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L'association Renault-Nissan est en "péril", estime François Lenglet sur RTL

ÉDITO - Alors que les Français tentent d'imposer un projet de fusion à 50/50, les relations entre Renault et Nissan se tendent.

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L'association Renault-Nissan est en "péril", selon François Lenglet Crédit Image : OLIVIER MARTIN-GAMBIER / RENAULT SAS / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Cassandre Jeannin

Nissan a publié de médiocres résultats annuels, mardi 14 mai. Et les rapports avec Renault se sont détériorés au point de mettre en péril leur association.

Ça pourrait être un roman d’OSS 117, mais autour de la rade du grand port japonais se joue l’avenir du premier constructeur automobile mondial, Renault-Nissan. À la fin avril, des émissaires français ont débarqué au Japon, en proposant un projet de fusion, à  50/50, entre Renault et Nissan. Aujourd’hui, les deux entreprises ne sont liées que par des participations croisées, inégales du reste, et la mise en commun des achats et de la recherche. Mais il s’agit bien de deux sociétés distinctes.

La fusion, c’est l’obsession des Français souhaitant stabiliser cette alliance informelle, qui ne tenait jusqu’ici que parce que Carlos Ghosn dirigeait les deux entreprises d’une main de fer. Or, aujourd’hui, il est en prison, pour malversations supposées. Et il a été remplacé par deux personnes, un Japonais chez Nissan, et un Français, Jean-Dominique Sénard chez Renault.

Que redoute la France ?

La crainte de la France, actionnaire important de Renault, c’est de voir les Nippons reprendre leur indépendance. Crainte d’autant plus nourrie que Nissan est le poids lourd de l’alliance, et que lui seul est présent sur les deux plus grands marchés du monde, la Chine et les États-Unis. Il y a vingt ans,Renault avait sauvé Nissan de la faillite, et l’opération a tellement bien réussi que le sauvé regarde désormais de haut son sauveteur de naguère. 

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Paris redoute aussi des accords secrets, qui avaient été signés du temps de Carlos Ghosn, qui interdisent à Renault toute ingérence chez Nissan sur les nominations et les décisions importantes. C’est le paradoxe : Renault est le plus gros actionnaire de Nissan, il en a été le redresseur, mais il reste à la vitre à regarder les Japonais manger leur sushis. Autant dire que la situation actuelle n’est pas tenable.

Jean-Dominique Senard, le patron de Renault, n'a aucun pouvoir sur Nissan, sinon un pouvoir d’influence. Et encore celui-ci est, malgré son talent, contrarié par le nationalisme japonais et le ressentiment à cause du scandale Ghosn.

Comment les Japonais considèrent-ils la fusion ?

Alors que les Français estiment qu’une fusion à à 50/50, constitue une offre déjà généreuse, les Japonais l'ont jugée infamante. Ils invoquent un argument de circonstance : nous allons trop mal en ce moment pour divertir notre énergie dans un autre projet que le redressement.

La réalité est tout autre : ils ne veulent pas de fusion, pour ne pas être contraint par quiconque dans la gestion de cette entreprise mythique qu'est Nissan pour le Japon. Et ils estiment que Renault a déjà été payé en retour, lorsqu'il est venu à la rescousse, sous la forme de juteux dividendes qui ont amélioré ses résultats. Nissan a versé plus de 4 milliards aux Français sur les dernières années. 

Mardi 14 mai, Saikawa, le patron de Nissan, a publiquement envoyé promener la France, en expliquant qu'ils n'avaient pas besoin de Renault pour régler leurs difficultés puisqu'elles se produisent au Japon, en Chine et aux États-Unis, pays où le constructeur français n'est pas présent.

Comment la situation peut-elle évoluer ?

Les relations entre les deux directions se sont tendues, après une brève éclaircie. La prochaine étape sera dans les jours qui viennent, lorsque Nissan annoncera son conseil de direction rénové, où les Français auront deux sièges sur onze. C'est ce qu'on appelle, en français comme en japonais, un strapontin. 

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2019-05-15 08:47:42
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