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Coronavirus : cinq zones d'ombre qui demeurent à propos de l'épidémie

Surveillé, analysé et combattu par les médecins du monde entier, le nouveau coronavirus garde malgré tout de larges zones d'ombre pour les scientifiques, plus de trois mois après son apparition en Chine.

Une vue au microscope électronique d'une souche de SARS-CoV-2.
Une vue au microscope électronique d'une souche de SARS-CoV-2.
benoit
Benoît Collet et AFP

En France, le débat sur l'efficacité de la chloroquine dans le cadre de traitements contre le Covid-19 fait rage. De leur côté, la Russie et les États-Unis ont annoncé s'être lancés dans des tests de vaccin.

Surveillé, analysé et combattu par les médecins du monde entier, le nouveau coronavirus garde malgré tout de larges zones d'ombre, plus de trois mois après son apparition en Chine. "Il y a beaucoup de choses que l'on ne sait pas, ce qui appelle à beaucoup d'humilité" note la professeure Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine de Paris.

Pourtant le temps presse pour trouver des questions à ces réponses : la moitié de l'humanité est confinée et l'épidémie de Covid-19 a fait 36.000 morts à travers la planète. Voici cinq éléments clés qu'on continue à ignorer ou à mal connaître au sujet du virus SARS-CoV-2 et de la maladie qu'il entraîne, le Covid-19.

Pourquoi le virus est-il bénin pour les uns et gravissime pour d'autres?

L'extrême amplitude de la gravité des symptômes ne cesse d'étonner : pourquoi chez certains le Covid-19 ne produit aucun ou peu de symptômes (80% des cas selon l'OMS) tandis que chez d'autres il induit une forte fièvre, voire une pneumonie fatale?

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"Les recherches depuis février 2020 montrent que l'éventail clinique de cette maladie peut être très hétérogène", rapporte Leo Poon de la faculté de médecine de Hong Kong. Les personnes sévèrement atteintes sont "significativement plus âgées" que ceux faiblement malades et la concentration de virus dans leurs prélèvements est "environ 60 fois plus importants" que chez ceux faiblement atteints.

Est-ce le résultat d'une moins bonne réaction immunitaire due en particulier à l'âge, ou bien la conséquence d'une exposition à des doses plus élevées de virus lors de la contamination?
Des travaux sur un virus différent, celui de la rougeole, ont montré que la gravité de la maladie était corrélée à la dose d'exposition initiale au virus. On ignore s'il en va de même pour le Covid-19.

En suspension dans l'air?

On sait que le coronavirus se transmet par contact physique et voie respiratoire. Par exemple par les gouttelettes de salive expulsées quand un malade tousse. Peut-il circuler en suspension dans l'air à l'image de la grippe saisonnière? La question n'est pas tranchée.

Une étude américaine, publiée dans le New England Journal of Medicine, montre que le nouveau coronavirus peut survivre en laboratoire pendant trois heures sous la forme de particules dans l'air. Mais on ne sait pas si cette faculté est importante pour la transmission de la maladie.

"Est-ce que le virus est présent dans l'environnement, est-ce qu'il persiste longtemps dans l'air ou sur les surfaces inertes. On ne sait pas. On sait que l'on peut trouver du virus, mais on ne sait pas si ce virus est infectant", commente la professeure Karine Lacombe.

Combien de contaminés?

Mis à part de rares pays qui ont rapidement mis en place des politiques de dépistage agressives, comme la Corée du Sud et l'Allemagne, la connaissance du nombre des contaminés est très approximative. Ainsi, le gouvernement britannique évaluait le 17 mars les cas dans le pays à 55.000 alors qu'officiellement moins de 2.000 avaient été testés positifs.

Avoir une idée précise de l'étendue de l'épidémie est crucial pour isoler les porteurs de virus et mieux les soigner. Et, dans un deuxième temps, il deviendra précieux de savoir qui a déjà attrapé le virus et se trouve a priori déjà immunisé.

Virus sensible à la météo?

L'épidémie va-t-elle s'estomper avec l'arrivée des beaux jours dans l'hémisphère nord? C'est une possibilité mais pas une certitude, répondent des spécialistes. Les virus respiratoires de type grippe saisonnière sont plus stables par temps froid et sec, ce qui favorise leur transmission en hiver.

Une étude réalisée par des universitaires hongkongais a montré que le virus du Sras, qui avait frappé l'Asie en 2002-2003, et qui est un proche cousin de l'actuel coronavirus, résiste mieux par température basse et faible humidité.

Mais une étude américaine récente, de la Havard Medical School, souligne que "les seuls changements météo ne vont pas nécessairement conduire au déclin des cas de Covid-19 sans la mise en place d'interventions sanitaires importantes".

Pourquoi les enfants sont-ils épargnés?

Les enfants sont bien moins sujets au Covid-19 que les adultes. Et s'ils développent des symptômes, ils sont en général légers. Une étude chinoise, publiée dans la revue Nature, montre que sur dix enfants étudiés, atteints par Covid-19, aucun n'a développé de forme grave, leurs symptômes se limitant à des maux de gorge, toux et fièvre discrète.

Selon ces travaux, les enfants vivant avec des personnes malades sont deux à trois fois moins susceptibles d'attraper le virus que des adultes. Pourquoi? On ne sait pas. La même caractéristique avait été noté pour le virus du Sras en 2002-2003.

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