, et qui a de bonnes relations avec les hommes politiques, avec le gouvernement, et avec les gens", argumente-t-il. 

En plus d'être fixeur pour de nombreux médias étrangers, dont Brut, il était journaliste à plein temps en Afghanistan. C'est en travaillant avec des pays étrangers comme avec les États-Unis, qu'Hussein était devenu une cible pour les talibans. Une situation d’autant plus dangereuse lorsque ces derniers ont repris la capitale, Kaboul

Le 14 août 2021, le pays replonge dans l’obscurité funeste du régime taliban, la panique gagne la population, il faut fuir à tout prix. Charles Villa se souvient encore des nombreuses vidéos montrant des femmes, des enfants et des hommes à l'aéroport de Kaboul, s’agrippant aux ailes des avions. Un chaos où se trouvait son fixeur devenu son ami proche Hussain.  

"J’étais terrifié parce que je savais qu'Hussain était à l’aéroport. On communiquait déjà en permanence parce que quelques jours avant l’arrivée des talibans à Kaboul, je devais arriver en Afghanistan […] . La situation s’est inversée, c’est-à-dire que moi, je ne pouvais plus venir parce que l’aéroport était condamné et Hussain devait être évacué parce qu’il était vraiment en danger", relate Charles Villa.

Hussain a pu quitter l'Afghanistan avec sa famille

Sous le bruit, des tirs et de la menace constante des talibans, Hussain, sa femme et ses quatre enfants devaient être évacués le plus rapidement possible. "Ils (ses enfants, ndlr) ne savaient pas que l’on quittait le pays pour toujours. […] Je travaillais pour plusieurs médias internationaux, et j’ai déjà eu l’opportunité de quitter le pays, mais je ne l’avais jamais saisie".

La prise de Kaboul par les talibans, l’a finalement convaincu de quitter cette terre où il est né, qu’il considère comme "sa mère". Après 3 jours à essayer de prendre l'avion, il a réussi à fuir la guerre et rejoindre la France avec l'aide du média Brut et des autorités françaises. Comme Hussain, de nombreux fixeurs mettent leur vie en danger pour aider les journalistes étrangers à informer. 


Jour J, c'est l'émission des grands entretiens d'actualité internationale, culturelle, économique et politique. Chaque jour sur RTL de 20h à 21h et en podcast, Flavie Flament reçoit un acteur de l'actualité et revient avec lui sur une date fondamentale de sa vie.

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