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Municipales à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Lille : à deux mois du scrutin, que disent les sondages ?

Les élections municipales, dont le premier tour se déroulera le 15 mars, verront-elles Paris basculer à droite ? Qui de la gauche ou du RN remportera Marseille ? Le PS perdra-t-il son bastion à Lille ? RTL.fr fait le point sur les candidatures, les alliances et les intentions de vote, à deux mois du scrutin.

Un bureau de vote (illustration)

Crédit : AFP

Marie-Pierre Haddad

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Dans deux mois mois jour pour jour, le premier tour des élections municipales aura lieu. Ce scrutin se fera dans un contexte politique inédit : les discussions sur le budget s'éternisent et font craindre au gouvernement une censure, les oppositions sont dans l'attente d'un recours au 49-3, la colère des agriculteurs ne faiblit pas et la scène internationale est secouée par la guerre en Ukraine, les répressions en Iran et les menaces constantes de Donald Trump sur le Groenland.

Ces sujets se sont invités dans la campagne des élections municipales, élargissant le spectre au-delà des enjeux locaux.

Puis, tant pour le Rassemblement national que pour Renaissance et la France insoumise, cette échéance électorale est cruciale, afin d'obtenir davantage d'ancrage territoriale. Les municipales de 2020 qui se sont déroulées pendant la crise du covid n'avaient pas bénéficié aux conquêtes électorales. Dans les états majors de partis, les municipales seront aussi une première prise de température électorale avant l'élection présidentielle de 2027.

Paris : la gauche, sans LFI, en tête à Paris, suivi par Rachida Dati

Au sein de la capitale, la bataille est féroce depuis qu'Anne Hidalgo a confirmé qu'elle ne serait pas candidate à sa réélection. Si son premier adjoint, Emmanuel Grégoire voit dans sa candidature une forme de continuité, ce dernier s'est heurté au non soutien de la maire sortante de Paris. Le candidat socialiste est soutenu par les socialistes, les écologistes et les communistes. La France insoumise, elle, fait bande à part avec la candidature de Sophia Chikirou. Marielle Saulnier conduira la liste Lutte ouvrière à Paris.
Face à eux, Rachida Dati mène une campagne active qui ne s'est pas vraiment interrompue depuis sa défaite en 2020. Après avoir obtenu l'étiquette Les Républicains, la ministre de la Culture a été au cœur d'un psychodrame pour le bloc commun. Renaissance a refusé de la soutenir, privilégiant la candidature de Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons. Le sénateur LR Franck Szpiner a aussi annoncé sa candidature pour prendre la tête de la capitale.

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À l'extrême droite, la liste du Rassemblement national est porté par Thierry Martini. Quant à Reconquête, Sarah Knafo a confirmé sa candidature

En ce qui concerne les intentions de vote. le match s'annonce serrer entre le candidat socialiste et la candidate des Républicains. Selon un sondage Elabe-Berger-Levrault pour BFM TV et La Tribune Dimanche du 10 janvier, Emmanuel Grégoire arriverait en tête au premier tour avec 33%. À la deuxième place, Rachida Dati (LR) avec 26% des intentions de vote. Pierre-Yves Bournazel (Horizons) ferme la marche avec 16%. Arrivent ensuite Sophia Chikirou (LFI) obtiendrait 11% des voix, puis Sarah Knafo (Reconquête), entre 8 et 9% des voix. Quant à Thierry Mariani (RN), le candidat serait entre 5 et 7%. À noter que pour être qualifiée au second tour, les candidats doivent obtenir 10%. 

Un ordre de grandeur aussi observé dans un sondage Ifop-Fiducial pour L’Opinion et Sud Radio. Au premier tour, l'alliance de la gauche autour d'Emmanuel Grégoire obtient 30%, puis la ministre de la Culture 28% et le candidat Horizons 16%. La candidate LFI atteint les 10%

Lyon : Jean-Michel Aulas survole le match

La campagne bat son plein à Lyon, ville gérée par l'écologiste Grégory Doucet depuis 2020. La candidature de Jean-Michel Aulas a attisé toutes les convoitises de la part du bloc central. En seulement quelques semaines, l'ancien président de l'Olympique lyonnais a obtenu le soutien des Républicains, de Renaissance, d'Horizons et de l'UDI. Sa candidature dépasse la sphère politique puisque l'homme d'affaires a également reçu le soutien de Karim Benzema. "Je suis de tout cœur avec lui", a affirmé la légende de l'OL et du Real Madrid, Ballon d'or 2022.

Cette dynamique de campagne met en difficulté Grégory Doucet, maire sortant et candidat à sa réélection, notamment sur le thème de la sécurité. En réponse, l'édile, soutenu par le PS, le parti communiste et Place publique (le parti de Raphaël Glucksmann) a promis la mise en place d'une "brigade anti-incivilités". 

Lyon fait l'objet de toutes les convoitises puisqu'au total huit candidats se sont déclarés pour ces municipales. À gauche, Delphine Briday porte la liste Lutte Ouvrière, Raphaëlle Mizony celle du NPA, Anaïs Belouassa-Cherifi pour LFI. Soutenu par le parti radical de gauche, Nathalie Perrin-Gilbert est aussi candidate. Celui qui a géré la ville de juillet 2017 à novembre 2018, Georges Képénékian a confirmé sa candidature. Alexandre Dupalais est quant à lui candidat sous l'étiquette du Rassemblement national et soutenu par l'UDR, le parti d'Éric Ciotti.

Côté sondages, une étude Opinionway pour LyonMag et Espace Radio place Jean-Michel Aulas en grand favori au premier tour avec 46%, suivi par Grégory Doucet (Les Écologistes soutenu par le Parti socialiste, le Parti communiste et Place Publique) avec 25% et Alexandre Dupalais (RN) avec 10% d'intentions de vote. Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) obtient 9%, Nathalie Perrin-Gilbert (PRG), 4%, ainsi que Georges Képénékian. Raphaëlle Mizony (NPA) est à 2% et Delphine Briday (LO) à 1%.

Marseille : Benoît Payan au coude-à-coude avec le RN

Les résultats des municipales dans la citée phocéenne seront attentivement scrutés. Le maire sortant Benoît Payan affronte le RN et LFI, sans oublier LR et Renaissance qui se tiennent en embuscade. L'édile divers gauche de Marseille a officialisé sa candidature le 10 janvier dernier. Dans une lettre aux Marseillais, le maire a écrit : "J'ai décidé de solliciter votre confiance et de me porter candidat à l'élection municipale de 2026. Ensemble, nous avons commencé à remettre la ville sur les bons rails. Marseille est aujourd'hui plus juste, plus verte et plus forte".

Son principal adversaire n'est autre que le député Rassemblement national Franck Allisio. Le parti espère prendre la ville ce qui serait une première. Afin de doper les troupes, Marine Le Pen sera présente à Marseille lors de la cérémonie de vœux du député le 16 janvier. 

Selon un sondage Ipsos-BVA pour La Marseillaise du 12 janvier, le premier tour s'annonce serré. Le maire sortant Benoît Payan (DVG) et Franck Allisio (RN) sont à égalité avec 30% des intentions de vote. Martine Vassal, candidate LR soutenue par Renaissance, est estimée à 23%. Sébastien Delogu, tête de liste LFI, obtient 14%, puis Erwan Davoux (DVD) 2%. 

Ces intentions de vote laisse présager un second tour où les regards se tourneront vers Martine Vassal et Sébastien Delogu et une éventuelle consigne de vote qui pourrait faire basculer le scrutin. La France insoumise devrait jouer un rôle important lors de ces municipales, avec Sébastien Delogu. Les accords ont déjà débuté puisque le RN a lancé un appel au "désistement" de la candidate LR, en vue d'une éventuelle union des droites. "On ne se retirera jamais", a répondu le porte-parole de Martine Vassal Romain Simmarano.

Bordeaux : large coalition de centre et de la droite face au maire écologiste Pierre Hurmic

Comme à Lyon, le maire sortant écologiste de Bordeaux Pierre Hurmic est en mauvaise posture pour les élections municipales. Voyant l'alliance se former contre lui, l'édile qui avait mis fin au règne de plus de 73 ans de la droite à Bordeaux a appelé à ne pas "céder au pessimisme ni à la résignation" dans "un pays traversé par une fracture démocratique profonde".

Soutenu par le Parti socialiste, le parti communiste et Générations (le parti de Benoît Hamon), Pierre Hurmic affrontera Thomas Cazenave, député macroniste et ancien ministre délégué des Comptes publics sous Élisabeth Borne et Gabriel Attal. Après plusieurs semaines de tractation, il a reçu le soutien de l'ancienne ministre des Relations au Parlement au sein du gouvernement Barnier, Nathalie Delattre. L'économiste Philippe Dessertine, sondé à plusieurs reprises pour un ralliement avec la macronie a maintenu sa candidature. 

À gauche, l'ancien candidat à l'élection présidentielle Philippe Poutou porte la liste du NPA, Nordine Raymond est candidat LFI. Myriam Eckert est candidate divers gauche, ainsi que Petra Bernus. Le Rassemblement national est quant à lui représenté par Julie Rechagneux. Virginie Bonthoux Tournay est candidate sous l'étiquette Reconquête. Yves Simone, "candidat du patrimoine" a aussi confirmé sa candidature.

Difficile de connaître les intentions de vote des bordelais. Le dernier sondage publié date de novembre 2025 et avait fait l'objet d'une querelle entre Thomas Cazenave et Nathalie Delattre car il explorait la possibilité d'une liste portée par le député et d'une liste incarnée par l'ancienne ministre. Le maire sortant arrivait en tête au premier tour des intentions de vote avec 32%. Mais il est suivi de près par Thomas Cazenave (26%)

Lille : l'après-Aubry ouvre le champ des possibles avec une gauche en ordre dispersé

Ces municipales lilloises seront marquées par l'après Aubry. Afin de préparer au mieux la transition pour cette ville qui est sous bannière socialiste depuis 70 ans, Martine Aubry avait intronisé son sucesseur : Arnaud Deslandes, son premier adjoint, soutenu par le PCF. Il n'est cependant pas le seul candidat à gauche. Les Écologistes sont représentés par Stéphane Baly, la France insoumise par Lahouaria Addouche et Générations par Fautsine Balmelle-Delauzun.

Chez Renaissance, la députée Violette Spillebout mènera la liste du parti. Les Républicains seront représentés par Louis Delemer et le Rassemblement national par l'eurodéputé Matthieu Valet.

Là encore, les sondages datent de 2025. Dans une étude de l'Ifop, repérée par l'Internaute, Arnaud Deslandes (PS) est crédité de 27% des intentions de vote. L'écologiste Stéphane Baly obtiendrait 19% des voix, talonné par Violette Spillebout (Renaissance) à 18%. Suivie de Lahouaria Addouche (LFI) à 16% et Matthieu Valet (RN) à 11%.

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