10 min de lecture Grand débat

Emmanuel Macron : une première conférence de presse dense

Le chef de l'État s'est exprimé, jeudi 25 avril depuis l'Élysée. Une prise de parole attendue après la fin du grand débat national et l'allocution télévisée reportée.

Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse, le jeudi 25 avril 2019
Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse, le jeudi 25 avril 2019 Crédit : Capture d'écran / Élysée
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et Léa Stassinet

C'est une première dans le quinquennat d'Emmanuel Macron. Le président de la République a pris la parole, ce jeudi 25 avril, lors d'une conférence de presse face à des journalistes

Après avoir dû reporter son allocution télévisée, en raison de l'incendie de Notre-Dame de Paris, le chef de l'État a annoncé des mesures, en réponse direct au grand débat organisé dans tout le pays et à la crise des "gilets jaunes". Un moment de vérité, sous haute tension pour Emmanuel Macron, tant sur la forme que sur le fond. En effet, certaines annonces ont déjà fuité dans les médias. 

Voici ce qu'il faut retenir de la conférence de presse d'Emmanuel Macron :

> Moins d'impôt sur le revenu. Emmanuel Macron a appelé à poursuivre les réformes, notamment avec un nouvel acte de décentralisation et une baisse "significative" de l'impôt sur le revenu. 

À lire aussi
Les membres du Conseil économique, social et environnemental le 16 novembre 2010 à Paris écologie
La Convention citoyenne sur le climat "ne doit pas servir d'écran de fumée", dit Élodie Martini-Cousty

> Pas de RIC, mais plus de RIP. Emmanuel Macron veut "aller plus loin sur le référendum d'initiative partagée", en faisant passer son seuil d'environ 4,5 millions de signatures (10% du corps électoral) à un million. 

> "Travailler davantage". Sur le plan social et économique, Emmanuel Macron a appelé à davantage de travail pour financer la baisse d'impôts, notamment ceux sur le revenu, qu'il veut "baisser significativement". 

> Pas de rétablissement de l'ISF. Le président de la République a cependant admis le principe d'une évaluation et d'un éventuel réajustement de son mécanisme et de son assiette. 

> Décentralisation. Emmanuel Macron a encore dit souhaiter "un nouvel acte de décentralisation", en retenant le principe de différenciation territoriale, qui doit porter "sur la politique de la vie quotidienne" comme "le logement, le transport, la transition écologique pour garantir des décisions prises au plus près du terrain". 

> ENA. Emmanuel Macron a annoncé la suppression de l'école des hauts fonctionnaires. "(Non) pas pour se donner le plaisir de supprimer" l'École nationale d'administration, mais "pour bâtir quelque chose qui fonctionne mieux", a justifié le président de la République. "Sur ce sujet, je ne crois pas du tout au rafistolage : si vous gardez les mêmes structures, les habitudes sont trop fortes, les habitudes sont là", a-t-il dit.

> Dédoublement des classes. Le président a encore annoncé la fin des fermetures des hôpitaux et des écoles d'ici 2022, en indiquant en outre vouloir des classes de "24 élèves maximum"de la grande section de maternelle au CE1. 

>Prime défiscalisée. Emmanuel Macron a enfin reconduit la prime exceptionnelle défiscalisée, avant de revenir sur la sous-indexation des retraites. 

Retrouvez la conférence de presse de Macron

20h49 - Ce live est désormais terminé. Merci de nous avoir suivis.

20h30 - Alexandre Benalla n'a "jamais été protégé par l'Élysée. "Il n'y a jamais eu de prébende pour Alexandre Benalla à l'Élysée, il n'a jamais été protégé par l'Élysée", a souligné le chef de l'État. "Est-ce que je regrette de l'avoir embauché à l'Élysée ? Non parce que je pense que c'était extrêmement cohérent avec les valeurs que je porte (...) C'est sans doute pour ça que je lui en veux encore plus", a-t-il ajouté. 
 
20h05 - Interrogé sur une éventuelle candidature en 2022, Emmanuel Macron a répondu : "Je me fiche de la prochaine élection". 

À lire aussi

19h15 - Place maintenant aux questions des journalistes, présents dans la salle. Sur la crise des "gilets jaunes" et sur l'image d'"arrogance" qui lui a été reproché, Emmanuel Macron dit "regretter" d'avoir pu paraître "dur".

Le président de la République continue : "Le sentiment que j'ai donné", d'être dur, "parfois injustes", "je le regrette".

Sur l'allongement du temps de travail, Emmanuel Macron s'est "pas favorable" à la suppression d'un jour férié. "Faut-il reculer l'âge légal de la retraite ? Je ne crois pas". "Je me suis engagé à ne pas le faire. Puis, tant qu'on n'a pas réglé le problème du chômage dans notre pays, il n'est pas possible de reculer l'âge légal de départ à la retraite", a-t-il indiqué. 

19h02- Emmanuel Macron a exhorté à être "intraitable" face à "un islam politique qui veut faire sécession avec notre République", en plaidant notamment pour "renforcer les contrôles des financements qui viennent de l'étranger". 

"Aujourd'hui, nous ne devons pas nous masquer: quand on parle de laïcité, on ne parle pas vraiment de laïcité mais du communautarisme qui s'est installé dans certains quartiers de la République (...), on parle des gens qui au nom d'une religion poursuivent un projet politique, celui d'un islam politique qui veut faire sécession avec notre République", a déclaré le chef de l'État lors de sa conférence de presse à l'Elysée, appelant le "gouvernement" à "être intraitable". 

18h58 - Quatrième orientation : savoir défendre réaffirmer les permanences du projet français
  
Afin d'y parvenir, Emmanuel Macron souhaite faire un geste en direction des familles. "Je veux que nous puissions redéfinir la force d'une politique familiale et retrouver une dynamique de natalité. Et accompagner de situations familiales particulières", explique le président de la République. 

Sur le sujet des "familles monoparentales, souvent des mères seules", le chef de l'État annonce vouloir donner une "prérogative de puissance publique à la Caisse d’allocations familiales pour qu’elle puisse recueillir les impayés des pensions familiales"

Ensuite, Emmanuel Macron a abordé le sujet de la laïcité. La Laïcité, c'est "la possibilité de croire en Dieu ou de ne pas y croire, de pouvoir vivre ensemble dans la concorde". Le chef de l'État a réaffirmé sa confiance en la loi de 1905 qui est, selon lui, "notre pilier".

18h53 - Emmanuel Macron annonce vouloir rétablir un "système de retraite juste, par points". Le président précise que cette refondation profonde sera présentée à l'été. "Cette transformation doit remettre de la confiance et de la justice", explique-t-il.

"Nous finaliserons pour cette automne une stratégie pour restructurer une filière qui va embaucher pour qu’à horizon 2025 elle doit être appliqué", ajoute Emmanuel Macron

18h50 - "Le climat doit être au cœur du projet national et européen. L'état d'urgence climatique, il est là (...) Nos concitoyens veulent agir et veulent qu'on les aide, qu'on les accompagne. Il y a une conscience citoyenne qui s'est profondément transformée. Beaucoup a été fait ces deux dernières années. Je veux qu'on puisse changer plus fortement de méthode pour répondre plus concrètement aux attentes", ajoute-t-il. 

Emmanuel Macron explique que la convention citoyenne annoncée plus tôt "aura pour première mission de redessiner toutes les mesures concrètes d'aide aux citoyens en matière de transport, de rénovation des logements". Ce qui sortira du nouveau CESE sera "soumis soit au vote du Parlement, au référendum ou application directe".

18h48 - Emmanuel Macron pointe du doigt les injustices qui freinent l'accès à l'emploi. Pour cela, le président veut une réforme de l'assurance chômage. "C'est un levier profond de retour à l'emploi", explique-t-il. Il souhaite également "lutter de manière plus efficace sur les injustices qui existent encore dans l'accès à l'emploi". 

Et d'ajouter : "Quand on est jeune et qu'on vit dans une famille modeste et dans une petite ville de province il est parfois très dur d'obtenir un contrat d’apprentissage car il n'y en a pas dans la ville où on est".

18h45 - "Au 1er janvier prochain, je souhaite que nous réindexions les retraites de moins de 2.000 euros et qu'il n'y ait plus de sous-indexation des retraites en 2020", annonce Emmanuel Macron.

18h39 - Sur l'éducation, après avoir rappelé, la mesure mise en place par le ministère de l'Éducation nationale sur le dédoublement des classes de la grande section au CE1,  Emmanuel Macron veut des classes "qui ne dépassent pas 24 élèves". Il souhaite aussi "revaloriser" l'enseignant, "un maillon essentiel de notre République".

18h34 - Deuxième orientation : remettre l'humain et la justice au cœur du projet national

"Il y a un sentiment d'injustice fiscale qui est là. Il s'est exprimé face à l'évasion fiscale. Sur ce sujet, le gouvernement et le Parlement ont fait beaucoup de choses en revenant sur le verrou de Bercy, introduisant des règles de déchéance dans certains cas. Aussi vais-je confier à la Cour des comptes d'évaluer les sommes qui échappent à l’impôt pour que chacun respecte les mêmes règles", explique Emmanuel Macron.

Sur l'ISF, "je veux rappeler que ce n’était pas une suppression mais une transformation vers le patrimoine immobilier pour encourager l’investissement dans l’économie réelle, puisque, sans ça, il y a une économie qui se vend aux investisseurs étrangers. Je me fais un devoir de la défendre et s’il n’est pas efficace nous en ferons le bilan (...) Cette partie de la réforme, je juge de mon devoir de la défendre. Elle relève du pragmatisme. En 2020, nous étudierons ses résultats. Nous la réévaluerons si besoin". 

Sur l'impôt sur le revenu, Emmanuel Macron déclare : "Celles et ceux qui travaillent qui payent l'impôt de revenu ont été mis à contribution (...)  Je ne veux pas de hausse d'impôts. Je veux des baisses pour ceux qui travaillent en réduisant significativement l'impôt sur le revenu". Le chef de l'État explique avoir "demandé au gouvernement de mettre en oeuvre cette baisse d’impôt par la suppression de certaines niches fiscales. Nous pouvons faire aussi bien en dépensant moins". 

18h31 - "Il ne s'agit pas de supprimer telle ou telle chose pour en faire des symboles", dit Emmanuel Macron. Le président de la République fait référence à la possible suppression de l'ENA qui avait fuité dans les médias. 

"Des changements sont à faire en terme de recrutement. Est-ce que notre haute fonction publique ressemble à notre société ? Non", répond le président de la République. Sur la formation qui y est dispensée, "il faut repenser la formation, qu'elle soit plus ouverte au monde académique, à la recherche..."

Le président de la République annonce vouloir "mettre fin au grand corps" de l'État et à la "protection à vie". Pour cela, Emmanuel Macron a mandaté M. Thiriez "dès demain pour faire des propositions".

À lire aussi

18h25 - Emmanuel Macron annonce "dès le mois de juin, 150 citoyens tirés au sort pour le CESE". Il s'agit du Conseil économique, social et environnemental.  "Je souhaite qu'on puisse avoir des citoyens tirés au sort qui complètent cette assemblée et lui permettra de représenter toute la société". Objectif : "Ce conseil de la participation citoyenne puisse reprendre toutes les compétences émiettées dans plusieurs comités".

18h21 - Sur le référendum d'initiative citoyenne (RIC), Emmanuel Macron propose davantage de référendum d'initiative populaire, en abaissant le seuil à 1 million de signatures. "Au niveau local, je souhaite que l'on puisse renforcer le droit de pétition. Une sorte d'interpellation des élus".

À lire aussi

18h19 - "Je ne retiendrai pas l'option du vote obligatoire, je ne crois pas que l'on répond à une crise démocratique par la contrainte (...) Une fois que l'on a mis l'obligation, c'est difficile de ne pas la faire respecter", répond Emmanuel Macron. 

Sur la question du vote blanc, le président de la République explique avoir été tenté par cette option de le prendre en compte : "Mais je ne la retiendrai pas. Blanc, ça ne décide pas. Mais blanc ne résoudra aucun problème. Monsieur X, madame Y, oui".

18h17 - Première orientation : changer en profondeur notre démocratie et notre administration

"Je crois aux élus de la République parce qu'il a une légitimité, celle que lui procure l'élection. Il faut consolider cette place de nos élus dans la République", explique Emmanuel Macron. 

Le président de la République veut "rendre plus efficace" le Parlement avec une représentativité, une limitation de mandat dans le temps. "L'efficacité, c'est aussi la réduction du nombre de parlementaires, comme je m'y étais engagé", dit Emmanuel Macron. 

18h15 - "Ce nouveau temps de notre mandature et de cette République je veux lui assigner un objectif simple (...) l'art d'être Français". 4 orientations sont prévues pour "construire cette nouvelle étape", explique Emmanuel Macron

18h13 - "Est-ce qu'on a fait fausse route ? Je crois tout le contraire. Je crois que les transformations en cours ne doivent pas être arrêtées, lance Emmanuel Macron. Mettre l'école, le mérite au coeur de notre ambition est indispensable".

"Les résultats commencent à être là. La réponse n'est pas dans le reniement, ajoute le président de la République. Nous devons apporter une réponse qui place l'Homme au cœur de notre projet. Il doit être plus juste et plus humain".

18h09 - Qu'a retenu Emmanuel Macron du grand débat national ? "Un profond sentiment d'injustice fiscale, territoriale", "un sentiment de manque de considération beaucoup de nos concitoyens qui ne se sentent pas respecter", "un manque de confiance dans toutes les élites", "un sentiment d'abandon", "la peur des grands changements" comme l'immigration, le numérique, le vieillissement, développe Emmanuel Macron

Et d'ajouter : "Il y comme des angles morts de la société qui se sont révélés, ces vies un peu oubliées de notre politique".

18h07 - Emmanuel Macron qualifie le grand débat national d'un "exercice inédit". "Je dois dire la grande fierté qui est la mienne d'avoir vu pendant des mois les Français prendre part à ce débat", ajoute-t-il avant de saluer l'implication des maires. "J'ai beaucoup appris".

J'ai beaucoup appris

Emmanuel Macron
Partager la citation

18h05 - Le président de la République rappelle l'objectif de cette conférence de presse : donner des réponses après le grand débat national. Emmanuel Macron commence par rappeler que la crise des "gilets jaunes" a débuté en octobre. 

Ce "mouvement tiraillé entre les injonctions contradictoires". "Aujourd'hui, l'ordre public doit revenir avant tout (...) mais je ne veux pas que les dérives de quelques-uns occultent les justes revendications portées à l'origine", ajoute-t-il.

18h04 - Emmanuel Macron prend la parole

18h00 - Un moment "charnière", un "avant-après", un "acte II"... L'enjeu est de taille pour Emmanuel Macron qui cherche à redorer son image auprès des Français, mais aussi auprès de sa majorité. 

À lire aussi

17h58 - Les ministres arrivent dans la salle des fêtes de l'Élysée

17h43 - Le sort de l'ENA est également entre les mains d'Emmanuel Macron. Une éventuelle suppression de l'École nationale d'administration avait été évoquée par la présidence. 

17h34 - Parmi les sujets qui doivent être abordés, des clarifications sont notamment attendues sur un possible allongement de la durée du travail pour financer la dépendance et le grand âge. 

17h26 - Emmanuel Macron débutera la conférence de presse par une déclaration d'une vingtaine de minutes qui "donnera des perspectives et un cap", selon la présidence. Puis il entrera dans le détail des mesures en répondant aux questions des journalistes. 

17h14 - 320 journalistes seront présents pour cette conférence de presse organisée dans la salle des fêtes de l'Élysée. Ils feront face au président, installé derrière un bureau blanc comportant une bande bleu blanc rouge.

16h48 - C'est la première fois que le chef de l'État se livre à cet exercice, qui s'est parfois révélé périlleux pour certains de ses prédécesseurs


16h30 - Bonjour et bienvenue sur RTL.fr. Nous serons ensemble pendant toute la durée de l'intervention d'Emmanuel Macron, mais aussi durant l'édition spéciale de RTL Soir présentée par Marc-Olivier Fogiel, dès 18h. Après la conférence de presse retransmise en direct, il sera entouré d'Elizabeth Martichoux, Alba Ventura, Benjamin Sportouch, Alain Duhamel, Olivier Mazerolle, Nicolas Domenach et de nombreux invités pour analyser la prestation d'Emmanuel Macron. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Grand débat Emmanuel Macron Élysée
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7797500331
Emmanuel Macron : une première conférence de presse dense
Emmanuel Macron : une première conférence de presse dense
Le chef de l'État s'est exprimé, jeudi 25 avril depuis l'Élysée. Une prise de parole attendue après la fin du grand débat national et l'allocution télévisée reportée.
https://www.rtl.fr/actu/politique/direct-video-emmanuel-macron-allocutions-annonces-gilets-jaunes-grand-debat-7797500331
2019-04-25 16:30:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/ssXeU3KtevtIE913RIDQfg/330v220-2/online/image/2019/0425/7797501915_emmanuel-macron-lors-de-sa-conference-de-presse-le-jeudi-25-avril-2019.png