3 min de lecture Coronavirus

Vaccin contre le coronavirus : les chercheurs sont-ils proches d'un succès ?

Tout l’été, nous avons retracé l’histoire des principaux vaccins qui ont sauvé des millions de vie, depuis le premier contre la variole à la fin du 18e siècle. Pour ce dernier épisode, focus sur la quête express du vaccin contre le coronavirus.

Un prototype de vaccin contre la Covid-19
Un prototype de vaccin contre la Covid-19 Crédit : MLADEN ANTONOV / AFP
Virgine Garin
Virginie Garin Journaliste RTL

Pour l’instant, malgré des annonces spectaculaires, aucun vaccin ne fonctionne. Il y a environ 200 projets de recherche à travers le monde. 139 sont pour l'instant testés sur les animaux, des rats ou des singes. 27 sont au stade clinique, testés sur les humains. Et on va en retenir 6 ce matin, les plus avancés.

En tête de la course : les Anglais

Une équipe de l'université d'Oxford a pris un virus de chimpanzé, incapable de se multiplier dans le corps humain, et l'a déguisé en coronavirus. Il produit une protéine typique du Covid et l’organisme croit que c'est le coronavirus et apprend à se défendre.

Trois projets de vaccin chinois bien avancés

Les Chinois, eux, utilisent une méthode plus classique. ils prennent le vrai coronavirus et le désactivent avec un traitement chimique. La personne vaccinée ne tombe pas malade mais son système immunitaire reconnait le virus et se met à lutter contre lui. C’est un type de vaccin en général efficace, mais qui est lourd à fabriquer et qui doit se transporter en respectant la chaîne du froid. Et puis, il comporte des risques : celui notamment que le virus se réactive. 

Autre technique possible : la protéine virale

C'est un autre type de vaccin, utilisée par Sanofi. On injecte dans l’organisme une toute petite partie seulement du virus. En fait, un virus possède des sortes de piques qui lui permettent de pénétrer dans nos cellules. Ce sont des protéines. Les chercheurs vont injecter des protéines afin que le corps apprenne à les reconnaître et se défende s'il rencontre un jour le virus. Ce type de vaccin a un avantage, aucun risque pour la santé et il est plus facile à produire. Il est utilisé contre l’hépatite B, mais il peut être moins efficace. 

La technique inédite d'un laboratoire américain

À lire aussi
Coronavirus France
L'épidémie de coronavirus va-t-elle changer la notion de journée de travail ?

C’est le projet Moderna : on introduit dans le corps un code génétique, un bout d'ADN qui va  faire produire à nos cellules le vaccin. C'est notre corps qui devient une usine à vaccin. Ce serait le plus rapide à produire, pas besoin de le conserver au froid. Mais ce type de vaccin n’a jamais été expérimenté avant. 

Est-on sûr que ces projets vont aboutir ?

Absolument pas. Car il reste beaucoup de questions. Une injection suffira-t-elle, faudra–t-il se revacciner chaque année comme pour la grippe. Se pose aussi la question de effets secondaires et de l’efficacité chez les personnes âgées. En fait, il est possible, s'ils fonctionnent, que plusieurs vaccins soient commercialisées et qu’on n'administre pas le même à tout le monde.

Quand pourraient-ils être commercialisés ?

Les chercheurs espèrent à la fin de l’année.  Mais il faut franchir bien des étapes. Les tests sur les animaux, puis sur les humains. D'abord sur  un groupe d'une centaine de personnes, en bonne santé. Puis plusieurs centaines. Et puis la phase 3 : à grande échelle, auprès de milliers de personnes. Le vaccin Moderna en est là. Il est testé en ce moment sur 30.000 personnes. Enfin il faut obtenir des autorisations dans chaque pays. Ce qui veut dire que certains pays pourraient accepter un vaccin, mais pas d’autres. 

La production : des centaines de millions de doses

Et bien figurez vous que certains laboratoires ont déjà commencé a produire, sans savoir si leur vaccin va fonctionner, pour être prêt à le vendre, si les tests sont concluants. C’est un énorme pari. Les laboratoires son aidés financièrement par les gouvernements qui leur passent des précommandes. L’Europe par exemple a signé un accord avec Astra Zeneca, c'est le vaccin anglais, pour acheter 300 millions de doses. 

Les Russes ont-ils trouvé le premier vaccin ?

Vladimir poutine s’est sans doute emballé, les chercheurs sont sceptiques. Le vaccin n’a pas terminé sa phase d’essais. En fait, les russes veulent commencer à vacciner des médecins dans 15 jours sans connaitre les effets. C’est assez audacieux. Normalement, il faut une dizaine d’années pour trouver un vaccin, là on est dans un contexte d’urgence, donc les autorisations pourraient être données un peu plus vite, mais l’idée n'est pas de faire n’importe quoi non plus. 

En France, c'est l’Agence nationale de sécurité du médicament qui donnera son feu vert avec beaucoup de précautions. Donc, un vaccin dès cette année semble peu probable chez nous. Après, les Russes et les Chinois sont peut-être moins regardant sur la sécurité. Ils l’ont déjà fait pour Ebola, vacciner sans attendre les résultats définitifs.

La rédaction vous recomande
Lire la suite
Coronavirus Vaccin
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants