3 min de lecture Hôpitaux

Crise des hôpitaux : il y a "une pénurie de professionnels", dit un directeur d'hôpital sur RTL

INVITÉ RTL - "Nous ne fermons pas des lits pour des raisons d'argent, mais à cause de pénuries de professionnels", explique Cédric Lussiez, directeur général du groupe hospitalier Nord-Essonne. Il reconnaît "un risque de qualité des soins détériorée."

L'invite´ de RTL - Alba Ventura L'invité de RTL Alba Ventura iTunes RSS
>
Crise des hôpitaux : il y a "une pénurie de professionnels" dit un directeur d'hôpital sur RTL Crédit Image : RTL | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
L'invite´ de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura édité par Paul Turban

Des médecins aux aides-soignants, des doyens aux étudiants, tous les personnels de l'hôpital public à bout de souffle sont appelés à manifester ce jeudi 14 novembre pour exiger davantage de moyens et d'effectifs. Au même moment, le gouvernement peaufine un "plan de soutien" très attendu. Invité de RTL, le directeur général du groupe hospitalier Nord-Essonne, Cédric Lussiez, explique que "nous ne fermons pas des lits pour des raisons d'argent, mais à cause de pénuries de professionnels."


"21 lits ont été fermés dans mon hôpital depuis quelques jours, alors qu'ils sont essentiels à l'accueil des urgences, faute d'infirmières, décrit ainsi Cédric Lussiez. Alors que la ministre nous a demandé de tout mettre en œuvre pour qu'aucun patient ne dorme sur un brancard la nuit, nous risquons d'avoir ce type de situations qui se multiplient cet hiver, non pas pour des raisons financières, mais parce que nous sommes face à des pénuries sans cesse croissantes de personnels infirmiers, de kinés, de manipulateurs radios et de médecins.

"Nous serions incapables de faire fonctionner les gardes de nuit et de week-end sans l'apport des médecins avec des diplômes étrangers", explique ainsi le directeur général du groupe hospitalier Nord-Essonne. "Ce qui me choque, c'est de ne pas pouvoir toujours donner aux patients les conditions d'accueil et de soins que les personnels aimeraient leur donner."

"Risque" de détérioration mais pas de "catastrophisme"

"Il y a un risque de qualité des soins détériorée, prévient donc Cédric Lussiez. Il y a beaucoup de jours où nous ne sommes pas en capacité d'offrir le nombre de lits nécessaires aux services des urgences, et où des patients stagnent dans ces services de manière inappropriée."

À lire aussi
Une campagne de vaccination contre la polio au Pakistan, en avril 2016 Maladie
Malaisie : un cas de poliomyélite déclaré pour la première fois en 27 ans

Pourtant, selon le directeur d'hôpital, "il ne faut pas sombrer dans le catastrophisme. Il se passe encore des choses merveilleuses dans les hôpitaux. Il ne faut pas seulement y voir un signe de désespoir, il faut comprendre que les professionnels qui ont choisi l'hôpital public ont envie d'offrir le meilleur."

Une mobilisation historique

"Les chiffres de la mobilisation sont connus pour les médecins, avec plus de 40 % dans mon hôpital, explique Cédric Lussiez, qui dirige les hôpitaux de Juvisy, Longjumeau et Orsay. C'est un chiffre historiquement très élevé. Les services les plus impactés sont les urgences, mobilisées depuis près de six mois, et le bloc opératoire. Nous avons été contraints de déprogrammer un certain nombre d'interventions chirurgicales."

"Les urgences sont assurées, a néanmoins rassuré le directeur d'hôpital. Il y a des salles d'urgence en permanence disponibles. Et il y a des personnels assignés, bon nombre de ces grévistes doivent travailler. Si nos compatriotes n'ont pas toujours l'impression de subir les conséquences de ces grèves, c'est qu'il y a un service minimum appliqué avec rigueur à l'hôpital public."

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Hôpitaux Crise Santé
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants