4 min de lecture Gouvernement

Gérald Darmanin, un hyperactif ministre des Cultes

ÉCLAIRAGE - "Je n'oublie pas que le ministère de l'Intérieur est le ministère des Cultes", avait déclaré Gérald Darmanin lors de sa prise de fonction. Il semble vouloir le démontrer depuis.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, avec Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des Évêques de France, et Monseigneur Dominique Lebrun, archevêque de Rouen.
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, avec Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des Évêques de France, et Monseigneur Dominique Lebrun, archevêque de Rouen. Crédit : Sameer Al-DOUMY / AFP
signature paul turban
Paul Turban Journaliste

Lors de la passation de pouvoir entre Christophe Castaner et lui le 7 juillet dernier, Gérald Darmanin n'avait pas oublié de rappeler que "le ministre de l'Intérieur est le ministère des Cultes." Et depuis sa prise de fonction, le nouveau ministre de l'Intérieur multiplie les interventions qui tendent à le rappeler

Dès le 10 juillet, Gérald Darmanin s'est rendu à la grande Synagogue de la Victoire à Paris. C'est la première visite cultuelle du ministre, seulement 3 jours après sa prise de fonction. Le 19 juillet, il a accompagné le Premier ministre Jean Castex à la cathédrale de Nantes, touchée par un incendie

Le 26 juillet, il a participé à l'hommage religieux puis civil au Père Jacques Hamel, tué par des terroristes islamistes. Le 29 juillet, c'est à Douaumont que le ministre de l'Intérieur s'est rendu pour rendre hommage aux 70.000 combattants musulmans morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale.

Et ce n'est pas fini : Gérald Darmanin, attendu en Italie vendredi 31 juillet et 1er août doit rencontrer le "ministre" du Pape en charge des questions migratoires et des chrétiens français de Rome à l'église Saint-Louis-des-Français. Il a d'ailleurs indiqué le 10 juillet s'être rapproché du président du CFCM (Conseil français du culte musulman) pour "une visite dans les prochains jours dans la mosquée de son choix".

La laïcité sans cesse rappelée

À lire aussi
Le bâtiment du Pentagone aux États-Unis États-Unis
États-Unis : création d'une cellule d'étude des ovnis au Pentagone

Le sens donné par le ministre à ses visites est probablement à chercher dans les discours qu'il prononce à chacune de ces occasions. Le premier "combat" que le ministre souhaite mener est celui de la laïcité. "La République est un bloc et la laïcité en est le ciment indispensable", a-t-il expliqué lors de sa prise de fonction, juste avant d'évoquer les cultes. 

"Jamais la foi ne doit être au-dessus de la loi", a encore expliqué Gérald Darmanin ce 7 juillet. Il a ainsi multiplié les sorties contre le communautarisme. Le 8 juillet, devant le Sénat, il a expliqué que "l'islam politique" est un "ennemi mortel pour la République." Dans une interview à la Voix du Nord le 18 juillet, il a estimé que "le pays est malade de son communautarisme et désormais d'un islam politique qui veut renverser les valeurs de la République."

Une volonté de réconciliation entre foi et patrie

Devant les "tombes ornées du croissant", Gérald Darmanin a mis en garde le 29 juillet contre "tout dévoiement de l'esprit de la République", un "dévoiement insidieux qui évoque à mot couvert la prétendue incompatibilité qu'il pourrait y avoir entre le fait de croire et d'être républicain". "Les combattants musulmans ont fait notre Histoire, ils sont notre Histoire. La France, la patrie, leur doit une dette éternelle, celle du sang versé et du sacrifice consenti", a-t-il encore ajouté. 

De même, lors de sa visite de la grande Synagogue de Paris, le ministre de l'Intérieur s'est arrêté devant les monuments aux morts pour la France de la communauté juive durant les deux guerres mondiales. "Les juifs de France ont eu à connaître de nombreux actes inqualifiables. Attaquer les juifs de France, c'est attaquer la République", a-t-il déclaré, tout comme il a expliqué lors de l'hommage au Père Hamel que "mettre à mort un prêtre (...) c'est tenter d'assassiner une partie de l'âme nationale.

En campagne pour la loi contre le "séparatisme" ?

Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre Jean Castex, dans la droite ligne des déclarations d'Emmanuel Macron, a annoncé qu'un projet de loi contre le "séparatisme" doit être présenté à la rentrée. Ces multiples déplacements et déclarations de Gérald Darmanin pourraient donc être une forme de préparation de ce futur chantier, tout comme la nomination de Marlène Schippa à la Citoyenneté, dans lequel est inclue la laïcité

Lors d'une interview le 18 juillet, le ministre de l'Intérieur a fait valoir que ce texte fera office de remède contre les maux censés rendre "malade" le pays. Il a évoqué "les financements étrangers" de l'islam, "les repas communautaires", les "revendications d'inégalités entre les femmes et les hommes", autant de sujets qui pourraient être au programme de la loi. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Gouvernement Gérald Darmanin Religions
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants