3 min de lecture Remaniement ministériel

Remaniement : ce qu'il nous dit de la politique de Macron en 4 points

ÉCLAIRAGE - Emmanuel Macron a nommé des ministres issus de la droite, du centre et de la gauche. Une ouverture politique qui en dit long sur les objectifs du gouvernement.

Emmanuel Macron à l'Élysée, le 16 octobre 2018
Emmanuel Macron à l'Élysée, le 16 octobre 2018 Crédit : Philippe LOPEZ / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
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Une alliance entre la ligne d'Emmanuel Macron et celle d'Édouard Philippe ? C'est en tout cas ce que ce sont efforcés de faire le président de la République et le premier ministre. Quatre ministres ont été évincés du gouvernement et huit nouveaux y ont fait leur entrée. À noter aussi que six membres ont changé de portefeuille ou se sont vus attribués de plus larges champs d'action.

Le gouvernement ainsi modifié comprend, outre le premier ministre Édouard Philippe, 34 membres, dont 17 femmes. L'équipe compte 21 ministres dont un seul ministre d'État, François de Rugy pour la Transition écologique, et cinq ministres nommés sous la tutelle d'un autre ministre ou du premier ministre, et 13 secrétaires d'État

L'Élysée a vanté "une équipe renouvelée, dynamique, qui a un second souffle, mais dont le mandat politique reste le même", sans inflexion de la ligne politique. Mais que nous apprend ce nouveau gouvernement de la politique d'Emmanuel Macron et Édouard Philippe.

1. Macron renoue avec le MoDem

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Ce remaniement n'est pas celui des grands changements annoncé pendant deux semaines. Mais plutôt celui du rééquilibrage politique. Il fait ainsi la part belle au MoDem. Lors du gouvernement Philippe I, le parti y faisait une entrée en force avec François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard. Mais depuis leurs démissions, il ne restait que Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur dans le gouvernement suivant, pour représenter le MoDem.

Le rééquilibrage s'est opéré avec l'arrivée de Marc Fesneau, président du groupe MoDem à l'Assemblée nationale, proche de François Bayrou et fils spirituel de Jacqueline Gourault. "On a recherché l'équilibre. On ne recherche pas le spectaculaire, on cherche les meilleurs. La logique de coup, ça fait long feu", défend un conseiller d'Édouard Philippe.

2. L'incarnation du "et en même temps" ?

Les anciens de la droite ? Ils gagnent un poste, avec l'entrée de l'ex-LR et député Agir Franck Riester, un proche "constructif" d'Édouard Philippe, à la Culture. Sébastien Lecornu, autre proche du Premier ministre, a été promu. Mais le scénario d'un nouveau coin mis à droite, en vue des européennes de 2019, a fait long feu.

Et à gauche ? Didier Guillaume, proche de Manuel Valls, rééquilibre le balancier. Il succède à Stéphane Travert au ministère de l'Agriculture.

De même avec l'arrivée de Gabriel Attal, jeune député La République En Marche et ancien conseiller ministériel sous l'ère Hollande qui prend le poste de secrétaire d'État auprès du ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse.

3. Les ministres de confiance renforcés

En l'absence de l'arrivée de personnalités connues du grand public, le principal changement est la nomination de Christophe Castaner, 52 ans, au ministère de l'Intérieur. Mais ce fidèle des fidèles du président, qui va quitter la tête de La République en Marche, perd le titre de ministre d'État et sera épaulé par un expert de la sécurité, Laurent Nuñez, l'actuel directeur de la DGSI (Direction générale de la Sécurité intérieure ndlr).

Jacqueline Gourault, qui remplace Jacques Mézard, prend la tête du ministère de la Cohésion des territoires. Cette ex-sénatrice aura la charge de rétablir le lien avec les élus locaux "abîmé par des incompréhensions durant les premiers mois du quinquennat", a expliqué l'Élysée. Elle est ainsi promue ministre de plein exercice d'un grand ministère des territoires, un domaine où l'exécutif est critiqué. 

4. La parité, mais...

34 membres du gouvernement dont 17 femmes. D'un point de vue mathématique, Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont respecté la parité au sein du gouvernement. Le Président et le Premier ministre ont "été extrêmement attentifs à ce que les équilibres femmes/hommes, hommes politiques/société civile, droite/gauche soient respectés" comme "aux origines" du quinquennat entamé sous le signe du "en même temps" macronien, a insisté l'Élysée.

Mais il est important de souligner que les nouvelles membres de l'exécutif occupent des postes de secrétaires d'État. Autre point : Laurence Rossignol, ancienne ministre sous François Hollande, souligne que Marlène Schiappa n'est pas à la tête d'un ministère de l'Égalité femmes-hommes, mais toujours d'un secrétariat d'État avec donc un budget moins conséquent.

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