5 min de lecture Coronavirus France

Fermeture des bars et restaurants à Marseille : les mesures sont-elles excessives ?

DÉBAT - Sylvain Maillard, porte-parole du groupe LaREM à l'Assemblée nationale et Roland Héguy, président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie, commente les annonces du gouvernement.

Pascal Praud Les auditeurs ont la parole Pascal Praud iTunes RSS
>
Fermeture des bars et restaurants à Marseille : les mesures sont-elles excessives ? Crédit Image : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
Les auditeurs ont la parole - Praud
Pascal Praud édité par Paul Turban

La métropole d'Aix-Marseille, comme la Guadeloupe, a été placée en état d'"alerte maximale" face à la recrudescence du coronavirus. En conséquence, les bars et restaurants vont fermer leurs portes. "Quand on a entendu le ministre de la Santé faire cette annonce, il y a eu un vent de panique sur l'ensemble de la France", réagit Roland Héguy, président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie. 

"Il y a un vrai traumatisme dans ce domaine, c'est un vrai cauchemar pour la profession, estime-t-il. Il faut rappeler que depuis le mois de mars, la majorité n'ont pas travaillé les quatre premiers mois, car ils avaient leur entreprise fermée. Ce matin, j'ai demandé au gouvernement par l'intermédiaire de Bruno Le Maire de retirer au plus vite cette mesure inconséquenteNos entreprises sont dans la survie."

"Il n'y a que des mauvaises décisions à prendre, répond Sylvain Maillard, député de Paris et porte-parole du groupe LaREM à l'Assemblée nationale. On est sur une trajectoire où dans quelques semaines, nous risquons de nous retrouver dans la même situation que ce que nous avons connu en mars dernier. Ce que nous voulons faire, c'est que la bulle sociale fasse en sorte que nous voyons moins de personnes à qui transmettre potentiellement le virus." 

Certains responsables politiques sont en campagne.

Sylvain Maillard, député de Paris et porte-parole du groupe LaREM à l'Assemblée nationale.
Partager la citation

"J'ai l'impression que le gouvernement fait de notre secteur la variable d'ajustement par rapport aux hôpitaux, réagit Roland Héguy. En dehors des bars et restaurants, il y a eu des rassemblements énormes qui se sont faits dans l'espace public. Le plus grand bistrot est dans la rue à Paris tout l'été. Il y a eu des appartements loués constamment où se retrouvaient 30-40 personnes. Jamais aucun contrôle."  

À lire aussi
Coronavirus France
Coronavirus : échange musclé entre une députée et Castex sur les stocks de vaccins

Pascal Praud interroge Sylvain Maillard sur les déclarations de certains qui estiment qu'il n'y a pas de vrai problème à Marseille et que l'épidémie est sous contrôle. "Vous demandez à des responsables politiques, dont certains sont en campagne puisqu'on a des élections en mars... rappelle le député de Paris. Gouverner, c'est prévoir. On a vécu quelque chose de terrible, un blitz économique. On est parti sur une trajectoire qui pourrait nous faire revivre la même chose. On veut éviter tout reconfinement massif. Oui, c'est difficile pour ceux qui doivent fermer." 

On est resté KO debout hier soir

Roland Héguy, président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie.
Partager la citation

"Bruno Le Maire nous a dit que de nouvelles mesures allaient être annoncées cet après-midi, reconnait le président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie. Puisqu'on est dans la politique : comment se fait-ce qu'on ait pris une telle décision sans nous consulter ? Quelques jours avant, on aurait été capable de trouver une autre solution. On est resté KO debout hier soir. Il va y avoir 20 % d'entreprises d'ici les 4 ou 5 mois qui vont faillir et qu'il y a entre 200 et 250 mille personnes qu'on va retrouver au chômage, c'est ça l'enjeu. Il faut avoir un peu de respect pour l'entreprise." 

"J'aimerais qu'on me donne les moyens de respecter les gestes barrière, explique Mattéo, un étudiant de 22 ans. On a des professeurs qui sont très très dociles aux ordres de la fac. Là où est l’hypocrisie, c'est qu'on nous fournit des amphithéâtres où il y a plus d'élèves que de places. C'est une hypocrisie cette deuxième vague. Heureusement qu'on a des tests pour nous dire qu'il y a des malades. Il y a des entreprises qui meurent. Derrière les chiffres, ce sont des drames familiaux. Mon job étudiant, c'est d'être chauffeur pour des Américains. Ma boîte, elle est à zéro de chiffre d'affaires. Les gens ont peur.

Faire baisser le nombre d'interactions, ce n'est pas possible, sauf si on reste chez nous.

Pascal Praud, présentateur de "Les Auditeurs ont la parole" sur RTL.
Partager la citation

"Faire baisser le nombre d'interactions, ce n'est pas ne pas avoir d'interaction, note Sylvain Maillard. C'est une situation économique extrêmement difficile. Je suis prêt à discuter de tout. Nous sommes dans une situation exceptionnelle, j'espère le moins longtemps. Je pense aux gens dans l'événementiel, aux gens dans les boîtes de nuit : nous devons être à leur côté. Mais à l'heure actuelle, c'est difficile pour tout le monde.

"On le reconnait, il y a eu des aides extraordinaires de la part du gouvernement et de la réactivité puisqu'on travaille avec eux tous les jours depuis le 15 mars, salue Roland Héguy. En parallèle, je préside la Confédération des acteurs du tourisme. C'est toute la chaîne du tourisme. Il y a quelques jours, c'était épouvantable ce que j'ai entendu : en 2021, rien ne sera reparti. On ne parle pas de 15 jours, 3 semaines, 1 mois..."

On a une vie sociale où le virus circule. On se contamine.

Sylvain Maillard, député de Paris et porte-parole du groupe LaREM à l'Assemblée nationale.
Partager la citation

"Sur ce qu'il s'est passé hier soir, c'est une fausse manœuvre politique, estime le président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie. C'est simplement pour faire de la prévention, mais ça ne rassure personne, et ce n'est pas ça qui va diminuer les contaminations, puisque dans la plupart des entreprises, le protocole est respecté. Dans les bars, on ne peut pas prendre le café debout. Le monde universitaire, c'est le plus grand bistrot de France."

"Dans le cadre familial, on fait moins attention, regrette Sylvain Maillard. On a une vie sociale où le virus circule. On se contamine. On est pour beaucoup asymptomatiques. On va rencontrer notre famille et c'est là qu'on se contamine. J'en appelle à la responsabilité de tous. On ne s'embrasse plus. C'est très dur. J'ai des petites filles. Imaginez-vous mes parents qui ne les embrassent pas. Pourtant, il faut continuer à faire ces efforts." 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Coronavirus France Coronavirus Marseille
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants