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Coronavirus : la course au vaccin s'accélère au niveau mondial

Huit mois après le début de l'apparition du coronavirus en Chine, Vladimir Poutine a pris le monde entier de court en annonçant qu'il avait développé le "premier" vaccin contre la Covid-19 ce 11 août. La course au vaccin semble s'accélérer au niveau mondial.

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Coronavirus : la course au vaccin s'accélère au niveau mondial Crédit Image : JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Anais Bouissou
Anaïs Bouissou édité par Sarah Ugolini

Alors que la France se prépare à une seconde vague de Covid-19, la course au vaccin se fait plus forte que jamais. La recherche de ce vaccin ressemble de plus en plus à la course aux étoiles. En effet, la Russie nous en donne un brillant exemple cette semaine avec l’annonce miraculeuse d’un traitement qui aurait fonctionné sur la propre fille de Vladimir Poutine. Ce vaccin s’appelle Spoutnik "V" pour vaccin.   

Cela signifie que plus de 60 ans après Spoutnik 1 en 1957, l’annonce tonitruante d’un satellite mis en orbite par l’URSS, la Russie nous rejoue effectivement l’équivalent de la course à l’espace façon santé. Autant vous dire que de l’autre côté de la planète, aux États-Unis, le soir même, Donald Trump annonçait la réservation de 100 millions de doses supplémentaires d’un autre vaccin. Entre les recherches, les essais, les futurs développements, c’est une course tous azimuts qui s’est engagée.   

Toutefois, il faut rappeler qu'on n'a pas de vaccin à l’heure actuelle, mais à peine des tests prometteurs. Des "candidats" vaccins qui sont encore en phase de tests. Mais tout comme dans les années 60, lorsque la conquête de l’espace était le sujet qui faisait rêver les dirigeants, trouver aujourd’hui l’antidote du Covid-19, c’est l’enjeu du moment. C’est une course politique, économique, symbolique, au-delà d’une question de santé.  

Un vaccin objet de tous les fantasmes

C’est pour cela que l’entreprise Sanofi a pu faire pression sur l’Europe il y a quelques mois pour expliquer que, faute de réservation de vaccin, les États-Unis pourraient être servis en premier. C’est pour cette raison aussi que, quand la start-up américaine Moderna a fait l’annonce du tout début de ses travaux, cela a fait grimper la bourse de Wall Street en flèche. Ce vaccin, qui n’existe pas, est l’objet de tous les fantasmes, et c’est un sujet ultra-sensible.   
 
Pour la course à l’espace, à la fin des années 50, la France était à la traîne, on peut se demander aujourd’hui où elle en est dans la course au vaccin. Pour la France, c’est plutôt à l’échelle de l’Europe que ça se joue. Au départ, c’est vrai qu’il y a eu un certain retard à l’allumage, la coordination entre les pays n’a pas été évidente. Mais depuis, l’Europe est dans la course et a pu mobiliser 2 milliards 700 millions d’euros. Il y a notamment eu des investissements auprès du laboratoire britannique Astrazeneca, du français Sanofi bien sûr, mais aussi de l’américain Moderna.  

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Même si la France et l’Europe investissent et sont dans la course, les représentants communiquent moins car au-delà des effets de manches et des coups de poker à l’est et à l’ouest, les Européens jouent la prudence. Ils savent que ce vaccin est un enjeu ultra-sensible, qu’ils sont tous sur une ligne de crête, et qu’ils risquent de toute façon d’être critiqués. Soit pour en avoir trop fait, si le vaccin n’est pas efficace, ou dans le cas où il provoquerait des effets secondaires, soit pour n’avoir pas été assez rapide. 

Trump a passé six contrats en trois mois

Les pays craignent d'être fustigés si la distribution tarde un peu ou si toute la population n’est pas vaccinée, ce qui sera surement le cas. En France, on envisage a priori de proposer le futur vaccin en priorité aux soignants et aux personnes âgées, mais pas à tout monde. On envisage déjà à qui on va distribuer le vaccin, alors qu’on ne l’a pas. La France réfléchit déjà à tout le processus de stockage et de distribution et se demande si elle investit sur un vaccin plutôt qu’un autre.  

C’est le jeu de la recherche justement, vous misez sur plusieurs jetons, et à la fin, potentiellement, vous tirez le gros lot. À ce petit jeu, vous retrouvez toujours, plusieurs méthodes. Il y a la façon Europe, avec un comité scientifique, qui vérifie les avancées, et façon gros bras américains. Donald Trump mise gros, souvent, à coup de milliards, sans trop regarder la dépense, quitte à faire grimper les enchères mondiales. Il a déjà passé six contrats en trois mois. On verra ce qui sera le plus efficace à la fin, mais en tous cas les États-Unis y auront certainement perdu beaucoup plus d’argent.   
 
Quand un pays aura trouvé, quid de la suite ? On peut se demander si ce sera prix Nobel et victoire d’un pays sur le reste du monde comme le premier pas sur la Lune ? Entre Spoutnik 1 et Apollo 11, pour le premier pas sur la Lune, il s’est écoulé plus de 10 ans. Il faut espérer que ça aille plus vite pour le vaccin. 

Objectif : vacciner le monde entier

Ensuite, évidemment symboliquement le premier qui trouve le vaccin sera auréolé de succès, mais ce n’est pas pour ça qu’on pourra crier victoire. Est-ce que le futur vaccin sera efficace à 40%, 60% ou 90% ? On ne le sait pas encore. Et si jamais on ne trouvait pas ce vaccin ? Cette course est loin d’être gagnée. Enfin, une fois qu’on aura potentiellement quelque chose d’efficace, il faudra vacciner le monde entier. Pas un pays, mais toute la planète.  

Donc tant que toutes les pièces du puzzle ne sont pas imbriquées, au lieu d’avoir la tête dans les étoiles, n’oublions pas de garder un tout petit peu de prudence, les mains sur les éprouvettes, et les pieds bien sur terre. 

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