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Pourquoi les États généraux de la laïcité sont-ils critiqués ?

Lancés ce mardi 20 avril par Marlène Schiappa, les États généraux de la laïcité visent à avoir un débat apaisé sur le sujet. Mais ils sont déjà largement critiqués.

Marlène Schiappa, le 30 mars 2021 à l'Assemblée nationale
Marlène Schiappa, le 30 mars 2021 à l'Assemblée nationale
Crédit : Bertrand GUAY / AFP
Coline Daclin & AFP

Les États généraux de la laïcité débutent ce mardi 20 avril, et dureront jusqu'à l'été. Lancée par le gouvernement, cette initiative consiste en des débats avec "des tables rondes et des groupes de travail sur la liberté d'expression, la recherche, la jeunesse, l'intégration citoyenne", a indiqué Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, dans Le Journal du dimanche.

Des "cartes blanches" seront aussi confiées à des associations, comme la Licra, et une "grande consultation" sera lancée auprès de 50.000 jeunes, sur le sitemake.org. Objectif de l'opération : toucher la jeunesse et avoir un débat apaisé sur ce sujet sensible.

Mais à peine annoncés, les États généraux de la laïcité sont déjà critiqués. En cause notamment, le timing du lancement de l'initiative, juste après l'adoption la semaine dernière du projet de loi luttant contre le séparatisme en première lecture au Sénat. "On ne fait pas un débat après une loi", a dénoncé lundi 19 avril sur FranceInfo l'eurodéputé EELV Yannick Jadot.

La CFDT a également demandé d'"arrêter de faire de la laïcité un objet d'agitation médiatique permanent". Le syndicat de Laurent Berger, invité par la ministre, lui a fait savoir que "ce genre d'initiative était mal choisie alors que la loi" contre le séparatisme "est encore dans les tuyaux (et pose bien des problèmes)".  

Une remise en question de l'Observatoire de la laïcité

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Autre sujet de polémique, la remise en question de l'Observatoire de la laïcité. Le gouvernement fait des propositions pour remplacer cette institution, présidée pendant huit ans par l'ancien ministre socialiste Jean-Louis Bianco. Elle est accusée par certains politiques et des membres du Printemps républicain, un mouvement qui défend sa vision de la laïcité, d'avoir été laxiste contre l'islamisme

"On prépare le terrain pour remplacer l'Observatoire de la laïcité, qui faisait un excellent travail [...] par un nouvel organe à la solde du gouvernement", a jugé Aurélien Taché, député ex-LREM, qui qualifie ces États généraux d'"opération de communication grotesque"

La question de la laïcité à la française est pour le moins sensible dans le pays. Elle oppose régulièrement deux camps : les partisans du respect de la liberté religieuse tant qu'elle ne trouble pas l'ordre public et les tenants d'une ligne plus stricte, au nom notamment de la lutte contre le séparatisme islamiste. Les positions au sein du gouvernement du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, de Marlène Schiappa ainsi que le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer, qui semblent plutôt partisans de la deuxième option, ont été largement critiqués, notamment ces derniers mois avec des débats sur "l'islamogauchisme" au sein de l'université.  

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