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"Cela permet de se questionner" : pourquoi le Dry January invite à repenser sa consommation d'alcool

Le Dry January, ou le Défi de janvier dans sa version française, consiste à ne pas boire un seul verre d'alcool pendant le mois. Une parenthèse de sobriété qui se traduit par de nombreux effets positifs sur la santé et permet de questionner son rapport à l’alcool.

Une personne refusant un verre d'alcool (photo d'illustration)

Crédit : krisanapong detraphiphat / GETTY

Juliette Vignaud

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Bien qu'ils boivent moins, les Français boivent toujours trop, et figurent parmi les plus gros consommateurs dans le monde. En 2024, 22,2 % des adultes déclarent une consommation au-dessus des repères de consommation à moindre risque au cours des sept derniers jours (30,3 % des hommes et 14,6 % des femmes), selon un baromètre de Santé publique France, publié le 11 décembre.


Dans une culture où le vin est étroitement lié au patrimoine, il n'est pas toujours évident de refuser un verre. Pourtant, selon une enquête Toluna Harris Interactive, parmi les 82% de Français qui consomment de l’alcool, un sur deux (50%) dit envisager de participer au Dry January en 2026.
Concrètement, 31% envisagent de ne pas boire d’alcool du tout pendant le mois de janvier et 19% prévoient de réduire significativement leur consommation, tout en se laissant la possibilité de boire occasionnellement.

Ce Défi de janvier, venu de l'Outre-Manche et porté par un collectif d'associations en France, consiste à ne pas boire un seul verre d'alcool durant le mois. Cette période de sobriété peut se traduire par de nombreux effets positifs sur la santé, à court et long terme. "Moins de fatigue, avec une amélioration du sommeil. Moins d'anxiété et de rumination, plus de dynamisme, plus de capacité à se concentrer et mémoriser", énumère le Dr Florence Martinez, psychiatre addictologue, interrogée par RTL.fr. Des bienfaits qui peuvent apparaître au bout de trois voire quatre semaines.

"Il y aura aussi un impact sur le métabolisme et la perte de poids. La peau sera plus saine car l'alcool altère toute absorption des vitamines B", renchérit le Dr Christelle Peybernard, psychiatre addictologue, qui cite également une "baisse de la tension artérielle" et "une santé du foie qui s'améliore".

Stabilité mentale

"C'est vraiment magique", assure Maxime Musqua, sobre depuis cinq ans. Après avoir consommé de l'alcool en abondance lors d'évènements festifs, et traversé une dépression, le comédien et podcasteur a pris la décision d'arrêter.

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"J'ai déjà fait des mois sobres, mais je suis addict, donc ça ne suffisait pas à régler les problèmes que j'avais. Pour moi, c'est plus facile de refuser le premier verre que ceux d'après", raconte-il auprès de RTL.fr.

Après avoir réalisé une année sans boire, qu'il raconte en longueur dans son livre Je n'aurai plus besoin d'alcool pour danser (Robert Laffont), Maxime Musqua n'a jamais repris. Parmi les bienfaits, le comédien de 38 ans cite le sommeil, "le temps libre du dimanche matin" sans mal de crâne qu'il ne veut "plus jamais revivre", ou encore la perte de poids. 

J'ai un plus beau corps maintenant qu'à 25 ans

Maxime Musqua

Mais c'est surtout le bénéfice sur sa santé mentale qui est indéniable. "En plusieurs mois, j'ai pris conscience que mon moral était plus stable", confie-t-il, alors que l'alcool était sa béquille. "C'est surtout l'estime de soi et la confiance en soi. Quand on se réveille le lendemain, sans gueule de bois, avec des bons souvenirs et une sortie de sa zone de confort, on est tellement fier de soi. C'est vraiment puissant", assure-t-il.

L'alcool, sa béquille, était "une fausse protection de la vie en cas de difficulté". "Sans ça, il faut affronter les coups durs et quand on réussit, c'est un sentiment génial."

"Mesurer son lien avec l'alcool"

Avec un père alcoolique, Maxime Musqua prévient : "On n'est pas tous égaux par rapport à l'addiction à l'alcool". Mais pour autant, s'essayer au Dry January n'est pas qu'une affaire de génétique. "C'est intéressant car tout le monde se questionne. Ce n'est pas suffisant pour les personnes addicts mais ça permet de réfléchir."

"L'autre vertu de ce défi est de mesurer son lien avec l'alcool, savoir si on se trouve dans une dépendance physique ou psychologique", appuie le Dr Florence Martinez. "C'est un défi sans stigmatisation, qui ne vise pas à diaboliser l'alcool mais à le dénormaliser, alors que c'est le deuxième facteur de mortalité évitable après le tabac", souligne le Dr Christelle Peybernard, également auteure de Mieux se protéger de la dépendance à l'alcool (Dunod).

Cela permet de se questionner sur sa relation à l'alcool

Dr Christelle Peybernard

Selon l'ancien chroniqueur du Petit Journal, l'erreur de ce mois sobre serait "de vouloir se convaincre qu'on maîtrise sans utiliser ce moment-là pour apprendre à vivre sans alcool". "Il existe des personnes, qui ont des problèmes avec l'alcool sans l'exprimer, qui ne sortent pas le week-end pendant le Dry", note-t-il, recommandant de continuer à faire ce qu'on aime.

Terrasses, concerts, festivals, anniversaires… "Il faut conscientiser pourquoi on fait ce type de sortie. On sort avec ses amis pour eux, pas pour la bière", décrit-t-il. "Ce n'est pas facile au début, ce sont des sorties de zone de confort", concède-t-il, "même si le travail de fond, c'est le regard des autres".

À écouter

"On passe de meilleures soirées" : une boîte de nuit lance sa "sober party", une soirée sans alcool portée par Maxime Musqua

00:01:41

Dans tous les cas, Maxime Musca recommande de "ne pas se mettre à l'écart", quitte à participer au tournoi de shooters avec du sirop. Le comédien, qui prône une sobriété joyeuse, a d'ailleurs organisé la première soirée sans alcool au Badaboum, célèbre club parisien, début décembre. "C'était la folie, tout le monde était ultra motivé avec beaucoup de lâcher prise sur le dancefloor." Preuve que sans alcool, la fête est plus folle.


Alcool info service a ouvert une ligne téléphonique anonyme qui offre un espace d’information, de conseil et d’écoute bienveillante : 0 980 980 930 (appel anonyme et non surtaxé, ouvert 7 jours sur 7 de 8h à 2h). Cette ligne s’adresse aussi bien aux consommateurs d’alcool qu’à leur entourage.

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