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Louvre : les calques de Mari font renaître la mythique cité de Mésopotamie

Des reconstitutions de la cité mésopotamienne de Mari qui avaient disparu ont été retrouvées au Louvre et sont restaurées à Versailles, raconte "Le Monde".

L'esplanade du Louvre (Paris) le 18 mars 2020
L'esplanade du Louvre (Paris) le 18 mars 2020
Crédit : Philippe LOPEZ / AFP
Louvre : les calques de Mari font renaître la mythique cité de Mésopotamie
03:19
Louvre : les calques de Mari font renaître la mythique cité de Mésopotamie
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Isabelle Choquet
Isabelle Choquet
Animateur

Et ce jeudi 10 juin, voyage dans le temps, grâce aux calques de Mari, mythique cité de Mésopotamie. Cité mythique et maudite mais dont le faste est parvenu jusqu'à nous grâce à ces fameux calques, disparus et retrouvés par hasard. C'est Le Monde qui nous raconte cette petite histoire dans la grande.

Pour comprendre, il faut revenir une vingtaine de siècle avant Jésus Christ. La cité antique de Mari est construite sur l'Euphrate, dans ce qui est devenu la Syrie, pas très loin de la frontière irakienne. Elle connaît une première période faste entre -2500 et -2300, elle est détruite une première fois, reconstruite à la va-vite par l'envahisseur. Deuxième période faste.

"C’était un royaume très puissant', dit Sophie Cluzan, conservateur au Musée du Louvre. "Mari contrôlait la route des matériaux", qui reliait le golfe persique au monde méditerranéen. Elle sera à nouveau détruite par les armées de Babylone.

Sa troisième vie commence en 1933. Des paysans qui voulaient enterrer l'un des leurs découvrent une statue antique. À l'époque la Syrie est administrée par la France, c'est donc l’archéologue français André Parrot qui est envoyé sur place. Dans les années qui suivent, il découvre le palais royal de Mari, et il fouille la chapelle 132 consacrée à Ishtar, déesse de l’amour et de la guerre.

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Au sol, il y a des morceaux de fresques, ceux qui sont tombés des murs pendant l’incendie qui a ravagé la ville 37 siècles plus tôt. Parrot effectue des relevés précis de ces peintures, des dessins. Puis, à partir de ces dessins, il crée une reconstitution des décors de la chapelle sur deux grands calques, un mètre de large sur trois mètres et demi de long. Les fameux calques de Mari. Nous sommes là dans les années 50.

"Le calque jaunit"

Ensuite, ces calques disparaissent. Personne ne sait où ils se trouvent, on se demande même s'ils existent encore. Et puis un jour, en 2019, ils refont surface au Louvre, mal rangés au milieu de documents sur l'Iran. Précisons que Parrot a été le premier directeur du Louvre.

Cette découverte est d'autant plus importante que les peintures originales, qui étaient stockées au musée d'Alep, sont introuvables. Pour les spécialistes, les calques ont désormais valeur d'originaux. Cela tombe bien, ils sont intacts, les couleurs parfaitement conservées. Seul problème : avec le temps, ils sont devenus cassants, très fragiles. On les a donc envoyé en cure au centre de restauration des musées de France à Versailles.

C'est une opération à haut risque. "Le calque jaunit, il s’oxyde et il s’abîme très vite", dit la restauratrice Blandine Durocher. "En plus, il n’est pas d’un seul tenant, il s’agit d’un assemblage de plusieurs calques qui ne sont pas toujours dans le même sens et ne se déforment donc pas de la même manière. Les feuilles ont été scotchées entre elles et la bande adhésive a beaucoup jauni en vieillissant, elle a taché le papier et on doit l’enlever". 

L'autre problème, c'est la gouache qui tient mal sur le calque, elle s'écaille de plus en plus... Il faut donc la refixer. C'est déjà chose faite sur le plus grand des deux calques. On y voit une montagne sur laquelle se trouve Sin, le dieu de la Lune, et devant lui deux hommes à bonnet blanc, un jeune et un plus âgé. Probablement le roi et son héritier.

Le second calque est plus incomplet, mais on y distingue bien la déesse Ishtar. Les deux œuvres seront présentées au public en Belgique en 2023. Une partie de Mari va donc bientôt ressusciter par l'image. Entre temps, dans la Syrie en guerre, l'antique cité a été pillée. 

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