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Andy Burnham lors de la « Conférence spéciale du Parti travailliste » à Londres le 17 juillet 2026.
Crédit : Henry NICHOLLS / POOL / AFP
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La tâche sera rude pour Andy Burnham. Lundi 20 juillet, l'ancien maire du Grand Manchester, dans le nord de l'Angleterre, est officiellement devenu le nouveau Premier ministre du Royaume-Uni, succédant au très impopulaire Keir Starmer. Nommé leader du Parti travailliste (Labour) vendredi dernier, cette figure de la gauche britannique doit reprendre les rênes d'un pays en pleine crise économique, affaibli sur la scène internationale et en proie à la montée de l'extrême droite de Nigel Farage.
Contrairement à son prédécesseur Keir Starmer, élu en 2024, Andy Burnham n'a pas fait campagne sur un programme national très clair. La majorité Labour au Parlement reste la même que sous l'ère Starmer. Le nouveau locataire du 10 Downing Street devra donc composer avec. Il promet tout de même de "redonner de l'air" aux Britanniques avec des politiques sociales plus ambitieuses que le précédent gouvernement. Voici les trois priorités d'Andy Burnham à la tete du Royaume-Uni.
Le "roi du Nord", comme il a été nommé pendant sa campagne pour intégrer Westminster au mois de juin, porte une vision très décentralisée de l'exercice du pouvoir. Critique d'une administration trop centrée sur Londres, l'homme originaire du nord de l'Angleterre promet de redonner du pouvoir aux collectivités locales.
De manière symbolique, il a annoncé vouloir délocaliser une partie de son administration dans des bureaux situés à Manchester. "Le plus grand rééquilibrage des pouvoirs que notre pays ait jamais connu", se félicitait-il lors d'un discours fin juin.
Plus largement, le travailliste veut renforcer le pouvoir des autorités locales, et notamment celui des quatre nations du Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles, Écosse, Irlande du Nord), qui possèdent aujourd'hui divers degrés d'autonomie. Le nouvel homme fort du royaume veut "stimuler une croissance positive dans chaque zone géographique".
L'ambition décentralisatrice d'Andy Burnham est déjà sous le feu des critiques du Parti conservateur, traditionnellement moins favorable à la dévolution. "Il ne sait pas quoi faire, alors il veut se décharger du problème sur quelqu'un d'autre", a raillé la cheffe des Tories, Kemi Badenoch.
Andy Burnham compte bien se distinguer de l'impopulaire Keir Starmer en renforçant la jambe gauche de son gouvernement. Régulièrement surnommé le "Robin des bois" de la politique britannique, le nouveau Premier ministre n'a pas détaillé précisément son projet pour le pays. Mais ses diverses interviews et prises de parole laissent entrevoir les grandes lignes de sa politique sociale.
D'abord, il se targue de vouloir lancer le plus gros programme de construction de logements sociaux que le royaume ait connu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il promet aussi de redonner du pouvoir d'achat à ses concitoyens, notamment celui des plus pauvres. La BBC rappelle qu'Andy Burnham défend un système de sécurité sociale beaucoup plus universel.
Mais comment financer tout ça, sachant que l'économie britannique manque de dynamisme et que le Premier ministre ne veut pas s'aliéner le milieu des affaires ? S'il assure ne pas vouloir revenir sur la promesse du Labour de ne pas augmenter la TVA, l'impôt sur les revenus ou les cotisations sociales, il n'exclut pas une hausse de l'imposition (il a déjà évoqué par exemple la mise en place d'un impôt sur la fortune).
Pour augmenter les recettes de l'État, Burnham se montre favorable à une reprise de l'exploitation des champs de gaz et de pétrole en mer du Nord, à rebours de la promesse du Labour d'interdire tout nouveau forage. Mais, là encore, les plans du nouveau chef du gouvernement ne sont pas clairs.
Andy Burnham veut par ailleurs nationaliser certains secteurs, comme celui de l'eau (Thames Water), et agir pour baisser la facture énergétique des Britanniques (il table sur une économie de 130 livres, soit 150 euros, par ménage par an).
Si la position officielle du Royaume-Uni dans les affaires internationales ne devrait pas changer radicalement sous l'ère Burnham – soutien de l'Ukraine, scepticisme vis-à-vis du grand allié américain, rapprochement avec l'UE –, le nouveau Premier ministre ne cache pas que sa priorité sera nationale plutôt qu'internationale.
Opposé au Brexit, il a déjà déclaré qu'il aimerait voir le royaume retourner dans le giron de l'Union européenne de son vivant. Mais il n'en fera pas son objectif. Andy Burnham ne veut pas "réorganiser le référendum [de 2016] maintenant", a-t-il assuré. Il souhaite néanmoins continuer le rapprochement avec Bruxelles enclenché par Keir Starmer et devra de toute manière reprendre les négociations sur les visas jeunes ou encore les normes alimentaires.
Sur l'immigration, Andy Burnham ne souhaite pas revenir sur les mesures plus strictes adoptées par l'administration précédente. Lors de sa campagne électorale en juin, il avait indiqué que la migration nette "devait encore diminuer".
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