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"Un vrai risque d’une censure" : le gouvernement en danger si Emmanuel Macron vote l'accord avec le Mercosur

Le vote de la Commission européenne sur l'accord avec les pays du Mercosur pourrait avoir un impact direct sur la durée de vie du gouvernement Lecornu. Les députés y sont opposés à l'unanimité, relançant les menaces de censure.

Emmanuel Macron, le 19 décembre 2026

Crédit : Nicolas Economou / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Marie-Pierre Haddad

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Un nouvel obstacle pour le gouvernement. Tandis que les discussions sur le budget reprendront en commission le 8 janvier, l'exécutif doit faire face en parallèle à une autre crise : l'accord avec le Mercosur. Comme pour le budget, celle-ci pourrait déboucher sur une censure du gouvernement Lecornu.

La colère des agriculteurs s'est intensifiée après la réponse politique apportée à la gestion de l'épizootie de la dermatose nodulaire contagieuse, maladie qui touche les bovins. Une contestation qui s'est ajoutée à celles contre l'accord entre l'Union européenne et les pays du Mercosur qui devait être voté le 12 janvier prochain par la Commission européenne. À l'Assemblée nationale, cet accord fait l'unanimité contre lui avec des députés qui pourraient se laisser tenter par une menace de censure.

À commencer par Les Républicains. Le président du parti Bruno Retailleau a estimé, ce mercredi 7 janvier, que si Emmanuel Macron vote pour le Mercosur, le président de la République "prend le risque d'une censure" du gouvernement. Sans vouloir inviter ses députés à censurer le gouvernement, l'ancien ministre de l'Intérieur a indiqué attendre la décision du chef de l'État.

"Au moins la moitié du groupe votera la censure"

Celle-ci sera attentivement scrutée par les députés Les Républicains, car la majorité des 69 députés est issue de circonscriptions rurales. "Des craintes s’expriment si Macron cède, avec un vrai risque d’une censure", explique un conseiller LR dans L'Opinion. Un choix assumé par l'élu LR Julien Dive. "Au moins la moitié du groupe votera la censure. Il n’y a même pas débat", assure-t-il auprès du journal.

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Chez les socialistes aussi, cet accord ne passe pas. Le 20 décembre dernier, le groupe de députés PS expliquait dans un communiqué, qu'"aucune clause de sauvegarde, aucune mesure miroir au rabais, aucun ajustement à la marge ne rendra acceptable cet accord commercial daté, d’un autre temps". Position partagé par les sénateurs socialistes dont Denis Bouad. Dans un entretien à Midi Libre, l'élu du Gard a rappelé le "combat" mené "contre la ratification de cet accord commercial Mercosur-UE qui sacrifierait notre agriculture". 

Des mesures à venir

Le contexte actuel de recherche d'un accord sur le budget avec un possible recours à l'article 49.3 pourrait ainsi percuter l'agenda européen. Afin de ne pas laisser la crise agricole se cristalliser, Sébastien Lecornu a reçu les 5 et 6 janvier les syndicats agricoles. Le Premier ministre a ainsi promis d'annoncer "les mesures qu'il entend très concrètement mettre en place" d'ici vendredi 9 janvier, comme la rapporté le premier syndicat du secteur, la FNSEA, à l'issue de la rencontre.

Une déclaration en réponse à la décision du syndicat de la Coordination rurale d'appeler à un rassemblement à Paris. Parmi les pistes mentionnées par le chef du gouvernement : les dossiers sanitaire, la viticulture, la taxe carbone aux frontières, mais aussi les décrets d'application de la loi Duplomb qui prévoit notamment des mesures de simplification administrative en faveur de la profession.

Autres réponses apportées par le gouvernement aux agriculteurs : le gouvernement a officialisé la mise en place d'une mesure "conservatoire" : avocats, mangues et autres agrumes ne pourront plus entrer en France s'ils contiennent certaines substances interdites en Europe. "Compte tenu du profil des produits", le texte concerne "pas mal l'Amérique du Sud. Mais ça n'est pas un arrêté dirigé contre l'Amérique du Sud, il est dirigé contre tout pays du monde qui traiterait les fruits et légumes concernés avec une de ces cinq substances", indiquait le ministère de l'Agriculture. 

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