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"Un retour en arrière sur nos normes environnementales" : la réintroduction de pesticides, une question clivante du projet de loi d'urgence agricole

Invité sur RTL lundi 20 juillet, le porte-parole de la Confédération paysanne Stéphane Galais revient sur l'accueil mitigé réservé à ce projet de loi par les agriculteurs et les acteurs environnementaux.

L'Assemblée nationale, le 13 mai 2026

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

"Un retour en arrière sur nos normes environnementales" : la réintroduction de pesticides, question clivante du projet de loi d'urgence agricole

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Benjamin Pierret

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Ce lundi 20 juillet s'annonce décisif pour le projet de loi d'urgence agricole - et de fait, pour les agriculteurs. Le texte est présenté dans la soirée à l'Assemblée nationale avant le Sénat, mardi, en vue de son adoption définitive. Mais l'issue du vote, pour l'heure est incertaine. Une mesure en particulier cristallise les tensions : celle qui prévoit la réintroduction de deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l'Union européenne, l'acétamipride et le flupyradifurone, pour une poignée de filières en difficulté. 
                   Elle divise jusqu'au sein du gouvernement, à tel point que le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué lundi après-midi le groupe central pour une réunion sur ce sujet. Pour Matignon, c'est au Parlement de "trancher". Dans le même temps, les défenseurs de l'environnement sont réunis en ce moment à deux pas de l'Assemblée nationale pour faire entendre leur colère.

Besoin d'une "bifurcation agroécologique"

Parmi eux, Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne. Pour lui, la non suppression de la dérogation sur l'acétamipride est "une ligne rouge, parce que c'est un retour en arrière sur nos normes environnementales", selon ses mots sur RTL.

Rappelant la crise climatique de ces dernières semaines, il appelle à "une bifurcation agroécologique" : la réintroduction de pesticides, c'est "ne pas avoir des reculs aussi importants sur la protection de la santé, sur la protection de l'environnement, mais aussi sur les enjeux agricoles, parce que ce n'est pas ça qui va permettre d'installer des paysans et d'avoir des revenus dans les fermes."

La question de l'eau, et notamment de son stockage pour l'irrigation, continue aussi à susciter des tensions. Le syndicat Coordination rurale (CR), par exemple, dit à ses agriculteurs de ne pas tenir compte des restrictions imposées à l'irrigation par le gouvernement. Pour Stéphane Galais de la Confédération paysanne, "c'est un peu irresponsable": "Nous, la première chose qu'on dit, c'est protéger la ressource. Et puis après, prioriser, partager. C'est assez irresponsable de dire qu'il faut accaparer l'eau au détriment aussi d'autres usages. On ne va pas rentrer dans une guerre de l'eau dans les territoires."

Pour le syndicaliste, l'intention de la loi "n'est pas de régler les problèmes de revenus des paysans et des paysannes", mais "d'accentuer un modèle productiviste qui fait disparaître les paysans et les paysannes dans les campagnes". Selon lui, "il y a deux articles qui ne vont pas assez loin, qui ne sont pas assez contraignants pour arriver à quelque chose qu'on réclamait depuis longtemps, c'est-à-dire des prix planchers, des tunnels de prix qui soient vraiment efficients et que ça revienne dans les fermes."

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