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À Montpellier, la charte de la laïcité fait débat

REPORTAGE - À Montpellier, une charte de la laïcité doit être signée par les associations de la ville, sous peine de ne pas recevoir de subventions.

Yves Calvi_ 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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Montpellier : la charte de la laïcité fait débat Crédit Image : Pascal GUYOT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Jacques Serais édité par Quentin Marchal

C'est une initiative inédite de la part d'une mairie en France. À Montpellier, les associations de la ville qui reçoivent des subventions doivent signer une charte de la laïcité, comprenant sept articles sur lesquels le ou la représentante d’association doit s'engager.

Par exemple, l'article 1 stipule que "la laïcité contribue à l'égalité entre les femmes et les hommes et à la dignité des personnes". On peut aussi lire dans cette charte que "La République ne tolère aucune discrimination". En fait, ces articles sont principalement des rappels de ce qu’est la laïcité et notamment qu’elle garantit la liberté de conscience, de croire ou de ne pas croire.

Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, est à l'origine de cette charte et estime qu'"au pays de Voltaire, à l'heure où nous sommes traversé par un renouveau du fanatisme terroriste islamiste, je crois qu'il est important qu'un maire et que l'ensemble des élus de la République réaffirment le principe de laïcité".

Néanmoins, cette charte ne manque pas de faire débat car dans le cas où les associations ne signent pas cette charte, elles ne peuvent pas toucher les subventions de la ville. L’antenne locale de la Ligue des droits de l'homme a fait part de sa désapprobation, comme l'explique son président Christian Payard : "La loi de 1905 suffit amplement. Pourquoi refaire une charte ? C'est quand même un chantage à l'argent et ça c'est inadmissible"

470 associations ont signé la charte

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Si Christian Payard reconnaît que cette charte ne désigne aucune population en particulier, selon lui c'est tout comme : "On sent vraiment une volonté quand même de cibler la population musulmane d'une manière générale. On n'est plus du tout dans la laïcité là" fustige-t-il. La Ligue des Droits de l'Homme de Montpellier renonce donc à sa subvention, qui s'élève à près de 2.000 euros par an.

Pour se défendre, le maire de Montpellier refuse le procès en islamophobie et rappelle qu'il a fait campagne sur ce thème de la laïcité et que cette charte était l'une de ses promesses. "Depuis que je suis maire, j'ai découvert que des locaux associatifs étaient devenus des lieux de prières. L'un transformé en mosquée, l'autre en lieux évangélique" a indiqué Michaël Delafosse, qui a depuis fait fermer ces lieux. 

C'est en effet une autre conséquence de la charte de la laïcité, les associations qui ne la signent pas ne se verront plus prêter, ni louer, de salle municipale. Depuis septembre, selon la mairie sur les quelques 776 associations que compte Montpellier, 470 ont déjà paraphé ce document au moment de leur demande de subventions.

Pour ses détracteurs, cette charte n'a en revanche pas lieu d'être et sème la confusion. Ce débat va maintenant avoir lieu devant les tribunaux car Libre Pensée, un collectif de citoyens montpelliérains, a décidé de déposer un recours devant le tribunal administratif.

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