3 min de lecture Égalité hommes-femmes

#5Novembre16h47 : pourquoi les Françaises travailleront-elles gratuitement à partir du 5 novembre ?

INTERVIEW - Pour la quatrième année consécutive, l'économiste Rebecca Amsellem lance un mouvement pour protester contre les inégalités salariales le 5 novembre à 16h47.

Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter féministe "Les Glorieuses"
Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter féministe "Les Glorieuses" Crédit : Arièle Bonte pour RTL Girls
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

À partir du 5 novembre, 16h47, les Françaises travailleront gratuitement pour le reste de l'année. En cause : les écarts de salaires entre les femmes et les hommes qui persistent en France. Afin de sensibiliser les pouvoirs et l'opinion publiques à cette aberration, l'économiste et militante féministe Rebecca Amsellem lance pour la quatrième année consécutive, le mouvement #5Novembre16h47.

Une date qui n'est pas "choisie" au hasard. Aujourd'hui l'écart entre les salaires des femmes et des hommes s'élève à 15,4% tous secteurs confondus selon les chiffres du baromètre Eurostat. C'est sur ces données que se basent les calculs de Rebecca Amsellem : elle rapporte cet écart de salaire au nombre de jours travaillés dans l'année, pour trouver la fameuse date-clé. 

"Les chiffres sont actualisés tous les cinq ans, mais ce qui varie d'une année sur l'autre c'est le nombre de jours ouvrés dans l'année." Ainsi, le mouvement lancé le 5 novembre cette année, était baptisé #6Novembre15h35 en 2018, et #3Novembre11h44 en 2017. "À ce rythme-là, ce ne sera qu’en 2168 que les femmes seront aussi bien rémunérées que les hommes !" s'indigne Rebecca Amsellem.

Un certificat d'égalité

Pour remédier au problème, Rebecca Amsellem, également fondatrice de la newsletter Les Glorieuses, propose trois axes d'action. Premièrement, elle suggère une mesure inspirée de l'Islande, pays champion de l'égalité femmes-hommes : la création d'un certificat d'égalité

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"Pour obtenir ce certificat, l'entreprise devra pouvoir prouver à l'administration et ses collaborateurs qu'elle respecte bien l'égalité de salaire entre les femmes et les hommes, explique Rebecca Amsellem. En échange de quoi, l'administration lui donne un certificat d'égalité salariale, qui lui permet déjà de ne pas payer d'amende et d'accéder à un certain nombre d'incitations fiscales."

Plus de transparence sur les salaires

Avec le vote de la loi Pacte en avril dernier, les plus grandes entreprise doivent désormais mesurer et publier l'écart entre le salaire le plus élevé avec le revenu médian et le salaire moyen. Par ailleurs, la loi sur l'égalité professionnelle votée en 2018 a instauré un index de l'égalité femmes-hommes que se doivent de respecter les entreprises d'au moins 250 salariés, sous peine de payer une amende.

Le mouvement #5Novembre16h47 exige lui une transparence complète des salaires dans toutes les structures. "Cela permet aux salariées de connaître leurs prétentions salariales", explique Rebecca Amsellem. Un aspect important, lorsque l'on sait que les femmes sont moins susceptibles de négocier leur salaire.

Pour finir, Rebecca Amsellem souhaiterait l'instauration d'un véritable congé de paternité. D'une durée de 11 jours aujourd'hui, il est cinq fois moins long que le congé maternité post-natal (7 semaines). L'objectif est d'obliger les pères à s'absenter à leur tour. Une mesure déjà envisagée par Marlène Schiappa, mais qui n'a pas eu de suite.

Pas de grève, mais une pétition

Le mouvement #5Novembre16h47 n'a cette année pas pour but de demander aux femmes de cesser le travail, mais une pétition en ligne listant toutes ces propositions sera lancée ce jour-là. Une conférence de presse sera aussi organisée avec des sociologues autour des questions d'inégalités salariales

L'objectif : "Mettre en lumière les écarts de salaires qui existent non seulement entre les femmes et les hommes, mais aussi entre les femmes racisées et les femmes blanches", explique Rebecca Amsellem. Les statistiques ethniques étant interdites en France, les chiffres présentés proviendront d'études américaines.

Le mouvement souhaite également récolter des fonds pour soutenir les femmes de chambres de l'hôtel Ibis des Batignolles à Paris, en grève illimitée depuis trois mois. L'argent sera rassemblé via la vente d'un mug déjà disponible en ligne. Sur celui-ci on peut lire : "Si la vie des femmes était une start-up, il y a bien longtemps qu'on aurait réglé le problème du patriarcat".

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