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Municipales à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Lille : à un mois du scrutin, que disent les sondages ?

À un mois des élections municipales, le suspens est à son comble dans les grandes villes françaises. RTL.fr fait le point sur les candidatures, les alliances et les derniers sondages à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Lille.

Un bureau de vote (illustration)

Crédit : AFP

Hugo Palacin

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Dans un mois jour pour jour, le premier tour des élections municipales se tiendra en France. Un scrutin attendu par toutes les formations politiques, qui déclenchera dans la foulée la campagne pour l'élection présidentielle de 2027.

Les enjeux sont différents pour chaque parti. Le PS et LR espèrent conserver, voire conquérir de nouvelles grandes villes, quand les Écologistes et Renaissance vont tenter de limiter la casse, en tentant de garder dans leur giron les quelques municipalités conquises en 2020. Pour le RN et pour LFI, cette échéance électorale s'annonce cruciale afin d'obtenir davantage d'ancrage territorial.

À Paris, les élections municipales pourraient donner lieu à une situation rarissime. Selon les derniers sondages, cinq candidats sont en capacité de recueillir au moins 10% des suffrages, seuil qualificatif pour le second tour. Dans ce cas, une quadrangulaire, voire une quinquangulaire, est envisageable.

Paris : des trouble-fêtes s'invitent dans le duel Grégoire-Dati

Pour succéder à Anne Hidalgo, la maire socialiste depuis 2014 qui a décidé de ne pas se représenter, son premier adjoint, Emmanuel Grégoire, semble le mieux placé au premier tour. Soutenu par le PS, les Écologistes et le PCF, il recueille autour de 31% d'intentions de vote dans le dernier sondage en date réalisé par Harris interactive, et devance Rachida Dati, candidate du MoDem et de LR, donnée à 27%.

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Derrière, Pierre-Yves Bournazel, soutenu par Renaissance et Horizons, est crédité de 14% d'intentions de vote, contre 10% pour l'insoumise Sophia Chikirou, et 12% pour Sarah Knafo, candidate de Reconquête. Les résultats de ces trois candidats et leur stratégie d'entre-deux-tours seront déterminants pour départager les deux favoris, Emmanuel Grégoire et Rachida Dati.

S'ils décident de se désister en appelant à voter pour Rachida Dati, Sarah Knafo et Pierre-Yves Bournazel pourraient permettre à Paris de basculer à droite. Situation similaire à gauche, puisque si Sophia Chikirou accède au second tour, elle priverait Emmanuel Grégoire d'une importante réserve de voix.

Dans l'hypothèse d'un duel Grégoire-Dati le 22 mars dans les urnes, les différents instituts de sondage placent les deux candidats au coude-à-coude et peinent à dégager un favori. La preuve que les tractations et alliances d'entre-deux-tours occuperont une place centrale dans l'élection du prochain maire de la capitale.

Pour le reste des candidats placés sous la barre des 10% au premier tour, Marielle Saulnier (Lutte ouvrière) est créditée de 1% des voix, et Thirry Mariani (RN) de 5% des suffrages.

Lyon : un boulevard pour Jean-Michel Aulas ?

Qu'est-ce qui peut empêcher Jean-Michel Aulas de devenir le prochain maire de Lyon ? C'est la question que l'on se pose à la vue des sondages successifs qui donnent une large avance au candidat soutenu par les partis du camp présidentiel (Renaissance, Horizons, MoDem), LR et l'UDI. Crédité de 44% d'intentions de vote par le dernier sondage de l'Ifop, il devance assez largement le maire écologiste sortant, David Doucet (30%), bien qu'également soutenu par le PS et le PCF.

Derrière eux, ni la candidature de l'insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi (8%), ni celle d'Alexandre Dupalais, soutenu par le RN et l'UDR (8%) ne semblent en mesure de venir troubler ce duel. Pas plus que celles de Nathalie Perrin-Gilbert, investie par le PRG, et de Georges Képénékian, l'ancien maire éphémère centriste, respectivement crédités de 4% et 5% d'intentions de vote en moyenne.

Au second tour, tous les sondages placent Jean-Michel Aulas en tête. L'ancien président de l'Olympique lyonnais recueillerait 60% des suffrages, contre 40% pour son adversaire écologiste.

Marseille : Benoît Payan au coude-à-coude avec le RN

Comme à Lyon, à Marseille, le maire sortant entend rempiler pour un second mandat. Mais dans la cité phocéenne, le socialiste Benoît Payan semble mieux positionné que son confrère lyonnais. Soutenu par le PS, le PCF et les Écologistes, l'édile est donné au coude-à-coude dans les sondages avec le candidat du RN et de l'UDR, Franck Allisio. Les deux hommes recueilleraient 31% des voix au premier tour, selon la dernière étude d'opinion réalisée par OpinionWay.

Derrière eux, la présidente de la métropole d'Aix-Marseille-Provence, Martine Vassal, investie par le camp présidentiel et LR, est créditée de 20% d'intentions de vote, contre 14% pour le député insoumis et ancien chauffeur de Jean-Luc MélenchonSébastien Delogu. Comme à Paris, ce sont ces candidats arrivés à des positions inférieures, mais en mesure de se qualifier pour le second tour, qui joueront certainement un rôle déterminant dans l'élection du prochain maire de Marseille. Rémy Bazzali (LO) recueillerait 1% des suffrages, contre 3% pour Erwan Davoux (DVD).

En cas d'alliance avec Sébastien Delogu ou de retrait de ce dernier, Benoît Payan semble bien positionné pour l'emporter au second tour. Mais si l'insoumis se maintient, l'écart semble se resserrer avec Franck Allisio. La variable d'ajustement semble se trouver du côté de l'électorat de Martine Vassal. Si celle-ci ne se maintient pas au second tour, l'inconnue réside dans la part de son électorat qui se reportera sur Benoît Payan, ou sur Franck Allisio. Là encore, les accords et tractations d'entre-deux-tours joueront un rôle essentiel. Le suspens reste entier à un mois du scrutin.

Bordeaux : large coalition de centre et de la droite face au maire écologiste Pierre Hurmic

À l'instar de Lyon, Bordeaux pourrait changer d'édile en mars. Le maire écologiste sortant, Pierre Hurmic, est en mauvaise posture, à en croire les sondages, bien que soutenu par le PS et le PCF. L'étude d'OpinionWay le crédite de 32% d'intentions de vote au premier tour, contre 26% pour l'ancien ministre Thomas Cazenave, investi par le camp présidentiel et LR.

L'économiste Philippe Dessertine (sans étiquette) est estimé à 12%, contre 13% pour Julie Rechagneux, candidate du RN, et 15% pour Nordine Raymond candidat de LFI.

Là aussi, une quadrangulaire, voire une quinquangulaire, est possible au second tour, et les alliances et désistements éventuels viendront déterminer en grande partie l'élection du prochain maire de Bordeaux. Selon OpinionWay, si Julie Rechagneux se désiste, Thomas Cazenave pourrait ravir la mairie à Pierre Hurmic.

Lille : la gauche en ordre dispersé pour succéder à Martine Aubry

Afin de préparer au mieux la transition pour cette ville qui est sous bannière socialiste depuis 70 ans, Martine Aubry avait intronisé son successeur : Arnaud Deslandes, son premier adjoint. Il n'est cependant pas le seul candidat à gauche. Les Écologistes sont représentés par Stéphane Baly, la France insoumise par Lahouaria Addouche. Chez Renaissance, la députée Violette Spillebout mènera la liste du parti. Les Républicains seront représentés par Louis Delemer et le Rassemblement national par l'eurodéputé Matthieu Valet.

Aucun sondage récent n'a été publié. Dans une étude de l'Ifop commandée par le PS en septembre 2025, Arnaud Deslandes (PS) est crédité de 27% des intentions de vote. L'écologiste Stéphane Baly obtiendrait 19% des voix, talonné par Violette Spillebout (Renaissance) à 18%. Suivie de Lahouaria Addouche (LFI) à 16% et Matthieu Valet (RN) à 11%. Louis Delemer (LR) recueillerait 9% des suffrages.

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