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Primaire de la gauche : que proposent les candidats sur le temps de travail ?

ÉCLAIRAGE - Le temps de travail fera partie des thèmes abordés lors du premier débat organisé par RTL, TF1 et "L'Obs", jeudi 12 janvier.

Sept candidats sont sur la ligne de départ à la primaire de la gauche des 22 et 29 janvier 2017.
Sept candidats sont sur la ligne de départ à la primaire de la gauche des 22 et 29 janvier 2017. Crédit : THOMAS SAMSON JOEL SAGET / AFP
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Ludovic Galtier
Journaliste RTL

C'est un véritable enjeu de société. Pour quelle durée du temps de travail les sept candidats à la primaire de la gauche penchent-ils ? Jean-Luc Bennahmias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Manuel Valls seront, entre autres, amenés à développer leurs arguments et préciser leurs propositions sur le sujet lors de l'émission La primaire de gauche : le débat, coorganisée par les rédactions de RTL, TF1 et L'Obs, jeudi 12 janvier à 21h.

Réduction ou allongement de la durée hebdomadaire ? Quel avenir la gauche réserve-t-elle, par exemple, au travail des ouvriers, une catégorie socio-professionnelle qui lui a longtemps été favorable ? À droite, c'est le projet de François Fillon qui l'a emporté. L'ancien premier ministre propose d’accorder aux entreprises la possibilité d’aller jusqu’à 48 heures hebdomadaires et leur laisse le soin de définir les contreparties de cet allongement de la durée de travail.

Jean-Luc Bennahmias pour des "négociations branche par branche"

Il a appartenu aux Verts avant d'être séduit par le MoDem de François Bayrou en 2007. Jean-Luc Bennahmias, aujourd'hui président du Front démocrate, est pour la première fois candidat à l'élection présidentielle. Selon Christophe Madrolle, son porte-parole contacté par RTL.fr, "les 35 heures sont une réussite pour les grandes entreprises quand il y a eu une discussion paritaire entre syndicats et patronat. Quand il y a eu négociations, on ne touche donc à rien."

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En revanche, la situation pourrait évoluer pour ce qui est du temps de travail dans les PME et les TPE. "Tout est envisageable, on est ouvert, tranche le porte-parole. Nous sommes favorables à des négociations secteur par secteur et branche par branche. On peut envisager l'annualisation du temps de travail." Dans les transports ou la comptabilité par exemple, Jean-Luc Bennahmias prône "la souplesse", ajoutant que "dans une société fermée non compétitive, la proposition de Benoît Hamon (baisse du temps de travail, ndlr) serait justifiée."

Benoît Hamon : vers un passage aux 32 heures ?

Maintenir les 35 heures et inciter les entreprises à réduire le temps de travail, organiser la baisse du temps de travail par un droit inconditionnel au temps partiel. Benoît Hamon multiplie les propositions en faveur d'un partage du temps de travail. Pas question pour autant pour le député des Yvelines de modifier la durée légale de travail, qui restera de 35 heures. Pour parvenir à cet objectif lié, selon lui, à la révolution numérique, il y a plusieurs hypothèses, dont le passage aux 32 heures ou la semaine de quatre jours. "Je veux la réduction du temps de travail en contrepartie d'une baisse de 10% des cotisations", proposait-il sur France 2.

Invité de RTL le 9 janvier, celui qui a placé le travail au cœur de son programme estime que la révolution numérique provoque une "raréfaction du travail qui conduit à ce que se développe un chômage de masse". Pour y palier, cela doit passer une nouvelle façon de partager le travail doit selon lui être mise en place : "D'où la proposition d'un revenu universel, explique Benoît Hamon. Et d'où l'encouragement qui est le mien à ce que l'organisation du travail évolue en conditionnant les baisses de cotisations sociales patronales à une réduction du temps de travail et à des créations d'emplois à la clé".

Benoît Hamon estime par ailleurs que dans les métiers des secteurs de l'industrie et des services, "les robots vont se substituer aux emplois qui étaient les nôtres. C'est le cas dans les grandes surfaces où les caisses automatiques sont remplacées par des portiques sans caissiers".

Arnaud Montebourg pour "une société des trois contrats"

"Plutôt qu'annoncer la fin du travail, je préfère la fin de l'austérité". Arnaud Montebourg ne peut pas être plus clair. Pour lui, pas question de revenir sur la durée légale du temps de travail. Pas question non plus de prendre le problème du chômage par ce prisme. Interrogé par nos confrères de Libération, l'ex-ministre de l'Économie, favorable à l'abrogation de la loi Travail, précise que "la question du temps de travail est une tendance historique inéluctable. Pour moi, nous n’en sommes même pas en France à appliquer les 35 heures. Car on travaille 39,2 heures en moyenne. Donc, quand François Fillon dit vouloir les démanteler, il s'attaque au pouvoir d'achat parce que les 35 heures, c'est la majoration des heures supplémentaires"

Invité de RTL le 3 janvier, le candidat à la primaire de la gauche vilipende la stratégie de Benoît Hamon. "L
a gauche ne gagnera pas sur la question de la raréfaction du travail." Ce n'est donc pas par la réduction du temps de travail que le natif de la Nièvre compte faire baisser le chômage mais en créant ce qu'il appelle "la société des trois contrats" : renforcer le contrat de travail en normalisant le CDI, mettre en place un contrat d'activité à durée indéterminée afin d'embaucher des demandeurs d'emploi dans le secteur de l'économie sociale et solidaire et, enfin, élaborer un contrat de formation pour que chaque chômeur puisse se former pendant un an.

Vincent Peillon plaide pour plus "d'autonomie" des salariés

Moins à droite que Manuel Valls et moins à gauche qu'Arnaud Montebourg et Benoît HamonVincent Peillon se place en successeur de François Hollande. Pour l'eurodéputé, il n'est pas question d'aborder la question du temps de travail en partant du postulat que les Français travaillent 35 heures par semaine. Dans son programme, l'ancien ministre de l'Éducation nationale assure que "les salariés à temps plein travaillent aujourd'hui, en moyenne, un peu plus de 39 heures par semaine."

Pour Vincent Peillon, "les 35 heures n'ont rien d'un carcan". Il défend "une durée légale à 35 heures et une juste rémunération des heures supplémentaires par les employeurs." Le cheval de bataille du candidat socialiste en matière de temps de travail est "l'autonomie". Il explique : "Je proposerai que la prochaine étape des politiques d’aménagement du temps de travail consiste à renforcer l’autonomie des salariés dans l’organisation des différents temps de leur vie."

La mesure reposerait sur la transformation du Compte personnel d'activité en "banque des temps", "dans laquelle chacun pourrait puiser, dans certaines conditions, pour prendre des congés, pour suivre une formation ou encore pour réduire son activité afin de s’occuper d’un parent dépendant."

Sylvia Pinel dans la continuité de François Hollande ?

Allié historique du Parti socialiste et soutien infaillible de François Hollande, le Parti radical de gauche compte trois ministres, dont son ancien président Jean-Michel Baylet, au sein du gouvernement de Bernard Cazeneuve. Difficile donc pour Sylvia Pinel, présidente actuelle du mouvement et ancienne membre de l’exécutif, de se démarquer de la politique menée depuis cinq ans. Au micro de RTL début janvier, l'ancienne collègue de Manuel Valls a reconnu des "proximités très fortes" avec lui.

Dans son programme, très favorable aux entreprises, Sylvia Pinel, seule candidate à ne pas disposer d'un site internet à son nom, n'évoque pas le temps de travail en tant que tel. Lors de la présentation de son projet le 5 janvier dernier, elle a promis de défendre le bilan du quinquennat de François Hollande. Un retour sur les 35 heures et la loi Travail n'est donc pas dans le viseur de celle qui est d'ores et déjà candidate aux élections législatives de juin. Contacté par RTL.fr, l'entourage de Sylvia Pinel n'a pas répondu à nos sollicitations.

François de Rugy veut "faire de la loi Travail une loi expérimentale"

Pas une ligne sur la durée du temps de travail ne figure dans le programme de François de Rugy. Contacté par RTL.fr, Thibault Leclerc, chargé de communication du candidat à la primaire, explique pourquoi. "François de Rugy "n'est pas favorable à l'idée de rouvrir un énième débat sur le temps de travail à 35, 39 ou 32 heures ou de savoir s'il doit être mis en négociation dans les entreprises." La durée légale hebdomadaire du temps de travail restera donc à 35 heures si François de Rugy est élu.

Par ailleurs, l'écologiste n'a pas l'intention d'amender la loi Travail. Pour le moment, en tout cas. Sa volonté est de faire de la loi Travail une loi expérimentale. "Cela veut dire que la loi serait valable 5 ans, explique Thibault Leclerc. Après ce délai, un débat apaisé serait organisé au Parlement qui se prononcerait de nouveau" pour ou contre le texte porté par le gouvernement de Manuel Valls en 2016.

Manuel Valls : "Consacrer du temps à un engagement citoyen"

"Moi je suis pour une société du travail, pour la dignité que procure le travail", a affirmé l'ex-premier ministre sur France Info mardi 10 janvier. Manuel Valls veut encourager les salariés à travailler plus. Christian Menanteau, éditorialiste RTL, explique que l'ancien premier ministre "propose la défiscalisation des heures supplémentaires, qu'il adaptera à sa façon en passant d'abord par une exonération des charges sociales et ensuite en plafonnant cette défiscalisation à 6.000 euros de gains supplémentaires par an." Il reprend ainsi à son compte l'une des mesures prises par Nicolas Sarkozy, lorsqu'il était au pouvoir (2007-2012).

Dans son programme, Manuel Valls estime que "la conquête sociale dont nous avons besoin aujourd'hui, c'est de pouvoir disposer de temps au moment où l'on en a besoin. Sur le Compte personnel d'activité, chacun pourra capitaliser une partie de ses droits à congés et les utiliser en cas d'événement personnel ou familial ou pour consacrer du temps à un engagement citoyen."

Au cours du quinquennat, Manuel Valls a soutenu en première ligne la loi Travail, promulguée en juillet 2016. Selon Service Public, "la durée légale de travail effectif des salariés à temps complet reste fixée à 35 heures par semaine. Ainsi, toute heure accomplie après 35 heures reste une heure supplémentaire qui ouvre droit à une majoration de salaire ou à un repos compensateur équivalent (...) En l'absence de tels accords, le taux de majoration des heures supplémentaires reste fixé par la loi à 25 % pour les 8 premières heures et à 50 % pour les heures suivantes."

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2017-01-11 14:25:16
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