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Coronavirus : que réclament élèves et enseignants mobilisés dans les collèges et lycées ?

ÉCLAIRAGE - Depuis la rentrée du lundi 2 novembre, professeurs et élèves s'indignent sur les réseaux sociaux des conditions sanitaires régnant dans les collèges et lycées. Avec le hashtag #BalanceTonProtocole, ils dénoncent l'impossibilité d'appliquer un protocole sanitaire renforcé faute de moyens.

Le lycée George Sand à Domont (Val d'Oise) le 2 novembre 2020.
Le lycée George Sand à Domont (Val d'Oise) le 2 novembre 2020.
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Marie Zafimehy

Des adolescents agglutinés dans des cours de récréation ou aux selfs des cantines scolaires. Depuis la rentrée du lundi 2 novembre, les élèves et enseignants de plusieurs lycées dénoncent les conditions sanitaires dans lesquelles s'est déroulé le retour en classe, en pleine épidémie de coronavirus. Sous les hashtags #BalanceTonProtocole ou #BalanceTonProtocoleRenforcé, ils postent leur indignation et les images de leurs manifestations, parfois violemment réprimées par les forces de l'ordre.

Le confinement annoncé par Emmanuel Macron il y a une semaine ne concerne pas les établissements scolaires. Ceux-ci doivent accueillir les élèves dans le cadre d'un protocole sanitaire "renforcé", détaille par Jean-Michel Blanquer dans la foulée de l'allocution présidentielle. 

Problème : selon de nombreux témoignages d'enseignants et d'élèves, les mesures de distanciation physique sont impossibles à mettre en place faute de moyens humains et matériels. Pour dénoncer cette situation, certains professeurs ont même fait grève mardi 3 novembre à l'appelle du syndicat majoritaire Snes-FSU.

Du côté des élèves, la protestation est portée par l'Union nationale lycéenne (UNL) qui craint que les établissements scolaires ne deviennent des "clusters" si rien n'est fait. "La situation est intenable et la mobilisation ne pourra que s’amplifier si des mesures ne sont pas prises par Jean-Michel Blanquer", affirme Mathieu Devlaminck, président de l'UNL à RTL.fr. "En tant qu'élèves, on risque notre vie en allant au lycée, on a peur d'attraper le coronavirus et de le rapporter à nos parents qui peuvent être des personnes vulnérables", explique-t-il. Le syndicat dit avoir été convié à une rencontre avec le ministère de l'Éducation nationale à ce sujet. Contacté par RTL.fr, ce dernier n'a pour le moment pas donné suite à nos sollicitations.

Un protocole sanitaire plus strict

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L'UNL salue la volonté de garder les établissements scolaires ouverts pour garantir "l'égalité entre toutes et tous", mais exige d'appliquer un protocole sanitaire plus strict, qui reposerait sur deux propositions. D'abord, un passage en demi-classe pour maintenir du mieux possible la distanciation physique entre élèves. "C'est quelque chose qui a déjà été fait par certains professeurs", justifie Mathieu Devlaminck. 

Naturellement, cette mesure aurait pour conséquence une division par deux du nombre de cours donnés aux élèves. C'est pourquoi l'UNL propose aussi "la réduction des programmes par deux". Ces deux mesures combinées permettraient selon Mathieu Devlaminck de ne pas fermer les établissements scolaires. "Après la peur du coronavirus, il y a la peur chez les lycéens de décrocher si les lycées ferment", s'inquiète-t-il.

Ces mesures étaient déjà suggérées par le Snes-FSU dans un communiqué publié le lendemain de l'allocution d'Emmanuel Macron. Le syndicat enseignant y préconisait également les "recrutements de personnels, d’AED (assistants d'éducation, NDLR) mais aussi d’agents territoriaux (pour assurer un nettoyage et une désinfection des salles), réorganisation de la demi-pension pour limiter le brassage des élèves, nouvelles modalités d’aération des salles".

Plusieurs dizaines de lycées concernés

La mobilisation concerne aujourd'hui une dizaine de lycées selon l'UNL. "On a l'impression que c'est un mouvement qui concerne seulement 10-15 lycées en Île-de-France, mais il dépasse largement la région parisienne", affirme Mathieu Devlaminck qui cite les villes de Bordeaux ou encore Grenoble. "La mobilisation prend vraiment des formes différentes comme des sittings, des grèves ou des assemblées générales", précise-t-il.

Parfois, elle se traduit aussi en manifestations violemment réprimées. Comme en témoignent différentes vidéos postées sur les réseaux sociaux, des élèves du lycée Colbert ont été violentés mardi 3 novembre par les forces de l'ordre. Selon Le Figaro Étudiant, certains ont même été interpellés pour "rassemblement" et ont dû payer une amende de 135 euros. "On déplore les discours contradictoires, avance Mathieu Devlaminck. Lundi on nous parle de liberté en rendant hommage à Samuel Paty et mardi on nous empêche d'exercer nos droits".

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