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Présidentielle : Christine Boutin raconte le moment où elle a décidé d'être candidate

LE JOUR OÙ J'AI DIT OUI - Avant 2012, Christine Boutin s'était déjà lancée dans la course à l'Élysée en 2002. Pour RTL, elle a accepté de revenir sur cette période où elle s'est dit "oui j'y vais".

Christine Boutin lors de sa démission du Conseil départemental des Yvelines, à Rambouillet, le 21 octobre 2017.
Christine Boutin lors de sa démission du Conseil départemental des Yvelines, à Rambouillet, le 21 octobre 2017.
Crédit : Thomas Samson / AFP
Présidentielle : le jour où j'ai dit oui, Christine Boutin en 2002
05:04
Jacques Serais - édité par Sarah Belien

Christine Boutin le jure ! Se présenter un jour à l’ultime élection, elle n’y avait jamais pensé. L'Élysée, le château, ne figurait pas dans ses plans. Pas un souhait. Pas même, un rêve. 
Non avant 2002, année qui la verra concourir finalement aux suffrages des Français, Christine Boutin patiente sur les bancs de l’Assemblée nationale. Elle y est bien sûr son strapontin, rangée UDF, le groupe de centre-droit.

La députée des Yvelines honore alors son quatrième mandat quant à la fin des années 90, le gouvernement Jospin souhaite mettre en place le Pacs, le pacte civil de solidarité. "C'est à ce moment-là que je suis sortie de l'anonymat. J'étais élue depuis 1986 mais c'est moi qui ai mené le combat contre le Pacs", raconte-t-elle.

Car pour la fervente catholique Christine Boutin, hors de question de laisser passer ce texte dans lequel elle dénonce à l’époque, au travers des lignes, la création d’un mariage homosexuel. "Je ne suis pas favorable au mariage des homosexuels parce que je ne crois pas qu'il soit bon d'ériger en norme l'homosexualité", disait-elle à l'époque.

Tension avec Lionel Jospin

La porte-drapeau de la droite conservatrice prend la lumière, attire les micros au Palais Bourbon. Et provoque un jour de décembre 98 la foudre du Premier ministre Lionel Jospin. "C'est le choix de confier sa vision de ce problème de société à une députée marginale sur ces questions et outrancière dans ces propos qui a créé ces problèmes", a-t-il lancé.

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Christine Boutin sort en pleurs de l’hémicycle. "La première chose que j'aimerais dire, c'est qu'à un moment, le Premier ministre veut soi-disant réhabiliter la place des femmes dans la vie politique. Je laisse au peuple de France le choix de juger de ces paroles", affirme-t-elle. Des larmes qui confortent sa notoriété grandissante. La députée en fait d'ailleurs un livre : Les larmes de la République !

La graine de la présidentielle

Quelques mois plus tard, Christine Boutin a rendez-vous avec un petit groupe de journalistes pour échanger de manière informelle à deux pas de l’Assemblée. Et une question va la laisser bouche bée. À 77 ans, dans sa maison du Croisic, elle s’en souvient comme si c’était hier. "On devait prendre un café ensemble et d'un coup il m'a dit 'est-ce que vous pensez à l'élection présidentielle ?' Je les ai regardés, j'ai trouvé ça complètement farfelu", se remémore Christine Boutin.

La graine de la présidentielle est plantée. De là, l’idée de se présenter va germer. "À partir de ce moment-là je me suis dit que si ça vient à l'esprit des observateurs politiques comme les journalistes, c'est peut-être que je représente quelques chose et je peux peut-être les porter", confie-t-elle.

Très rapidement, elle fait alors part à son mari de sa réflexion. "Dans mon discernement, j'avais besoin de voir sa réaction. S'il m'avait dit 't'es complètement folle', peut-être que ça n'aurait pas cheminé, en tout cas j'aurais mis plus longtemps à prendre la décision. Bien sûr il a été surpris, mais il ne m'a pas dissuadé du tout", évoque Christine Boutin.

Dieu ne m'a pas dit 'il faut que tu y ailles'. Pour moi, un élément de discernement c'était la paix intérieure que j'avais dans le cœur

Christine Boutin

Elle prévient ses trois enfants âgés d'une trentaine d'années. Et puis il y la prière, comme une évidence pour celle qui se voit comme la candidate des catholiques. "Dieu ne m'a pas dit 'il faut que tu y ailles'. Mais la réponse de Dieu se traduit de façon très diverse. Pour moi, un élément de discernement c'était la paix intérieure que j'avais dans le cœur", raconte l'ancienne UMP.

En Juin 2001, Christine Boutin franchit le pas. Elle se lance officiellement dans l’arène en donnant une conférence de presse. "Mes chers compatriotes. La famille est le lieu privilégié de l'apprentissage de ce qui permettra à l'enfant d'aujourd'hui d'être l'adulte de demain", avait-elle déclaré à l'époque.

Christine Boutin récolte 1,3% des voix

La campagne est lancée : "Pendant un an, je n'ai pas arrêté". Christine Boutin parcourt la France. Près de 20 ans plus tard, l’ex-candidate à l’Elysée porte un regard presque ému sur cette expérience. "C'est magnifique une campagne. Vous voyez les gens et là ils ne vous cirent pas les chaussures. Les gens vous parlent directement. Et là j'ai pu découvrir la France. J'ai pu comprendre un peu mieux la France", admet-elle.

Le 21 avril 2002, Christine Boutin ne récoltera qu’1,3% des voix. Un score très faible qui ne l’empêchera pas cependant de négocier son soutien à Jacques Chirac pour le second tour. "Je lui ai dit 'écoutez, je vous apporte mon soutien si vous vous engagez à trois choses : pas d'euthanasie, pas de loi bioéthique, pas d'allongement pour le délai sur l'avortement.' Et il l'a tenue. Les 1,3 ont un sens". Et ça c’est déjà une victoire à ses yeux…

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