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Présidentielle 2022 : comment Macron entre peu à peu dans la bataille

DÉCRYPTAGE - Le président de la République a décidé de descendre dans l'arène, à quatre mois de l'élection présidentielle, en s'emparant de sujets d'actualité.

Emmanuel Macron, le 8 décembre 2021
Emmanuel Macron, le 8 décembre 2021
Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad

Un casting complet. A quatre mois de l'élection présidentielle, les partis et forces politiques se sont tous dotés de leur candidat. Tous ? Presque. Après l'officialisation de la candidature d'Eric Zemmour et le sacre de Valérie Pécresse chez Les Républicains, seul Emmanuel Macron n'a pas annoncé son intention de briguer un nouveau mandat. 

Même si le doute persiste peu sur sa volonté de se présenter en 2022, le président de la République joue la montre. En déplacement à Vierzon, Emmanuel Macron a estimé que "les gens ne rentrent pas dans l'élection avant février-mars". Une façon de dire qu'il va falloir s'armer de patience avant d'en savoir davantage. 

Interrogé par nos confrères de BFMTV sur le dernier sondage plaçant Valérie Pécresse au second et en position de l'emporter face à lui et sa candidature éventuelle, Emmanuel Macron a répondu d'un franc : "C'est bien tenté".

Imposer une vision différente de celle prônée par Zemmour

En attendant, le chef de l'Etat a décidé de descendre dans l'arène. Il revêt jour après jour un peu plus le costume de candidat. Comment ? En se positionnant sur des sujets d'actualité, dont certains sont lancés par ses adversaires. Dernier en date ? Les propos d'Eric Zemmour sur le maréchal Pétain. 

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A quelques heures d'un déplacement à Vichy, Emmanuel Macron a appelé à ne "pas manipuler l'Histoire". "Vichy nous renvoie à une histoire. Cette histoire nous l'avons vécue, elle est écrite par les historiennes et historiens", a-t-il indiqué sur France Bleu Pays d'Auvergne. Durant cette réponse de plusieurs secondes, le chef de l'Etat n'a pas prononcé une seule fois le nom d'Eric Zemmour. 

Le 16 novembre dernier, le Président était en visite à Béziers. Là encore, Emmanuel Macron a donné sa vision de l'actualité politique. "On ne répond jamais aux difficultés du temps en ayant la nostalgie d'un passé qui n'est plus", déclarait-t-il. Rebelote devant le congrès des maires de France, porte de Versailles à Paris. "Quels que soient les vents mauvais, l'ensemble de nos compatriotes, toujours, nous regardent", assurait le chef de l'Etat. Suivez son regard. 

Début décembre, l'entourage du président confiait : "Le président ne peut pas rester silencieux face aux thèmes nauséabonds portés par Éric Zemmour".

Une réaction à l'affaire Hulot

Autre actualité, autre sujet : France 2 a diffusé une enquête dans laquelle plusieurs femmes ont accusé Nicolas Hulot de viols et d'agressions sexuelles. Emmanuel Macron a abordé le sujet en Conseil des ministres. Selon des propos rapportés par des participants, le président de la République a indiqué souhaiter ni "opacité", ni "complaisance" ni "inquisition" à propos des accusations d'agressions sexuelles et de viol contre son ancien ministre

En réponse, le collectif de quatorze femmes qui se sont déclarées victimes de violences sexuelles de la part de Nicolas Hulot et de Patrick Poivre d'Arvor ont dénoncé ces propos. Dans une tribune publiée dans Le Monde ce mercredi 8 décembre, elles déclarent : "Nous ne sommes pas les bourreaux". "Quel est le rapport entre nos récits et l'Inquisition ? De nos intimités exposées naîtrait le risque de replonger la France dans une des périodes les plus sombres et les plus unanimement détestées de l'histoire occidentale?", écrivent-elles. 

"En agitant la menace inquisitoriale, vous en rajoutez une couche, vous nous dites que nous sommes dangereuses. Une pièce de plus dans la machine à taire. Mettre nos misères en lumière risquerait d'enfoncer la France dans les ténèbres ? Nos récits ne devraient-ils pas faire avancer le droit plutôt que de le faire reculer jusqu'aux horreurs de l'Inquisition ?", poursuivent-elles. 

Une stratégie payante ?

Selon l'éditorialiste politique de RTL Olivier Bost, "Emmanuel Macron peut répliquer". "Mais il ne peut pas répliquer à tout et descendre dans la mêlée. Dans la majorité, personne ne peut vraiment jouer les contre-feux. La deuxième ligne attend trop souvent la parole du chef avant de dire quoi que ce soit", estime-t-il.

En attendant, Emmanuel Macron peut compter sur une nouvelle garde rapprochée incarnée par des anciens membres des Républicains qui ont décidé de quitter le parti. Le maire de Nice, Christian Estrosi, a rejoint le parti d'Edouard Philippe Horizons. Interrogé sur le sondage qui place Valérie Pécresse devant le président au second tour, ce baron de la droite dans le sud décrit "une photo instantanée d'un instant où les Français se préoccupent peu des élections présidentielles".

L'enjeu pour le président est de retrouver la magie de la campagne pour l'élection présidentielle de 2017. C'est pourquoi, il décide de ne pas se laisser submergé par l'actualité dictée par ses opposants politiques. Mais la montagne s'annonce dure à gravir à en croire un ami du président. "On ne retrouvera jamais l’esprit de conquête de 2017".

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