4 min de lecture Coronavirus

Coronavirus : pourra-t-on aller en festival cet été ?

ÉCLAIRAGE - "L'hypothèse d'un été sans festival est exclue" a assuré Roselyne Bachelot sur France 2. Mais pour certains festivals, ce pourrait être plus compliqué de se maintenir.

Patrick Bruel sur la scène des Francofolies en 2019 (illustration)
Patrick Bruel sur la scène des Francofolies en 2019 (illustration) Crédit : XAVIER LEOTY / AFP
Coline Daclin Journaliste

"On va aller dans les festivals cet été". C'est la promesse que faisait, encore un peu hésitante, la ministre de la Culture le 5 janvier dernier sur RTL. "On fera tout pour qu’on puisse y aller", assurait Roselyne Bachelot. 

Un peu plus d'un mois plus tard, le monde de la culture est toujours aussi inquiet. Les salles de spectacle sont fermées, les rassemblements interdits, et le gouvernement n'a avancé aucune date pour un éventuel retour à la normale. Mais ce mercredi 10 février, la ministre revient à la charge sur France 2. "L'hypothèse d'un été sans festival est exclue", déclare-t-elle devant les caméras des 4 Vérités, avant de nuancer rapidement : "mais il y a festival et festival..."

Pour la ministre de la Culture, les festivals comme celui d'art lyrique à Aix-en-Provence ne devraient pas trop poser de problème. "C'est une salle de spectacle", explique-t-elle. Un protocole sanitaire pourrait-il être trouvé pour limiter les contaminations au coronavirus ? Et dans ce cas, combien de personnes pourront être présentes ? Pour l'heure, ces questions restent en suspens. D'autant qu'elles dépendent forcément de l'évolution de la pandémie et de la vaccination des Français. 

Les festivals "debout", plus compliqués à encadrer ?

"Ce qui pose des difficultés, ce sont les festivals debout", soutient Roselyne Bachelot sur France 2.  Il y a "une masse de population de plusieurs milliers de personnes et des conditions sanitaires plus difficiles à mettre en œuvre", poursuit-elle. En effet, difficile de demander à tous les festivals de se faire assis, avec des restrictions sanitaires draconiennes.

À lire aussi
Laurent Ruquier
Le Best of des Grosses Têtes du dimanche 11 avril

"Pour nous, qui avons un modèle qui repose à 90% sur l'auto-financement, c'est impossible d'envisager de louer des gradins en sachant qu'on aura déjà une jauge réduite", témoigne auprès de RTL.fr Pauline Ruby, coordinatrice du festival Terres du Son, qui réunit chaque année à Tours plus de 40 000 festivaliers. "Même chose si on nous empêche de faire de la restauration ou d'avoir un bar : c'est ce qui nous permet de financer environ 25% du festival", poursuit-elle.

Le 18 janvier dernier, le Hellfest avait ainsi lancé un cri d'alerte sur les réseaux sociaux. "Nous n’avons pas le temps d’attendre. Notre association à but non lucratif, qui gère le plus important budget de tous les festivals de musique (25 millions), est en danger", écrivaient alors ses organisateurs dans une lettre ouverte à Roselyne Bachelot. "Le flou qui règne l’amène inexorablement vers une catastrophe économique", ajoutaient-il, en précisant que les salaires à eux seuls coûtaient "plus de 250 000 euros" par mois au festival. 

Toute une organisation à revoir

L'équipe du Hellfest proposait ainsi une mesure pour pouvoir maintenir les festivals : exiger des tests négatifs à la Covid-19 pour y entrer. Une mesure à laquelle la ministre semble plutôt favorable, mais il reste à définir "comment les mettre en œuvre" et "comment les financer", précise-t-elle.

D'autres solutions pourraient être trouvées, comme celle de rendre itinérants certains festivals. "Mais pour l'organiser, il nous faut un cahier des charges", soutient Pauline Ruby de Terres du Son. 

En attendant, les artistes et toutes les organisations de festivals doivent s'adapter. Certains ont ainsi d'ores et déjà choisi de réduire les coûts, notamment sur leur communication. "Les festivals avec lesquels on travaillait ne nous réembauchent pas, et on ne peut pas s'engager sur de nouvelles dates alors qu'un festival peut être finalement reporté", raconte notamment à RTL.fr Lara Orsal, attachée de presse sur plusieurs festivals français. Elle a ainsi créé en 2020 avec sa consœur Charlotte Lafon un syndicat spécialisé pour les attachés de presse du domaine de la culture, l'APRES. "Dans notre travail, on essaie quand même de transmettre un peu d'enthousiasme aux festivaliers, mais personne n'est dupe", regrette-t-elle.

"Il faut que ça vive, il faut que ça joue"

"Ce flou ne va pas pouvoir perdurer plus longtemps : des frais sont engagés, et certains d'entre nous vont arriver à un point de non retour", insiste pour sa part Stéphane Krasniewski, directeur du festival Les Suds d'Arles et vice-président du Syndicat des Musiques Actuelles (SMA), auprès de RTL.fr. 

Pour lui, il serait envisageable de maintenir des festivals avec une jauge réduite drastiquement réduite, à condition de "raisonner en terme de densité" plutôt que simplement en nombre de personnes. "Il y a des festivals pour lesquels les efforts demandés seront trop importants, et leur annulation sera inévitable", déplore-t-il, "mais il faut maintenir le plus de festivals possible : il faut que ça vive, il faut que ça joue".

Pour préciser les modalités dans lesquelles pourraient s'organiser les festivals cet été, leurs représentants doivent se réunir autour de la ministre le 18 février prochain. En attendant, la ministre assure qu'elle travaille "à un fonds d'accompagnement de ces festivals, pour que, quoi qu'il arrive, le modèle des festivals soit protégé".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Coronavirus Roselyne Bachelot Festival
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants