7 min de lecture Solo : A Star Wars Story

Pourquoi "Solo : A Star Wars Story" est-il un échec au box-office américain ?

ÉCLAIRAGE - Moins d'un mois après sa sortie aux États-Unis, le bilan est décevant pour "Solo : A Star Wars Story", le second spin-off de la franchise "Star Wars" centré sur la jeunesse de Han Solo.

"Solo : A Star Wars Story" est consacré à la jeunesse de Han Solo, incarné ici par Alden Ehrenreich
"Solo : A Star Wars Story" est consacré à la jeunesse de Han Solo, incarné ici par Alden Ehrenreich Crédit : Lucasfilm Ltd. & ™, All Rights Reserved. / Jonathan Olley
Capucine Trollion
Capucine Trollion
Journaliste RTL

Le Faucon Millenium est en perte de vitesse lumière. Quelques semaines après sa sortie américaine, Solo : A Star Wars Story, le nouveau spin-off de la franchise centré sur la jeunesse de Han Solo, ne réalise pas le carton espéré. Avec ses 130 millions de dollars au box-office américain après sa sortie, il est d'ailleurs bien parti pour devenir le premier Star Wars-Disney à perdre de l'argent.

Pourtant, Solo : A Star Wars Story revient de loin. Tournage compliqué, renvoi des réalisateurs, rumeurs concernant une performance risible d'Alden Ehrenreich (Han Solo)... Le film ne partait avec toutes les étoiles pour briller auprès du public. Mais au final, l'histoire reprise par Ron Howard n'est aussi catastrophique comme cela était annoncée.

Comment donc expliquer cet échec au box-office ? Est-ce le début de la fin pour la franchise rachetée par Disney en 2012 ? Un tournant ?

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Solo : A Star Wars Story - Bande-annonce officielle (VOST)

Un tournage houleux et compliqué

Le casting complet du spin-off de "Star Wars" sur Han Solo, prévu pour 2018
Le casting complet du spin-off de "Star Wars" sur Han Solo, prévu pour 2018 Crédit : Disney

Cinq mois après le début de son tournage et une première photo officielle dans le Faucon Millenium, la nouvelle tombe : les réalisateurs Phil Lord et Christopher Miller (21 Jump Street) sont renvoyés de Solo : A Star Wars Story. La raison invoquée par Lucasfilm et Disney ? "Des visions créatrices différentes", comme on peut le lire dans le communiqué officiel. Mais lors de leur éviction, des murmures contraires se sont élevés : selon le Hollywood Reporter, l'une des "divergences artistiques" concernait la vision du personnage principal. Une source anonyme s'insurgeait : "les gens doivent comprendre que Han Solo n'a pas une personnalité comique. Il est sarcastique et égoïste". 

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Plus encore, le média américain détaille une ambiance très tendue sur le tournage entre la production et les réalisateurs. Une source affirme d'ailleurs Lord et Miller avaient le sentiment de n'avoir "aucune liberté créative", devant travailler en suivant des "plannings très contraignants", sans avoir "assez de jours pour tourner chaque scène, et ce dès le début."

Après quelques semaines sans aucune nouvelle, c'est Ron Howard (Da Vinci Code, Apollo 13) qui est choisi pour reprendre les aventures du jeune Solo. Le réalisateur, qui parle peu voire pas du tout dans les médias sur le projet, reshoot (tourne de nouvelles scènes) 70% du film de Phil Lord et Christopher Miller. Face au manque de communication et les rumeurs de tournage toujours aussi houleux, la communauté Star Wars panique et le film en pâtit avant même de sortir.

Un problème de communication et de marketing

En janvier dernier, soit quatre mois avant la sortie de Solo, aucune bande-annonce n'est encore dévoilée, contrairement à Rogue One, le premier spin-off de la franchise, centré sur les Rebelles qui ont pu voler les plans de l'Étoile Noire, juste avant les événements de La Guerre des Étoiles (épisode 4). Le long-métrage de Gareth Edwards a eu un an pour montrer aux fans ce qui les attendait : un film de guerre intergalactique avec un enjeu dramatique, qui n'est pas une autre version de La Guerre des Étoiles.

"Le plus gros problème de Solo est une campagne de marketing médiocre (pour Disney)", explique un analyste des médias à Deadline. Contrairement à Rogue One dont le premier trailer est entièrement centré sur Jyn Erso, présentée d'emblée comme la nouvelle héroïne de la franchise, celui de Solo possède seulement quelques images d'Alden Ehrenreich. Pas suffisant pour convaincre le public ni le rassurer, surtout après des rumeurs indiquant que l'acteur a dû prendre des cours de théâtre pendant le tournage afin d'améliorer son jeu. 

La bande-annonce suivante et les produits marketings, ne parviennent pas non plus à crééer un engouement autour du film. "Ils [Disney et Lucasfilm] n'ont pas vendu Solo pour ce que c'était, contrairement à Rogue One qui avait une vraie dramatisation mise en avant. Ils auraient dû l'annoncer comme un pop-corn movie ou un western-fun", explique Stéphane Boudsocq, journaliste spécialiste du cinéma à RTL. 

Une sortie trop proche d'"Avengers : Infinity War" et "Deadpool 2"

Thanos, l'ennemi des héros et héroïnes Marvel dans "Avengers : Infinity War"
Thanos, l'ennemi des héros et héroïnes Marvel dans "Avengers : Infinity War" Crédit : Marvel Studios 2018

Il faut le bien reconnaître, sortir Solo : A Star Wars Story un mois après Avengers : Infinity War, LE film le plus attendu de 2018, et une semaine après Deadpool 2, un long-métrage jubilatoire et sanglant, était risqué. Les spectateurs et spectatrices se sont précipité(e)s dans les salles aux sorties de ces deux films (Avengers : Infinity War a d'ailleurs battu de nombreux records au box-office) entre fin avril et début mai. 

Solo : A Star Wars Story n'était pas à la hauteur pour entrer dans une telle compétition. Le film a engrangé 130 millions de dollars au box-office pour son démarrage, contrairement aux 630 millions d'Infinity War. D'ailleurs, le média Variety, a révélé que Deadpool 2 est passé devant Solo avec ses 255 millions de dollars gagnés depuis sa sortie. Alors qu'en France, il est toujours devant (de peu) l'antihéros Marvel à la combinaison rouge et noir. 

Un personnage familial lié pour toujours à Harrison Ford

En choisissant la jeunesse de Han Solo, Disney et Lucasfilm ont pris un gros risque. Celui de s'attaquer à un personnage iconique de la galaxie incarné avec brio par Harrison Ford depuis plus de quatre décennies. "Han Solo est un personnage tellement populaire, très Harrison Ford, les gens y sont attachés depuis La Guerre des Étoiles. Il a une dimension sentimentale et un attachement familial", résume Stéphane Boudsocq. 

Compliqué dans ce cas de trouver l'acteur pour assurer la relève. Attention, on ne critique pas ici la performance d'Alden Ehrenreich qui devait, pour ainsi dire, remplir une mission impossible : prendre le blaster d'Harrison Ford/Han Solo, l'un des personnages les plus emblématiques de l'histoire du cinéma, connu dans le monde entier, comme Luke Skywalker et Leia. Le spin-off Rogue One n'a pas eu ce genre de problèmes puisqu'il met en scène de nouveaux personnages (Jyn Erso, Cassian, Krennic, Galen Erso...) dans un cadre familier : la Rébellion, l'Empire et Dark Vador

Solo se rapproche trop des événements de la vie de Han que l'on connaît avec La Guerre des Étoiles, même si c'est intéressant de voir enfin le célèbre Kessel Run (où Han passe en vitesse lumière sur une courte distance) et sa rencontre avec Chewbacca. Disney et Lucasfilm ont trop misé sur l'amour du public pour le contrebandier, qui est lié pour toujours à la performance d'Harrison Ford.

"Solo" est-il le "Star Wars" de trop ?

La galaxie très très lointaine peut-elle ennuyer les fans ? La question pourrait se poser avec les résultats de Solo au box-office. Le long-métrage est sorti cinq mois après Star Wars 8 : Les Derniers Jedi, véritable carton dans le monde entier, malgré des avis du public mitigés. Cela fait peut-être trop de Star Wars en un laps de temps si court. La franchise n'est pas comme Marvel qui sort généralement deux blockbusters par an, qui engrangent des millions de dollars.

Cet "échec" pourrait donc pousser Disney et Lucasfilm à revoir le calendrier de films et séries Star Wars prévus pour les prochaines années. Pour le moment, la sortie d'un troisième spin-off n'a pas encore été confirmée par Disney, bien que de nombreux médias dont les très renseignés Hollywood Reporter et Variety parlent d'un un film sur Obi-Wan Kenobi et un autre sur Boba Fett. En attendant, les fans ont rendez-vous dans les salles en décembre 2019 pour Star Wars 9 et d'ici quelques années pour une nouvelle trilogie réalisée par Rian Johnson, sans oublier "une série de films" par les réalisateurs de Game of Thrones...

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2018-06-08 08:32:00
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