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L'art de bien vieillir : les clés pour rester acteur de sa santé

"Vieillir est un privilège", mais certains changements du corps et du cerveau peuvent surprendre. Mémoire, force musculaire, équilibre, vision, sommeil... toutes ces fonctions déclinent naturellement avec le temps. Alors, comment continuer à vivre pleinement sans se laisser freiner par l'âge ?

Vieillir est-il une chance ?

L'INTÉGRALE - L'art de bien vieillir, banana coffee... Le programme du 28 mars 2026

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Chloé Lacrampe & Jimmy Mohamed

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« L’âge, c’est dans la tête », affirme le professeur de gériatrie Bertrand Fougère, invité de l’émission « Ça va beaucoup mieux, l'hebdo » sur RTL. Mais si le mental joue un rôle, bien vieillir repose aussi sur des choix de vie concrets. Car, comme le rappelle le spécialiste, « il faut entretenir son corps aussi pour être bien dans sa tête ». Alors, comment aborder le temps qui passe sans le subir ? Éléments de réponse.

Dès 30 ans, le corps commence à changer. « Notre pic de santé, le moment où le corps est au top, c’est 30 ans. Et après, progressivement, par exemple la masse musculaire, ça diminue avec l’âge », explique le professeur Fougère. Ce phénomène, appelé sarcopénie, passe souvent inaperçu : « J’ai l’impression que parfois, quand on vieillit, on prend un peu de poids. Donc on se dit, j’ai un peu grossi, mais on ne voit pas qu’on a perdu du muscle », note le docteur Jimmy Mohamed. Pourtant, la perte de masse musculaire est bien réelle et peut atteindre 50 % à 80 ans si l’on ne pratique pas d’activité physique.

Face à ce constat, l’activité physique s’impose comme un pilier de la prévention. « Ce qui a été montré, c’est qu’il faut faire de l’activité physique en endurance, mais il faut aussi faire de la musculation, vraiment », insiste le professeur Fougère. Pas besoin de devenir un athlète : « Plus ça va être intégré dans notre quotidien, mieux c’est. L’exemple que je donne, c’est : vous habitez dans une résidence au cinquième étage, vous arrêtez l’ascenseur au quatrième et le cinquième, c’est les marches d’escalier, minimum. » L’essentiel est de bouger régulièrement, d’autant que l’activité physique agit aussi sur le moral, le sommeil et la prévention des maladies chroniques.

Autre levier essentiel : l’alimentation. Le régime méditerranéen, riche en légumes, poisson blanc et huile d’olive, est à privilégier. « C’est plutôt le régime qu’il faudrait privilégier plutôt que justement… des acides gras saturés qu’on va retrouver dans d’autres aliments ou tout ce qui est très transformé », recommande le professeur.

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Le sommeil, lui aussi, évolue avec l’âge. « On n’a pas besoin de moins de sommeil, ça c’est un mauvais message », corrige le gériatre. Mais le sommeil profond devient plus court et plus fragile, ce qui explique les réveils nocturnes plus fréquents. « Il faut en tout cas avoir un minimum, les 6h de sommeil, 6 à 8h de sommeil, c’est le bon temps de sommeil. Si vous dormez moins de 6h, ça va finir par avoir un impact, notamment, on le sait, sur les maladies cardiovasculaires. »

Bien vieillir, c’est aussi entretenir sa vie sociale et sa sexualité. « On est des animaux de meute, on est fait pour vivre en meute et il y a quelque chose qui est assez catastrophique dans le vieillissement et plutôt dans le grand âge : c’est l’isolement et la solitude », souligne le professeur Fougère. Quant à la sexualité, elle ne disparaît pas avec l’âge, elle se réinvente : « Arrêtons de dire que parce qu’on vieillit on n’a plus de sexualité. »

Enfin, la prévention passe par des bilans de santé réguliers, surtout à partir de 50 ans : « Tous les 3 à 5 ans, à partir de 50 ans, c’est bien. » Et pour le cerveau ? « Quand on vieillit, on ne perd pas la mémoire. Ce qu’on a un petit peu en vieillissant en plus, c’est des oublis. On a tendance, et c’est ça qui fait des fois un peu peur, on confond un peu les oublis et la perte de mémoire. »

Au final, bien vieillir, c’est accepter le temps qui passe tout en restant acteur de sa santé. « On peut faire des choses, on peut agir », conclut le professeur Fougère. 

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