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Vaccin AstraZeneca : quatre questions autour des thromboses survenues

Quatre personnes sont mortes en France après avoir reçu une dose d'AstraZeneca. Pourtant, l'ANSM assure que la balance bénéfice/risque reste néanmoins "favorable". On fait le point.

Flacons de vaccin AstraZeneca (illustration).
Flacons de vaccin AstraZeneca (illustration).
Crédit : CHRISTOF STACHE / AFP
Florine Boukhelifa
Journaliste

La vaccination contre le coronavirus se poursuit en France, mais la campagne est entachée par des doutes entourant l'un des sérums développés pour lutter contre la pandémie. Sur le banc des accusés, le vaccin AstraZeneca, jugé responsable de plusieurs dizaines de cas de thromboses dans le monde, dont douze en France, parfois mortelles.

L'Agence du médicament (ANSM) a reconnu le 26 mars dernier l'existence d'un risque "rare" de thrombose atypique associé au vaccin. Selon elle, la balance bénéfice/risque reste néanmoins "favorable". Cela ne semble cependant pas suffisant à convaincre les Français puisque ces derniers boudent certains centres de vaccination.

À Nantes, un étudiant en médecine de 24 ans est mort d'une thrombose quelques jours après avoir reçu une dose d'AstraZeneca, sans qu'un lien ne soit établi entre le vaccin et le décès. De son côté, une famille toulousaine a porté plainte le 2 avril dernier après le décès d'une femme de 38 ans. Elle aussi avait été vaccinée avec AstraZeneca.

1. Qu'est-ce qu'une thrombose ?

Une thrombose correspond à un caillot sanguin qui peut prendre plusieurs aspects. Lorsque celui-ci vient obstruer une veine, et non une artère, il est nommé thrombose veineuse cérébrale et peut avoir de terribles conséquences. 

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En cas de phlébite, la thrombose la plus fréquente et la plus connue, le caillot de sang atteint les veines situées au niveau des jambes, pouvant ainsi provoquer une embolie pulmonaire. En revanche, lorsque ce caillot se dirige vers une veine du cerveau, il peut entraîner des troubles neurologiques, voire déclencher un accident vasculaire cérébral (AVC).

Plusieurs symptômes peuvent apparaître chez les malades : maux de tête, troubles visuels, vomissements ou encore crises d'épilepsie. En cas de doute, mieux vaut consulter un professionnel de la santé qui pourra alors effectuer tous les examens nécessaires.

2. Y a-t'il un lien avéré avec le vaccin AstraZeneca?

La question du lien entre la thrombose veineuse et le vaccin AstraZeneca, qui a récemment changé de nom, est plus complexe qu'il n'y parait. En effet, un malade du coronavirus peut contracter ce syndrome, sans avoir été vacciné.

Néanmoins, l'Agence européenne des Médicaments (EMA) a reconnu la relation de cause à effet. "Nous pouvons désormais le dire, il est clair qu'il y a un lien avec le vaccin", a déclaré Marco Cavaleri, responsable de la stratégie sur les vaccins au sein de l'institution, à II Messaggero mardi 6 avril.

"Ce qui cause cette réaction, cependant, nous ne le savons pas encore (...). Pour résumer, dans les prochaines heures nous dirons qu'il y a un lien, mais nous devons encore comprendre comment cela se produit", a-t-il poursuivi dans les colonnes du quotidien italien.

3. Qui est concerné ?

S'il n'existe pas de "profil type" des personnes vaccinées ayant développé une thrombose, la plupart des cas signalés jusqu'à présent concernent principalement des femmes de moins de 65 ans. Cela pourrait cependant avoir une autre explication, toute simple : le vaccin AstraZeneca a tout d'abord été utilisé sur un public jeune. Celui-ci a également servi à vacciner les professionnels de la santé, des métiers où les femmes sont largement représentées.

D'autres facteurs, autre que le coronavirus ou le vaccin, peuvent provoquer ce syndrome, comme les prédispositions génétiques. Les risques de thrombose sont également plus importants chez les femmes enceintes, les personnes obèses ou encore les fumeurs. Enfin, certains médicaments peuvent aussi déclencher une thrombose, à l'instar de certaines pilules contraceptives.

4. Où en est la vaccination avec AstraZeneca ?

Face aux symptômes provoqués par l'injection, les pays adoptent différentes stratégies. En France, après une courte suspension, la Haute Autorité de Santé (HAS) a finalement donné son feu vert pour la reprise de la vaccination avec AstraZeneca vendredi 19 mars. Le sérum est néanmoins réservé aux plus de 55 ans.

Aux Pays-Bas, l'utilisation de l'AstraZeneca a été suspendue pendant quinze jours, du 14 au 28 mars. Début avril, le pays annonçait finalement l'interdiction de vacciner les plus de 60 ans avec ce sérum.

Autre exemple au Royaume-Uni, où une trentaine de cas de thromboses ont été recensés, l'Agence britannique du médicament a pour sa part estimé le 2 avril dernier que les avantages de la vaccination l'emportaient sur le risque "très faible" de développer un caillot sanguin.

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