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Coronavirus : à quand la vaccination des enseignants ?

ÉCLAIRAGE - Dimanche 3 janvier, Jean-Michel Blanquer a déclaré qu'il était "souhaitable" que les enseignants soient vaccinés "au plus tard en mars". Une date bien trop tardive selon les syndicats.

Une classe de lycée à Rennes (illustration)
Une classe de lycée à Rennes (illustration) Crédit : DAMIEN MEYER / AFP
Marie Zafimehy
Journaliste

La vaccination des enseignants "serait souhaitable au mois de mars au plus tard". Sur BFMTV dimanche 3 janvier, Jean-Michel Blanquer a assuré qu'il travaillait au sein du gouvernement à ce que le processus de vaccination du personnel de l'Éducation nationale contre la Covid-19 soit accéléré. Une date jugée trop tardive par les syndicats qui seront reçus jeudi au ministère.

"L'objectif c'est de pouvoir commencer au mois de mars si possible, bien sûr en respectant toutes les priorités bien légitimes que le ministre de la Santé peut avoir", a ainsi répété le ministre sur Europe 1 deux jours après sa première déclaration

Un calendrier trop lent selon Guislaine David, secrétaire générale du SNUipp-FSU, syndicat représentant les professeurs du primaire. "Il est important que les enseignants soient vaccinés au plus vite, insiste-t-elle auprès de RTL.fr. Ils font partie du personnel en première ligne qui doit être vacciné après les soignants." Un avis partagé par les enseignants du secondaire. "Il faut qu'on permette notamment aux professeurs les plus âgés et aux plus vulnérables de se faire vacciner", complète Frédérique Grolet du syndicat majoritaire Snes-FSU.

Les enseignants, public non-prioritaire

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Du côté de l'Éducation nationale, pas de précisions sur le déroulé de la vaccination concernant les professeurs et le personnel des établissements scolaires comme les AESH (accompagnants d'élèves en situations de handicap). "Il est trop tôt pour se prononcer sur le sujet", souffle-t-on dans l'entourage du ministre qui renvoie au calendrier vaccinal recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS). Celle-ci prend en compte deux facteurs pour prioriser certains publics dans la vaccination : le degré d'exposition au virus et le risque de faire une forme grave de la maladie, mais ne fait pas de classification par profession. "Cela dépend de la politique menée par le gouvernement", justifie l'HAS.

C'est dans cette perspective qu'Olivier Véran a annoncé mardi sur RTL que la possibilité de se faire vacciner immédiatement, initialement prévue pour les soignants de plus de 50 ans et les résidents en Ehpad, était étendue aux pompiers et aux aides à domiciles les plus âgés. Suivant cette chronologie, les enseignants devraient arriver en phase 3 du calendrier avec "les professions essentielles à la vie économique". Sachant que les professeurs les plus âgés et considérés comme personnes "à risque" auront pu être vaccinés auparavant lors de la phase de vaccination destinée aux publics vulnérables.

Ce déroulé est trop long et peu pertinent selon Guislaine David du SNUipp-FSU qui représente les enseignants du primaire. "Nous sommes exposés au public avec des classes chargées, avec des élèves - pour les enseignants de maternelle - qui ne sont pas masqués, avec un certain nombre d'enfants qui sont contaminants", déplore-t-elle. "Si on veut réussir à faire fonctionner l'école et que les établissements scolaires puissent rester ouverts, il faut que les personnels à risque soient vaccinés en priorité".

Un public exposé au virus

Lors de la première vague de Covid-19, les établissements scolaires aient été rapidement fermés, il n'en était pas question lors de la deuxième. Écoles, collèges et lycées sont restés ouverts jusqu'aux vacances scolaires et reviennent seulement d'ouvrir après deux semaines de congés de fin d'année. Lors du dernier point épidémique, à la veille de Noël, le ministère de l'Éducation nationale décomptait 904 personnels contaminés par le coronavirus. Des chiffres peu fiables selon les syndicats. 

"Certains professeurs ne font pas remonter à la hiérarchie qu'ils sont malades", explique ainsi Ghislaine David du SNUipp-FSU. À cela s'ajoutent les personnels contaminés mais asymptomatiques. "C'est compliqué d'avoir des chiffres précis", ajoute-t-elle. Une incertitude qui s'ajoute à la polémique débutée mi-novembre sur le nombre d'élèves contaminés : comme le rapportait Libération, l'écart entre les chiffres annoncés par le ministre et ceux enregistrés par le portail Géodes de Santé Publique France avait été pointé du doigt. À l'époque, les personnels de l'Éducation nationale avaient lancé un mouvement de grève pour exiger un protocole sanitaire plus strict.

Un sujet toujours d'actualité qui sera, avec la vaccination, à l'ordre du jour de la réunion ministérielle jeudi. "Ce qu’on souhaite vraiment c'est satisfaire deux impératifs : préserver la santé et ne pas risquer de pénaliser les élèves en vue du baccalauréat", résume Frédérique Grolet du Snes-FSU. Pour cela, les enseignants demandent d'une part le renforcement du protocole sanitaire et d'autre part, le report des épreuves de l'examen du bac.

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