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L'eurodéputée Sarah Knafo, en juin 2024.
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Fini les seconds rôles derrière Eric Zemmour, ami de longue date de son père, à la présidentielle, puis Marion Maréchal aux européennes. C’est face à Gilles Bouleau, au journal de 20 heures de TF1, que l'élue d'extrême droite Sarah Knafo a officialisé sa candidature. "Je suis candidate pour être la prochaine maire de Paris", a-t-elle affirmé, assurant vouloir "servir les Parisiens". La députée européenne Reconquête ! a dit incarner une alternative radicale à l’actuelle majorité municipale, promettant un programme inédit et une détermination sans faille pour "mettre fin à la gabegie à Paris", pour celle qui a qualifié le RN de "socialiste".
Dans la foulée de l’interview, elle a partagé sur son compte X un extrait de son intervention, revenant sur son parcours personnel et son attachement à la capitale. Originaire de Seine-Saint-Denis, elle a expliqué que Paris représentait, dans son enfance, "presque un autre pays, plus grand, plus libre". Un rêve devenir "Parisienne" devenu réalité, a-t-elle livré, aujourd’hui terni par le déclin qu’elle a observé dans la ville.
Seule élue nationale de son parti, elle a affiché son large sourire sur toutes les chaînes info, pour y défendre la suppression des droits de succession, la retraite par capitalisation et la privatisation de l'audiovisuel public. Pendant que son mentor et compagnon sillonne le pays pour dédicacer son dernier livre, c'est encore elle qui multiplie les unes de Valeurs Actuelles et du JDNews, nouveau magazine de l'empire Bolloré.
Les médias du milliardaire conservateur breton, déjà fer de lance de l'aventure Zemmour en 2022, orchestrent pareillement le phénomène Knafo. Autant que possible: récemment, Pascal Praud a même dû lui demander de quitter le plateau de CNews, car elle y avait épuisé son temps de parole.
Visage avenant d'un libéralisme décomplexé, moins associée aux obsessions identitaires - et aux condamnations - de son conjoint, elle est aujourd'hui apparue mieux placée pour incarner cette "union des droites" dont rêvent aussi ses sponsors. Pas un hasard donc si elle a clos en vedette fin novembre la grand-messe du JDD, où l'avaient précédé Philippe de Villiers et David Lisnard. Pas innocent non plus quand Laurent Wauquiez pousse l'idée d'une primaire "de Darmanin à Knafo" pour désigner un candidat commun en 2027.
L'élue a dressé un constat alarmiste de la situation parisienne. Elle a évoqué "la femme qui a peur dans la rue", une dette municipale "qui explose", des impôts "qui augmentent" et une capitale devenue selon elle "sale et insalubre". Face à ce tableau, la candidate a estimé que "l’urgence est à l’action" et dit vouloir redonner à Paris son attractivité et sa qualité de vie.
Sur TF1, elle a martelé sa volonté de "faire de Paris une ville heureuse", une formule qu’elle a érigé en fil conducteur de sa candidature, tout en dénonçant une ville "qui décline".
Si son programme détaillé doit être publié "dans les prochains jours", Sarah Knafo en a déjà esquissé les grandes lignes. Elle a promis un plan d’économies de près de 10 milliards d’euros et souhaite diviser par deux la taxe foncière pour l’ensemble des Parisiens. Autre proposition : celle d'instaurer au moins deux référendums par an, affirmant vouloir devenir "la maire la plus démocratique que Paris ait connue".
Les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars 2026. Avec cette annonce, Sarah Knafo devient la sixième candidate déclarée dans une course qui s’annonce déjà très disputée.
Âgée de 32 ans, Sarah Knafo est diplômée de Panthéon-Sorbonne, de Sciences Po et de l’ENA. Elle est devenue magistrate à la Cour des comptes en 2020. Deux ans plus tard, elle a dirigé la campagne présidentielle d’Éric Zemmour, dont elle est la compagne et l’une des principales conseillères.
Aux élections européennes de 2024, elle est élue députée européenne sur la liste Reconquête ! menée par Marion Maréchal. Elle a alors siégé au sein du groupe L’Europe des nations souveraines au Parlement européen.
Reléguée à Bruxelles dans le petit groupe des sulfureux Allemands de l'AfD, marginale dans l'Hexagone quand elle a revendiqué ses affinités trumpistes, la prétendante de Reconquête peut encore espérer se rabibocher avec Jordan Bardella. Les deux ont quelques point communs: même banlieue d'origine, même génération, même initiation nationaliste à Saint-Germain-des-Prés, dans les très droitiers bars de la rue des Canettes. Une bonne base pour convoler, à condition d'éviter les noms d'oiseaux.
En se lançant dans la bataille municipale parisienne, Sarah Knafo a franchi une nouvelle étape politique, avec l’ambition affichée de conquérir l’Hôtel de Ville.
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