3 min de lecture Présidentielle 2022

Présidentielle 2022 : des nouveaux obstacles se dessinent pour Yannick Jadot

DÉCRYPTAGE - Yannick Jadot tente de rassembler la gauche pour obtenir une candidature commune pour la présidentielle de 2022. Outre les négociations entre le PS, LFI, EELV et le PCF, l'eurodéputé écologiste doit surtout faire face à son propre camp.

Yannick Jadot, l'eurodéputé écologiste à Paris en mars 2017
Yannick Jadot, l'eurodéputé écologiste à Paris en mars 2017 Crédit : Philippe Lopez / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La pression s'accentue à gauche de l'échiquier politique. Selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche, Emmanuel Macron, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse l'emporteraient face à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2022. A gauche, aucun candidat ne réussirait à s'imposer face à la candidate du Rassemblement national. Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot seraient battus et Anne Hidalgo ferait jeu égal. 

Un coup dur pour les représentants de la gauche, à un an de l'élection présidentielle, où certains plaident depuis plusieurs semaines pour une candidature unique. Le leader de la France insoumise obtiendrait le meilleur score, selon le sondage, situé entre 10 à 13,5% des voix, en fonction des différents cas de figure. 

Candidature commune ou multiplication des candidats ne changeraient rien pour les personnes interrogées. Aucun de ces candidats ne dépasse 10% d'intentions de vote

Prudence du côté de la France insoumise

Pressé par Yannick Jadot de trouver un terrain d'entente pour constituer une candidature commune, la gauche est face à un moment charnière. Les deux principaux acteurs de cette mission sont l'eurodéputé EELV et Jean-Luc Mélenchon. L'entourage de Yannick Jadot explique à L'Opinion, la nécessité de "ne plus se tirer dessus", à gauche. Et pour cela l'écologiste a revêtu le costume de diplomate et "est tout le temps au téléphone" avec les autres représentants politiques.

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Sur FranceinfoBenoît Hamon a déclaré qu'il serait "criminel" pour la gauche de ne pas se rassembler pour 2022. "On ne peut pas dire : 'Nous voulons le bien du plus grand nombre' et finalement au moment d'être candidat, tout faire pour perdre", a expliqué l'ancien candidat socialiste pour la présidentielle de 2017. 

Dans les rangs de la France insoumise, les négociations avancent avec prudence. "L’objet de cette réunion est devenu plus confus à mesure que les jours ont passé. Il a été question de législatives pour 2022 et même de candidat commun à la présidentielle", explique-t-on au sein du parti au journal. 

EELV freine

La tâche s'annonce encore plus périlleuse. La direction de EELV rappelle que Yannick Jadot n'est pas le candidat officiel des écologistes. Le parti a présenté ce lundi son programme en vue de la présidentielle et surtout de sa primaire maintenue en septembre. "La discussion est difficile au sein d'EELV en ce moment", confie à l'AFP Alain Coulombel. "L'initiative de Jadot a été mal reçue par une grande partie du bureau exécutif car elle vient bousculer le timing de la direction. Il a bousculé les codes sans prévenir mais s'il l'avait fait, l'initiative n'aurait pas existé", explique-t-il. 
 
Le secrétaire national d'EELV Julien Bayou campe sur ses positions. Son élection à la tête du parti "s'est joué sur la préparation de 2022" où il a "été mandaté à 100% pour organiser cette primaire", rappelle-t-il. Soutenu par Éric Piolle, le maire écologiste de Grenoble a indiqué qu'il "ne faut pas faire de hold-up sur l'union". "La maison commune se construit dans la confiance et la constance", souhaite-t-il en affichant une prudence par rapport à la proposition de Yannick Jadot d'établir une candidature commune à gauche. 

Le PCF se lance

Le PCF, lui, avance ses pions en attendant un accord à gauche. Quinze ans après Marie-George Buffet, Fabien Roussel a été investi par la conférence nationale du parti pour mener la bataille électorale de 2022. Une large majorité, plus de 73%, a voté en sa faveur. 

"Je demande aux autres forces de gauche et aux écologistes de respecter notre choix", a-t-il déclaré après le vote. Il a d'ailleurs d'office indiqué qu'il irait "jusqu'au bout". Au sein Parti communiste, l'idée d'une candidature unique ne séduit pas. Dès la fin mars, 200 cadres et militants l'avaient fait savoir. 

Dans un courrier transmis à l'AFP, ils estiment que "la multiplicité actuelle des candidatures montre qu'en l'état, toutes ont renoncé à la possibilité d'une victoire en 2022". Dans les semaines à venir, chacun prend le risque de se regarder en chien de faïence, ce qui viendrait déjouer les plans de Yannick Jadot.

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