2 min de lecture

"Écoutez vous autres" : comment Jean-Luc Mélenchon est devenu le tribun "insoumis" de la gauche

Dans le paysage politique français, Jean-Luc Mélenchon ne laisse personne indifférent. Autrefois sénateur au ton calme, le leader de la France insoumise est depuis devenu un orateur qui use des mots et des phrases chocs.

Jean-Luc Mélenchon, le 6 décembre 2025

Crédit : Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Jean-Luc Mélenchon : entre le jeune sénateur socialiste et le leader de LFI, le jour et la nuit

00:03:00

Jean-Luc Mélenchon : entre le jeune sénateur socialiste et le leader de LFI, le jour et la nuit

00:03:00

Agnès Bonfillon - édité par Alexian Giron

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Mardi 10 février 2026, La France insoumise fêtera ses 10 ans. Le parti a été créé en 2016 par Jean-Luc Mélenchon, un orateur hors pair. Son style a bien changé au fil des années.

En 1992, celui qui est alors sénateur PS de l'Essonne s'incline aux cantonales pour 73 voix. D'un ton calme et posé, Jean-Luc Mélenchon, âgé de 41 ans, peste contre un candidat écologiste ayant refusé de se désister en sa faveur : "Si maintenant la mode c'est de se maintenir dès qu'on a 10% des voix quoi qu'il arrive, il n'y aura plus un seul élu de gauche dans ce pays", analyse-t-il dans une vidéo publiée par l'INA

Le 16 octobre 2018, le ton a bien changé. "La République, c'est moi !", s'égosille-t-il devant les caméras den Quotidien dans le cadre d'une perquisition au siège de son parti. Entre le jeune sénateur socialiste et le leader de la France insoumise qui explose devant les caméras, c'est le jour et la nuit. 

Jean-Luc Mélenchon surnommait François Mitterrand "tonton"

Cette métamorphose a été progressive. En 1987, dans l'une de ses premières apparitions à la télévision, Jean-Luc Mélenchon se montrait élogieux envers le président de la République : "Lui, il n'a pas besoin de se mettre un Walkman sur la tête pour avoir l'argent. D'ailleurs, il n'essaye pas. Il y a une sympathie à l'égard de François Mitterrand qui est très forte, très profonde. Ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle tonton", expliquait-il d'un ton posé dans une vidéo publiée par l'INA.

Le premier tournant intervient lorsqu'il claque la porte du Parti socialiste en 2008 et qu'il fonde le Front de gauche. Mélenchon change de costume et monte le volume. Seul sur scène, souvent sans pupitre, il occupe l'espace comme un tragédien. Point levé, silence millimétré, il devient un vrai tribun. L'homme politique français aime les mots et les joutes verbales. 

Écoutez vous autres, les fâchés qui n'êtes pas fachos

Jean-Luc Mélenchon à propos des électeurs de Marine Le Pen lors d'un meeting, en 2022.

Dans les débats, Jean-Luc Mélenchon coupe la parole, ironise, hausse le ton, s'emporte, comme en témoigne ce face-à-face avec Marine Le Pen en 2002, lorsque celle-ci l'accuse de faire croire aux Français que tous les politiques sont malhonnêtes. L'ancien sénateur s'emporte : "Moi ? Moi ? Moi ? Mais qui elle est celle-là ?", s'insurge-t-il. 

Pendant toute sa carrière, Jean-Luc Mélenchon n'a fait que cultiver et développer cette marque de fabrique en paufinant les formules chocs. "Écoutez vous autres, les fâchés qui n'êtes pas fachos", dit-il, par exemple, lors d'un meeting en 2022, concernant les électeurs de Marine Le Pen.

Ce qui séduit sa base militante est sa façon d'haranguer la foule, d'être dans l'excès, parfois brutal. En 2017 et 2022, il frôle d'ailleurs le second tour de la présidentielle. Un personnage qui ne laisse personne indifférent. Jean-Luc Mélenchon est une sorte de tribun antique dans une démocratie moderne. 

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info