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Déconfinement : le plan de l’exécutif soumis à un vote, la bonne formule ?

ÉDITO - Le Premier ministre présentera, mardi 28 avril devant l’Assemblée, la stratégie du gouvernement pour déconfiner le pays. Après les interventions de chaque groupe politique, il y aura un vote.

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Déconfinement : le plan de l'exécutif soumis à un vote, la bonne formule ? Crédit Image : Thomas SAMSON / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
édité par Maxime Magnier

Mardi 28 avril, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre, Édouard Philippe, présentera le plan du gouvernement pour déconfiner le pays. Et après les interventions de chaque groupe politique, il y aura un vote. Il faut d'abord souligner l'habileté politique de ce vote, même si elle se voit un peu trop. Le gouvernement montre qu'il consulte la représentation nationale, les députés, et il le fait sur toutes les mesures du déconfinement avec un seul vote. 

Il sera impossible de lire les nuances, impossible de voir qui approuve quoi sur le retour à l'école, le rôle des maires, les conditions pour prendre les transports en commun, la reprise économique et puis le controversé traçage numérique de nos contacts avec l’application StopCovid. Les députés seront d'accord avec tout ou avec rien. Il s'agira donc d'un vote caricatural, pour ou contre le déconfinement à la sauce du gouvernement. 

La majorité, à l'exception de ses frondeurs, va voter pour. Les oppositions seront contre ou s'abstiendront. Autrement dit, ce ne sera pas un moment démocratique passionnant et à très forte portée. 

Une démocratie confinée

Dès lors, fallait-il un vote sur le déconfinement ? Non. Il fallait surtout des débats et des votes, comme l'a réclamé notamment Christian Jacob, le patron des Républicains, dimanche sur RTL. 

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Après tout, les députés et les sénateurs ont bien voté pour la mise en place de l'état d'urgence sanitaire, en discutant chacun de ses aspects. Ils votent aussi pour modifier le budget point par point et autoriser le gouvernement à creuser la dette de plusieurs centaines de milliards d’euros. 

Ce que pointe ce vote unique de demain, c’est une démocratie confinée. Car il faut aussi ajouter qu’il n'y aura que 75 députés dans l’hémicycle, mardi. 

Le gouvernement a-t-il besoin d'un vote ?

Le gouvernement n'a pas besoin d'un vote à chaque fois qu'il prend une décision. C’est vrai. Dans la vie normale du pays, le gouvernement gouverne sans être obligé d'avoir l'accord du Parlement sur chacune de ces décisions. Et heureusement d'ailleurs, sinon il ne pourrait plus gouverner.

Mais là, nous ne sommes pas dans un état normal. Il s'agit quand même de nos libertés d'aller et venir, nos libertés de nous rassembler, de savoir si nous aurons des masques, de savoir comment nos enfants iront à l'école, de savoir aussi comment on pourra travailler. Ce ne sont pas des petites décisions du quotidien. C'est important que des opinions contraires s'expriment en ce moment, il ne s’agit pas de polémiques. 

Emmanuel Macron a affiché, ces derniers temps, le souci d'embarquer tout le monde, de convaincre pour que sa stratégie fonctionne contre le virus. Avec un vote binaire, pour ou contre le déconfinement, le gouvernement fait le contraire.  

Une nouvelle loi pour prolonger l'état d'urgence sanitaire

En France, on estime que les choses sont souvent comme ça : la majorité est pour, et l’opposition est toujours contre. C’est malheureusement vrai. Ça tient à notre système politique : la légitimité d'un seul homme, le Président de la République, et le reste qui doit suivre. Toutes les promesses d'écoutes, de changements, ne feront pas disparaître ce principe de la Vème République. Nous en voyons les limites dans cette période, qui nous renvoie à la façon dont l'état d'urgence sanitaire a été instauré, le 22 mars.

Il a été voté pour deux mois, c’est à dire jusqu'à la dernière semaine du mois de mai, et le gouvernement est autorisé, d’ici là, à tout décider par décret. Concrètement, il se doit juste d'informer le Parlement, et rien de plus. En revanche, à la fin du mois de mai, pour prolonger l'état d'urgence sanitaire, il faudra une nouvelle loi. C'est là que les débats redeviendront vraiment intéressants. La démocratie devrait en profiter pour se déconfiner largement.

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