3 min de lecture

"Pas une once d'extrémisme" : Sarah Knafo et Reconquête appartiennent-ils à l'extrême droite ?

Invitée de RTL ce vendredi 16 janvier, la candidate aux élections municipales à Paris a indiqué que son "objectif" était de faire gagner la droite" et s'est défendue d'appartenir à l'extrême droite.

Sarah Knafo, le 12 janvier 2026

Crédit : Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Municipales à Paris : "Je suis là pour multiplier les voix de la droite", déclare sur RTL Sarah Knafo

00:10:20

Municipales à Paris : "Je suis là pour multiplier les voix de la droite", déclare sur RTL Sarah Knafo

00:10:20

Marie-Pierre Haddad

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Des "sornettes". Invitée de RTL ce vendredi 16 janvier, Sarah Knafo assure ne pas avoir "une once d'extrémisme" en elle et se défend de faire partie de l'extrême droite. Numéro 2 du parti d'Éric Zemmour Reconquête, elle a officialisé sa candidature pour les élections municipales à Paris. "Mon objectif, c'est de faire gagner la droite. Donc, je suis là pour multiplier les voix de la droite, pour mobiliser des électeurs dans tout Paris", a-t-elle affirmé.

Si Sarah Knafo explique ne pas appartenir à l'extrême droite, où se situe-t-elle sur l'échiquier politique ? L'eurodéputée s'est fixée une ligne : "Jamais, je ne ferai gagner la gauche". 

À l'antenne de RTL le 12 janvier, l'éditorialiste de RTL Alain Duhamel décrit Sarah Knafo comme "un personnage original" et "nouveau" dans le paysage politique français. "Elle est d'extrême droite", assure-t-il. "La différence avec Éric Zemmour, c'est qu'elle est la même extrême droite sans les dérapages".

"Un courant de pensée assez ancien"

Contacté par RTL.fr, le politologue et chercheur au CNRS au Cevipof Bruno Cautrès note qu'il existe "une controverse sémantique sur les mots 'extrême droite'". "Sarah Knafo ne veut pas être étiquetée à l'extrême droite. L'idée est davantage de se définir comme patriote et souverainiste", analyse-t-il. 

À lire aussi

Selon lui, l'extrême droite comme "un courant de pensée assez ancien et profondément ancré dans la question nationale et la question de l'identité". 

En effet, l'extrême droite en France remonterait à la période la Révolution française. Dans le livre Nouvelle histoire de l'extrême droite, France 1780 à 2025, l'historien Baptiste Roger-Lacan explore les différentes évolutions au sein de l'Hexagone. Sur France Culture en novembre 2025, ce dernier expliquait que l'extrême droite "considère qu’elle est la vraie droite, qu'elle est la seule qui n'a pas trahi, qui ne s'est pas compromise avec le jeu démocratique, pipé en faveur de la gauche, et donc qu’elle n’aurait pas commis l’erreur de la droite gouvernementale".

Identité nationale et déclin civilisationnel

Depuis, le Rassemblement national se situe "à la droite de la droite", donc "à l'extrémité du spectre politique", selon Bruno Cautrès. "Ce parti continue de se différencier de la droite Les Républicains, que ce soit sur l'économie ou sur l'intégration européenne et mondiale de la France. Quant à Reconquête, ils sont très proches du RN, notamment parce qu'une partie de l'état-major du parti d'Éric Zemmour viennent de la matrice Rassemblement national", poursuit-il. 

"La ligne politique de Reconquête s'articule autour de l'identité nationale, du déclin civilisationnel, de l'amour de la patrie ou encore de l'intégration à l'échelle mondiale", ajoute Bruno Cautrès.

Sur de RTL, Sarah Knafo a pris l'exemple de Donald Trump et de son "volontarisme". "Il a réussi à montrer que sur l'immigration, notamment clandestine, on arrivait à obtenir des résultats très rapides", a-t-elle expliqué. La candidate Reconquête aux municipales à Paris a aussi indiqué vouloir regarder "ce que fait Javier Milei (le président de l'Argentine, ndlr) en me demandant si le déplafonnement des prix des loyers n'est pas une bonne solution". L'eurodéputée a aussi cité la présidente du conseil italien Giorgia Meloni.

Au Parlement européen, Sarah Knafo siège au sein du groupe "L'Europe des nations souveraines". Comme l'indique le site Toute l'Europe, ce groupe "constitue la troisième formation politique d'extrême droite de l'hémicycle aux côtés des 'Conservateurs et réformistes européens' et des 'Patriotes pour l'Europe'". Sur 25 députés que compte cet groupe, 14 sont issus de l'AfD, le parti d'extrême droite en Allemagne.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info