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Dîners mondains clandestins à Paris : ce que l'on sait

ÉCLAIRAGE - Une enquête a été ouverte après la diffusion d'un reportage de M6 sur l'organisation de dîners mondains clandestins à Paris. Un des organisateurs, identifié comme Pierre-Jean Chalençon, affirmait que certains ministres y participaient. Il a depuis renié ses propos.

Un restaurant (illustration)
Un restaurant (illustration)
Crédit : MYCHELE DANIAU / AFP
Quentin Marchal & AFP

Des dîners mondains clandestins organisés en plein Paris, malgré la pandémie de Covid-19 ? Un reportage de M6 tourné en caméra cachée a déclenché une vive polémique après sa diffusion vendredi 2 avril. Un extrait, partagé des milliers de fois sur les réseaux sociaux, a particulièrement fait réagir les internautes et la classe politique. On y voit un organisateur anonyme déclarer avoir "dîner" dans "deux ou trois restaurants qui sont soi-disant des restos clandestins, avec un certain nombre de ministres".

Le reportage de M6 montre également des participants et des serveurs ne portant pas de masques lors de ces dîners et ne respectant pas les gestes barrières. Certains participants allant même jusqu'à se faire la bise, au mépris des interdictions édictées pour freiner la propagation de l'épidémie de la Covid-19.

Dimanche 4 avril, le procureur de Paris, Rémy Heitz, a annoncé avoir saisi "la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne d'une enquête des chefs de mise en danger d'autrui et de travail dissimulé", afin de "vérifier si des soirées ont été organisées en méconnaissance des règles sanitaires et de déterminer quels en ont été les éventuels organisateurs et participants".

Une enquête administrative a également été ouverte par la préfecture de Paris. "À la suite du reportage de M6, j'ai demandé au Préfet de police de Paris de vérifier l'exactitude des faits rapportés afin, s'ils sont vérifiés, de poursuivre les organisateurs et les participants de ces dîners clandestins", a annoncé Gérald Darmanin dans un tweet.  

La fronde des internautes sur Twitter

Des extraits du reportage de M6 publiés sur Twitter ont été partagés plus de 16.000 fois et n'ont pas manqué de susciter de nombreuses réactions d'indignation de la part des internautes, qui ont créé le hashtag #OnVeutLesNoms. À l'entrée d'un des restaurants clandestins, les journalistes sont accueillis par des serveurs sans masque et qui l'assument : "Une fois que vous passez la porte, il n'y a plus de Covid", explique l'un d'eux.

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L'organisateur des dîners mondains anonymisé pour le reportage a été identifié par plusieurs médias et internautes comme étant Pierre-Jean Chalençon, propriétaire du Palais Vivienne, situé dans le centre de Paris. À travers un communiqué de son avocat adressé à l'AFP dimanche soir, ce dernier a renié ses affirmations concernant la présence de ministres à ces soirées, reconnaissant implicitement sa participation au reportage. Il a plaidé qu'il faisait seulement de "l'humour" et maniait "le sens de l'absurde", quand il a assuré que des ministres participaient à de tels repas.

Interrogé sur BFMTV sur ces repas clandestins, le chef Philippe Etchebest les a qualifiés de "lamentables et débiles". "On fait tout, aujourd'hui, pour essayer de faire en sorte d'avoir des réouvertures rapides et normales. Et aujourd'hui, une poignée d'individus salissent notre profession, et ce n'est pas normal", a-t-il notamment regretté.

Attal et Le Maire réagissent à la polémique

Dimanche, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a exclu la présence de quiconque du gouvernement à ces dîners tandis que plusieurs ministres ont également réagi dans les médias.

Lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a semblé sceptique quant à la présence des membres du gouvernement à ces dîners clandestins : "Tous les ministres, sans exception, respectent la règle", a-t-il affirmé. 

Dans le cadre d'une visite d'un centre de vaccination à Marcq-en-Baroeul, dans le Nord, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a précisé que "soit (ces faits) sont faux et il ne faut pas jeter l'opprobre évidemment, soit ils sont vrais et évidemment (...) les personnes doivent pouvoir être poursuivies et, j'imagine, condamnées pour avoir organisé de telles soirées".

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