1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. "Six pieds sous terre", "un grain de folie"... Que veulent dire ces expressions ?
2 min de lecture

"Six pieds sous terre", "un grain de folie"... Que veulent dire ces expressions ?

Les unités de mesure anciennes, fort peu commodes car différentes d’une région à une autre, avaient pourtant un certain charme que l’on peut retrouver aujourd’hui.

Un dictionnaire (image d'illustration)
Un dictionnaire (image d'illustration)
Crédit : Aaron Burden / Unsplash
Avoir un grain et prendre son pied : des unités de mesure cachées
03:03
Muriel Gilbert - édité par Capucine Trollion

Amis des mots, nous évoquions hier les unités de mesure actuelles : le mètre, le litre, la minute, le gramme, etc. J’avais consacré une chronique en fin de saison dernière à une unité de mesure ancienne, la lieue, celle que l’on retrouve dans l’expression "j’étais à mille lieues d’imaginer ça". 

J’avais expliqué que cette lieue n’était pas d’une longueur bien déterminée. D’ailleurs, à la fin du XVIIIe siècle, on comptait en France plus de 700 unités de mesure, différentes d’une région à l’autre, ce qui générait une fantastique pagaille. Imaginez faire du commerce entre Paris et Lyon quand le même produit n’y pèse pas le même poids ni ne mesure la même longueur.

C’est pourquoi on a remplacé ces unités anciennes par les unités actuelles qui sont les mêmes partout dans le monde. Mais il nous reste quantité de traces insoupçonnées de ces anciennes mesures, cachées dans nos expressions, que je vous propose de débusquer !

Comment utiliser le pied ?

Par exemple ? "Six pieds sous terre " ! Ou bien "il tire une tête de six pieds de long". Un pied, c’était un peu plus de 30 de nos centimètres. Quand on parle de "pied à coulisse", en cours de techno, c’est bien aussi de l’unité de longueur qu’il est question et pas de cet appendice équipé d’orteils qui vit dans nos chaussures. 

À lire aussi

Mais c’est également de longueur qu’il s’agit dans l’expression "prendre son pied", qui voulait dire "prendre sa part" (sa part du butin, en général, car cette expression est née dans la pègre). Sans compter que faire un "pied de nez", au départ, signifiait "être vexé, déçu", "le visage si défait qu’il semble avoir un nez de plus de 30 cm", explique Wikipédia. Par extension, le pied de nez est devenu ce geste consistant à mettre son pouce sur son nez, la main tendue en agitant les doigts, pour se moquer de quelqu’un.

On mesurait aussi en pouces : un pied, c’était 12 pouces. On retrouve cette unité quand on "ne recule pas d’un pouce", par exemple. Et si je vous "toise", c’est aussi que je vous mesure : une toise, avant d’être une règle verticale servant à mesurer la croissance de nos petiots, c’était une unité de longueur d’un peu moins de 2 mètres. Et si vous arpentez le studio de RTL, là aussi, cela vient d’une unité ancienne de superficie : l’arpent, qui valait de 2.000 à 5.000 m2 – et qui existe encore au Québec, avec une valeur différente.

Quid d'un grain et se pinter ?

Plus surprenant encore, si "j’ai un grain", un grain de folie, c’est là encore la référence à une mesure : le grain était le plus petit poids employé par les bijoutiers d’autrefois. Et pour célébrer toutes ces merveilles linguistiques, si vous avez décidé de faire la fête un peu plus que de raison, vous allez peut-être vous pinter… Non ?

Quoi qu’il en soit, "se pinter" vient de la pinte, une unité de mesure de capacité qui remonte au latin, et qui d’ailleurs existe encore dans les pays anglo-saxons, là aussi avec des valeurs différentes selon les pays. Pinter a d’abord eu le sens de « boire » tout court, avant de devenir synonyme de "boire beaucoup… d’alcool". Ce que nous ne ferons pas !

La rédaction vous recommande
À lire aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/