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Coupe du Monde féminine 2019 : 9 raisons de croire à l'exploit de la France face aux USA

ÉCLAIRAGE - Le choc tant attendu entre les Bleues et les tenantes du titre américaine va avoir lieu, vendredi 28 juin (21h) à Paris (Parc des Princes).

Gaëtane Thiney, Amandine Henry et Élise Bussaglia face aux USA de Mallory Pugh le 19 janvier 2019 au Havre
Gaëtane Thiney, Amandine Henry et Élise Bussaglia face aux USA de Mallory Pugh le 19 janvier 2019 au Havre Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Maxime Desvallées
et Gregory Fortune

Dans un coin de leur tête, elles y pensent depuis le tirage au sort, effectué en décembre dernier. Premières de leur groupe après trois victoires face à la Corée du Sud (4-0), la Norvège (2-1) et le Nigeria (1-0), tombeuses du Brésil en 8es (2-1 après prolongation), les Bleues vont bel et bien se mesurer à ce qui se fait de mieux sur la planète football chez les femmes, les États-Unis, en quart de finale de "leur" Mondial.

Le rendez-vous est fixé au vendredi 28 juin (21h) au Parc des Princes, l'antre traditionnelle du Paris Saint-Germain. Après leurs succès sur la Thaïlande (13-0), le Chili (3-0) et la Suède (2-0) lors de la phase poules, les Américaines ont remporté leur 8e face aux Espagnoles (2-1), lundi 24 juin à Reims.

Amandine Henry et ses partenaires, qui ont célébré la victoire sur le Brésil jusqu'à 2h du matin la veille autour d'un repas avec leurs familles dans un salon du stade Océane du Havre, peuvent désormais se projeter sur ce choc entre l'équipe du pays hôte et les tenantes du titre, encore numéro 1 au classement Fifa, toujours présentes sur le podium depuis 1991. 

1. Tout à gagner

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À première vue, la montagne semble immense, même pour une équipe en progression constante comme la France. Mais après tout, pourquoi ne pas croire à l'exploit ? Première raison de se laisser aller à imaginer l'impossible : avec cette qualification pour les quarts, le tournoi des Bleues est déjà réussi.

Face au Brésil, après une phase de poules emballante durant seulement 45 minutes, les premières, les filles de Corinne Diacre avaient tout à perdre. Cela a pu se sentir durant un match tendu. Désormais, le décor a complètement changé : elles ont tout à gagner. Perdre face au "Team USA" n'aurait rien d'humiliant, entrerait dans la logique. Personne ne leur en voudrait vraiment.

"De toute façon, elles ne craignent rien, ajoute l'ancienne joueuse et consultante pour RTL Candice Prevost. Elles sont à la maison. Je pense que tout est possible, surtout en quart de finale. Je pense que c’est toujours mieux pour les Françaises de jouer les Américaines en quart de finale". Et pour la première fois du tournoi, les Bleues évolueront dans la peau de l'outsider, avec beaucoup moins de pression que jusque-là.

2. L'Espagne n'est pas passée loin

Si les Françaises étaient devant leur écran pour ce 8e Espagne - États-Unis, elles ont eu un aperçu très clair de la marche à suivre pour contrarier les Américaines. L'improbable a bien failli se produire à Reims. Menées dès la 7e minute, les Espagnoles sont revenues moins de 120 secondes plus tard en profitant d'une erreur de relance de la gardienne Alyssa Haeher.

Face à une "Roja" totalement décomplexée, à l'aise techniquement, présente physiquement, le "Team USA" ne s'en est sorti grâce à un deuxième penalty à un quart d'heure de la fin, penalty très généreux. Les tenantes du titre semblent finalement bien plus jouables que prévu.

3. Calendrier et météo favorables

Les Françaises ont disputé leur 8e de finale dimanche 23 juin à 21h au Havre alors que les Américaines ont joué le leur lundi 24 juin à 18h. En cette fin d'après-midi, il faisait en outre beaucoup plus chaud à Reims que la veille en Normandie, en raison de la poussée de la canicule dans les terres.

Dans un duel qui s'annonce encore physiquement intenses, ces quelques heures de repos supplémentaires pourraient compter du côté des Françaises, qui ont dû jouer 120 minutes face aux Brésiliennes.

4. Les Bleues l'ont déjà fait récemment

Si l'on prend en compte tous les matches entre les deux nations, l'avantage est clairement aux Américaines : 17 victoires en 25 rencontres ; les Bleues se sont, elles, imposés à cinq reprises (trois nuls). En compétition internationale, la balance penche toujours en faveur des coéquipières d'Alex Morgan : une victoire en Coupe du Monde en 2011, deux aux Jeux Olympiques (4-2 en 2012, 1-0 en 2016).

Sur les trois dernières confrontations, en revanche, la France n'a pas à rougir, loin de là : deux succès 3-0 (mars 2017) et 3-1 (janvier 2019) et un match nul 1-1 (mars 2018). Certes, c'était en amical. Mais psychologiquement, cela compte : battre les États-Unis, c'est possible, même sur leur sol. 

Au début de l'année, Alex Morgan était même bien présente sur la pelouse du Havre. Kadidiatou Diani s'était offert un doublé, avant un but de Marie-Antoinette Katoto, non retenue par Corinne Diacre. Menées 3-0, une humiliation pour elles, les Américaines avaient sauvé l'honneur dans les arrêts de jeu.

5. Coups de pied arrêtés : l'arme fatale

A priori, il est possible que les Bleues soient dominées dans plusieurs voire dans dans tous les secteurs de jeu : technique, tactique, physique. Impressionnant offensivement face à la Thaïlande avec un 13-0 historique, ce "Team USA" était déjà une machine à marquer durant la préparation. Défensivement, c'est du très costaud aussi avec aucun but encaissé en trois matches en France.

Mais les Bleues ont aussi de sérieux atouts. D'abord, un collectif qui semble l'un des rares à pouvoir rivaliser. Ensuite, une paire de défenseuses centrales Griedge Mbock-Wendie Renard qui fait partie des meilleures au monde. 

Surtout, il y a cette capacité à frapper à tout moment sur coups de pied arrêtés, que ce soit sur corners avec le mètre 87 de Renard (déjà deux buts de la tête de la sorte) ou sur coups francs comme face au Brésil avec la patte gauche de Amel Majri pour la reprise de Amandine Henry.

6. Peut-être l'adversaire le plus compliqué pour les USA

Si les États-Unis font figure d'adversaire le plus redoutable de ce tournoi, les joueuses du pays de "l'Oncle Sam" ne doivent pas se réjouir non plus de jouer la France dès les quarts. Si une nation peut les priver de podium pour la première fois, c'est bien le pays hôte, poussé par un peuple de plus en plus passionné. 

Au millions de téléspectateurs devant leurs écrans (encore 11,9 millions pour France-Brésil) s'ajoutent surtout des stades combles. Le Parc des Princes sera encore garni de 48.000 supporters pour ses retrouvailles avec les Bleues. C'est en effet dans l'enceinte parisienne que l'équipe de France a lancé sa campagne et livré sa meilleure période, face à la Corée du Sud (3-0 à la pause), dans une ferveur populaire inédite.

7. Diani émerge, les cadres peuvent mieux faire

Face au Brésil, une joueuse a crevé l'écran : Kadidiatou Diani (24 ans), auteure d'accélération "à la Kylian Mbappé" sur le côté droit, passeuse décisive sur l'ouverture du score de Valérie Gauvin. Cet élément donateur a donné le tournis à la défense auriverde. L'attaquante du PSG déboule sur les États-Unis en pleine confiance. 

Le but de la gagne signé Amandine Henry va aussi faire du bien à la capitaine. Et la victoire dans son ensemble offrir de l'air à d'autres cadres moins en vue sur les derniers matches, Eugénie Le Sommer, Élise Bussaglia ou Gaëtane Thiney. Dans le succès, les critiques s'éteignent, l'espoir se ravive.

En défense, Wendie Renard peut encore élever son niveau de jeu. Marion Torrent répond présent. Amel Majri monte en puissance. 

8. Bouhaddi, test passé avec mention

Toujours du côté des joueuses, la prestation de la gardienne Sarah Bouhaddi face au Brésil à de quoi rassurer. Parfois irrégulière, capable de grosses "boulettes", la Lyonnaise effectue pour l'instant un sans faute et a su répondre au défi lancé par les Marta, Debinha, Cristiane...

9. Une équipe en réussite

Il y a enfin cette réussite qui semble accompagner la bande de Corinne Diacre, non sans rappeler celles d'Aimé Jacquet en 1998 et Didier Deschamps l'an dernier en Russie. La France n'a pas toujours bien joué dans cette compétition mais au final cela fait quatre victoires en quatre matches.

Contre la Norvège et le Nigeria, le recours à l'arbitrage vidéo lui a souri. Le sauvetage de Griedge Mbock quasiment sur sa ligne sur la frappe de Debinha (105e) face au Brésil ne doit, lui, rien à une prétendue chance. Derrière, les Bleues ont pris l'ascendant. La pièce tournera-t-elle du bon côté jusqu'au bout ?

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2019-06-24 20:30:00
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