2 min de lecture Réforme des retraites

Réforme des retraites : le gouvernement s’enfonce tout seul

ÉDITO - Les propos de Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire en charge de la réforme des retraites, sur la "clause du grand père" ont été très mal pris par l’Élysée et par Matignon. Retour sur ce très gros couac

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L'Edito politique du 08 novembre 2019 Crédit Image : Ludovic MARIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
édité par Florian Soenen

Ce dernier épisode c’est toute l’histoire de cette réforme décidément mal emmanchée. À chaque étape, Emmanuel Macron se rajoute une difficulté. Et ça remonte à loin, à la campagne de la présidentielle. Je vous donne le jugement d’un important ministre : "Emmanuel Macron s’est lancé pour des raisons électorales dans une grande réforme qui n’a pas été étudiée." 

À l’époque, les économistes qui l’entourent et qui le conseillent lui disent qu’il n’y a pas de problème d’équilibre des retraites, que c’est le moment idéal pour faire une grande réforme d’ampleur. C’est le passage au système à point qui a l’énorme avantage d’être bien plus juste sans repousser l’âge de départ à la retraite. Sauf que l’espérance de vie continue de s’allonger et que le système va vite redevenir déficitaire. C’est la première erreur un mauvais constat de départ, l’erreur originelle.

Une lente préparation

Oui, c’est la préparation du fameux rapport de Jean-Paul DelevoyeUn an de travail qui débouche sur une usine à gaz pour fondre tous les régimes de retraites en un seul. Comme les "gilets jaunes" sont passés par là et qu’il faut faire "acte 2", le gouvernement rajoute une période de concertation : tout serait encore discutable. Mais ce qui va vraiment mettre le bazar, c’est l’histoire de l’âge pivot enterré par Emmanuel Macron à la rentrée à la fin d’une interview. Le grand débat version retraite n’a pas apporté de clarté non plus. Comme le résume un autre ministre : "Plus on en parle, plus c’est compliqué". 

Inquiétudes et mobilisations en hausse

L’inquiétude continue de monter, chez tout le monde. Les mesures d’égalité ne sont pas comprises puisqu’il y a beaucoup de gens, et pas seulement les régimes spéciaux, qui vont y perdre. Le régime par point est anxiogène par nature puisque le montant du point est inconnu. Aujourd’hui, 64% des Français selon Elabe… soutiennent la mobilisation contre la réforme. 49% des électeurs d’Emmanuel Macron ! C’est énorme. À moins d’un mois des grèves dans les transports ce sont de très mauvais chiffres. 
 
Involontairement ou pas, les atermoiements de l’Élysée renforcent la détermination des grévistes. Ils leur font penser qu’avec leur mobilisation ils pourraient faire reculer Emmanuel Macron. Car il a montré et veut garder une sortie de secours si les gréves virent comme en 95. Sa sortie de secours, c’est la fameuse "clause du grand-père"C’est-à-dire que la réforme ne concernerait que les jeunes qui commencent à travailler. Cela repousse de 40 ans ses effets ! Mais cette sortie de secours va motiver plus que jamais les grévistes. Plus ils seront nombreux, plus ils pourront enfoncer cette porte et tuer la réforme. Emmanuel Macron dans toute cette histoire n’a jamais cessé de provoquer ses propres ennuis.

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