1. Accueil
  2. Actu
  3. Justice et faits divers
  4. Comment l'État organise-t-il la lutte contre l'islamisme ?
2 min de lecture

Comment l'État organise-t-il la lutte contre l'islamisme ?

ÉCLAIRAGE - Les services de l'État dévoués à la lutte contre l'islamisme ne disposent pour l'instant que d'un pouvoir de vérifications administratives.

Le ministère de l'Intérieur (illustration).
Le ministère de l'Intérieur (illustration).
Crédit : Ludovic Marin / AFP
Islamisme : comment l'État organise-t-il la lutte ?
07:43
Alice Moreno
Journaliste

Depuis deux ans déjà, le gouvernement a installé des Cellules de Lutte contre l'islamisme et le repli communautaire (CLIR). Leur objectif : viser les structures supposées islamistes. Mais pour ce faire, elles se contentent de vérifier qu'elles sont bien en règle avec l'administration.

En réalité, il s'agit tout simplement du seul angle d'attaque qui est à la disposition de l'État pour lutter contre ces structures. Il n'existe pas - en tout cas pas encore - de délit de séparatisme à proprement parler.

Les autorités vont donc, faute de mieux, enquêter sur le terrain administratif, pour contraindre, parfois, des établissements clandestins à fermer et ainsi empêcher leur activité supposée ou avérée de promotion de l'islamisme. Autre difficulté : les structures visées savent de plus en plus qu'elles doivent être irréprochables sur le plan administratif pour avoir la paix.

Une détection compliquée

Détecter ce séparatisme islamiste est de toute façon très difficile. Les promoteurs de l'islam politique, radical, agissent discrètement. Ils sont adeptes de la Taqiaa : l'art de la dissimulation.

À lire aussi

Dans un reportage de RTL à Nîmes, on constate le grand écart qui peut exister entre les soupçons des services d'enquête et ce qu'ils trouvent lors de contrôles. Là où ils s'attendent à voir une récitation du Coran imposée aux enfants, un sectarisme entre musulmans, ils trouvent des dizaines d'enfants suivant des cours de langue, en musique. À l'arrivée, impossible de dire si oui ou non, cette structure fait du prosélytisme, prône une éducation séparatiste.

Des centaines de lieux fermés

Depuis leur installation en 2019, les CLIR ont ordonné la fermeture de plusieurs centaines de lieux. En octobre dernier, par exemple, une école clandestine qui accueillait 80 enfants a été fermée à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Des fillettes de trois ou quatre ans y étaient contraintes de porter le voile et les petits scolarisés, si l'on peut dire, dans des conditions indignes..


Dans la communauté musulmane, certains voient d'un très bon œil ces contrôles pour détecter les organismes islamistes et ainsi mieux préserver la pratique de l'islam modéré en France. En revanche, des associations musulmanes, contactées par RTL, alertent sur le sentiment de "chasse aux sorcières".

Le risque encouru, selon eux, c'est le prosélytisme qui se développe encore plus en sous-marin, sur Internet par exemple. Le sentiment de stigmatisation, de persécution, qui existe chez certains au sein de la communauté musulmane est souvent manipulé par les islamistes pour les recruter.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/