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Municipales 2026 à Paris, Lyon, Marseille, Calais, Roubaix, Grenoble, Menton : les 35 villes à suivre absolument

À trois jours du premier tour des élections municipales, la campagne s'accélère avec l'organisation des derniers meetings. Plusieurs villes pourraient voir leur étiquette changer au soir du second tour. RTL.fr vous résume les matchs à suivre.

Une personne glisse un bulletin de vote dans une urne (Illustration).

Crédit : Thibaud MORITZ / AFP

Marie-Pierre Haddad

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Un scrutin local aux conséquences nationales. Près de 35.000 maires remettent ainsi en jeu leur mandat dimanche 15 mars, à l'occasion du premier tour des élections municipales. L'issue pourrait complètement rebattre les cartes du précédent vote, organisé en 2020 en pleine crise Covid, qui avait accordé une prime aux élus sortants.

Cette fois-ci, à un an de la présidentielle, c'est un premier tour de chauffe qui se joue. Preuve en est : la France insoumise, qui jusqu'à présent ne faisait pas des municipales un enjeu, a décidé d'investir le terrain de ses concurrents à gauche. À l'opposé de l'échiquier politique, le Rassemblement national a mis en place une stratégie de déploiement dans plusieurs villes. Contrairement à Renaissance qui a tranché pour des accords dans les grandes métropoles et concentré ses forces dans des villes dites "moyennes". Quant aux Républicains et au Parti socialiste, deux mouvements disposant d'un fort ancrage territorial, les états-majors pourront tester au niveau local, leur stratégie adoptée au niveau national, notamment lors du budget. 

Si les résultats seront attentivement scrutés à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Lille, RTL.fr a dressé la liste des 35 villes à suivre absolument pour pour mesurer le nouveau rapport de forces des partis et repérer les nouveaux bastions susceptibles de peser dans les mois à venir.

• Les villes ciblées par le Rassemblement national

En 2020, le bilan des élections municipales était mitigé pour le Rassemblement national. Six ans plus tard, le parti présidé par Jordan Bardella tape fort avec officiellement 650 listes présentées et une ambition affichée de remporter "plusieurs dizaines de villes".

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Marseille, deuxième ville de France, est l'un de ces objectifs. Le candidat du RN Franck Allisio a fait pendant toute la campagne jeu égal avec le maire de gauche sortant Benoît Payan. Selon un sondage Ifop du 1er mars, la liste de l'édile recueillerait 35% des intentions de vote au premier tour, contre 32% pour celle du député des Bouches-du-Rhône. La question des alliances sera centrale durant l'entre-deux-tours : la liste de la candidate Les Républicains Martine Vassal, soutenue par Horizons et Renaissance, est estimée à 18%. Quant à celle de la France insoumise, dont le député Sébastien Delogu est à la tête, elle est créditée de 13%.

Toulon pourrait aussi faire partie des victoires du RN, même si la députée Laure Lavalette s'y présente sans l'étiquette de son parti. Mais cela n'a pas empêché Marine Le Pen de s'y rendre afin de soutenir sa candidate. "Il faut aller voter, il n'y a pas de petites élections. (...) Aux municipales, on gagne ou on gagne !", a-t-elle déclaré lors d'un meeting. Selon un sondage Elabe pour Var-Matin du 2 mars, la candidate RN est estimée à 41% d'intentions de vote. Derrière elle à 27% la maire sortante, divers droite, Josée Massi, puis le candidat LR Michel Bonnus à 14%, la liste d'union de la gauche portée par Magali Brunel à 12% et celle de LFI portée par Isabel Cornil à 6% d'intentions de vote.

À Nice, le parti de Jordan Bardella s'est allié à Éric Ciotti qui mène une bataille sans merci face à Christian Estrosi. Le Rassemblement national y teste ainsi tester la stratégie d'union des droites, grandeur nature. Stratégie similaire dans la ville de Cogolin où le RN s'est allié à l'UDR. Le RN a aussi ses chances à Carcassonne, dans l'Aude, où la liste de son candidat est au coude-à-coude dans un sondage avec celle du candidat Horizons et de la gauche, hors la France insoumise.

Le Nord-Pas-de-Calais, terre acquise au RN, fait aussi partie des ambitions du parti pour ces municipales. Au-delà du fief d'Hénin-Beaumont, où s'est imposé depuis 2014 Steeve Briois, proche de Marine Le Pen, le RN est en position de challenger à Calais, avec Marc de Fleurian, opposé à la maire sortante divers droite Natacha Bouchart. 

• Les villes que le PS espère conserver

À Lens, le Rassemblement national se tient aussi en embuscade et pourrait rallier à lui ce bastion socialiste. "Je suis venu appeler les électeurs du Rassemblement national et, au-delà, tous les Français, tous les citoyens qui veulent tourner la page d'un siècle de gestion de gauche, du Parti socialiste et du Parti communiste, à se mobiliser. La victoire est possible", a affirmé Jordan Bardella venu à Lens soutenir son candidat. 

Le Parti socialiste est aussi en difficulté à Lille où les municipales se jouent sans la candidature de Martine Aubry. Dans cette commune acquise aux socialistes depuis 70 ans, Arnaud Deslandes (PS) est donné en tête du premier tour, mais avec des scores relativement serrés selon un sondage Ifop-Fiducial pour La Voix du Nord, France 3 et Ici Nord : 28% des intentions de vote, devant la liste des Ecologistes conduite par Stéphane Baly (20%), suivie de la liste de La France insoumise conduite par Lahouaria Addouche (16 %) et de celle du bloc central conduite par Violette Spillebout (15%). Quatre listes qui pourraient, en l'état, se maintenir au second tour.

À Nantes, la maire sortante socialiste Johanna Rolland serait en mesure de se maintenir. Afin de battre son adversaire LR Foulques Chombart de Lauwe, l'édile pourrait avoir besoin du soutien du candidat insoumis William Aucant,donné au-dessus du seuil des 10% d'intentions de vote et donc en capacité de se maintenir pour le second tour. 

Le match à Paris sera aussi à scruter. Bien que désavoué par la sortante Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, soutenu par les socialistes, les écologistes et les communistes, fait la course en tête suivie par Rachida Dati, candidate Les Républicains. Mais selon les sondages, deux autres listes pourraient prétendre se maintenir au second tour : celle de Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons, et celle de Sarah Knafo, représentante de Reconquête, le mouvement d'Éric Zemmour. À noter que pour la première fois, les électeurs de la capitale, ainsi que ceux de Lyon et Marseille glisseront deux bulletins dans deux urnes, une pour le conseil d'arrondissement et une autre pour le conseil municipal

Le PS, bien installé à Montpellier, entend conserver la ville, aujourd'hui dirigée par Michaël Delafosse, mais le maire sortant fait face à une candidature du RN ainsi que celle, remarquée, de l'humoriste Rémi GaillardRennes devrait permettre d'apporter un peu d'oxygène au parti d'Olivier Faure puisque la maire sortante socialiste Nathalie Appéré est en tête des intentions de vote dans les sondages.

• Les villes où les écologistes sont en difficulté

Chez les Écologistes, les esprits se préparent à des élections municipales sous tension. Si le précédent scrutin avait été comparable à une vague verte, celui des 15 et 20 mars s'annonce plus critique. 

Notamment à Bordeaux (Gironde), où le maire sortant Pierre Hurmic doit affronter une large coalition du centre et de la droite. L'édile, qui avait mis fin au règne de plus de 73 ans de la droite dans la capitale girondine, est à ce stade en tête dans les sondages. Mais le second tour reste encore flou, malgré le soutien du Parti socialiste, du Parti communiste et de Générations.

Lyon fait aussi l'objet de toutes les convoitises. Gérée par l'écologiste Grégory Doucet depuis 2020, la ville pourrait basculer aux mains de l'ancien dirigeant de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, soutenu par Les Républicains, Renaissance, Horizons et l'UDI. La gauche y est divisée avec 4 candidats.

Les verts sont donnés en tête à PoitiersTours et Besançon. Quant à Grenoblela première conquête des écologistes en 2014, la volonté du maire écologiste Éric Piolle de ne pas se représenter a déclenché les convoitises puisqu'une dizaine de candidats tous bords politiques confondus se sont manifestés. Parmi eux, Laurence Ruffin, la sœur de François Ruffin, candidate de l'union de la gauche, soutenue par le maire sortant. Selon un sondage du groupe Ebra publié début février, la cheffe d'entreprise arriverait en tête avec 34% des intentions de vote au premier tour, suivie par l'ancien maire de la ville et candidat LR Alain Carignon avec 25%, puis le candidat insoumis Allan Brunon (10%).          

Strasbourg est considéré comme l'un des points chauds pour les Écologistes. La maire sortante Jeanne Barseghian peine à rattraper son retard sur l'ex-maire socialiste Catherine Trautmann dans les sondages. Cependant, le parti de Marine Tondelier a multiplié les alliances avec le PS, ce qui a placé dans son viseur les villes de LorientVillepinteNeversMulhouse ou encore Fécamp. "On a mené ces municipales avec sérieux. A la fin, on n'aura jamais eu autant d'élus écologistes", a déclaré la secrétaire nationale du parti.

• Les villes convoitées par la France insoumise

La France insoumise a des chances de l'emporter à Roubaix où selon un sondage Ifop pour le quotidien La Voix du Nord, le député LFI David Guiraud arriverait largement en tête au premier tour et l'emporterait aussi au second, mais avec des écarts bien plus serrés. Proche de Jean-Luc Mélenchon, il récolte 44% des intentions de vote et devance Karim Amrouni, à la tête d'une liste divers gauche (23%) et le maire centriste sortant Alexandre Garcin (18%). La candidate du RN, Céline Sayah, est créditée de 12% des intentions de vote. 

LFI peut aussi espérer s'implanter à Evry et à La Courneuve. Mais le mouvement risque de se heurter à sa stratégie solitaire puisque la gauche a noué des alliances sans lui. L'objectif affiché par Manuel Bompard est donc de "faire rentrer plusieurs centaines de personnes dans les conseils municipaux" pour "travailler au développement du mouvement et se crédibiliser". 

La France insoumise a quant à elle décidé de combattre le RN sur l'une de ses villes : Perpignan. À une journée d'intervalle, Jordan Bardella, puis Jean-Luc Mélenchon y ont tous les deux tenus des meetings afin de soutenir leurs candidats. Selon le chef de file de la France insoumise, les électeurs doivent choisir "entre les fascistes et nous".

• Les villes qui pourraient échapper à LR

À Limoges, la situation s'annonce tendue à droite. En 2014, la victoire des Républicains avait mis fin à 102 ans de règne socialiste sur cette ville de 130.000 habitants, où est née la CGT en 1895. Mais la situation pourrait à nouveau basculer, à la faveur d'une bataille en cours entre le maire sortant Émile Roger Lomberti et son adjoint Guillaume Guérin. "La division Guerin-Lombertie risque de leur faire perdre la mairie. C'est la droite la plus bête du monde", a commenté Albin Freychet, candidat RN qui se dit prêt à "tendre la main à droite au second tour" pour battre la gauche. La gauche part aussi divisée, entre le député insoumis Damien Maudet, soutenu par les Écologistes et Générations, et un "flic de gauche" revendiqué, Thierry Miguel, appuyé par le PS, le PC et Place Publique. 

Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc est à la tête d'une alliance Modem-Horizons-Renaissance-UDI-LR. En tête dans les intentions de vote (33%), il est talonné par le candidat de la gauche hors LFI, François Briançon (30%), le candidat insoumis François Piquemal (23%), qui peuvent tous les deux prétendre au second tour.

À Nîmes, la droite pourrait perdre la ville qui basculerait à gauche et devenir communiste. Une défaite conséquente pour la droite qui la détient depuis près de 25 ans. Les deux adjoints du maire sortant s'affronteront en effet sur deux listes distinctes (LR d'une part, ex-LR ayant rejoint les centristes de l'autre). Sans compter le vice-président du Rassemblement national, Julien Sanchez. À noter qu'une conseillère municipale de Nîmes a démissionné de la majorité du maire Les Républicains, pour rejoindre la liste RN-UDR.

• Les villes où des personnalités jouent leur avenir

Au HavreÉdouard Philippe a lié son destin présidentiel à celui de sa réélection en tant que maire. Un sondage Opinionway a donné pour la première fois le prétendant Horizons à la présidentielle perdant dans sa ville contre Jean-Paul Lecoq (PCF), en cas de maintien du candidat RN-UDR au second tour des élections municipales. Édouard Philippe bénéficierait au premier tour de 37% des intentions de vote, contre 35% pour le communiste, soutenu par le PS, les Écologistes et Place publique. Derrière eux, le candidat du Rassemblement national Franck Keller est largement en mesure de se maintenir au second tour avec 18% des voix. La liste LFI menée par Charlotte Boulogne est créditée de 6% des suffrages.  

Pau, la ville de François Bayrou, fait aussi partie de la liste des matchs à suivre. L'ancien Premier ministre est jugé "usé" par ses adversaires après deux mandats et un passage à Matignon secoué par le scandale de violences sexuelles à Bétharram. 

Amiens, la ville d'Emmanuel Macron, a vu le PS et les Écologistes se rassembler derrière un même candidat : Frédéric Fauvet. Ce dernier espère ravir la mairie au centriste sortant Hubert de Jenlis. 
                   
À Menton, la candidature de Louis Sarkozy ne prend pas : le fils de l'ancien président est donné quatrième dans les sondages dans la commune, que le RN espère conquérir la ville. "Si j'arrive en troisième position, ça voudra dire que Menton me dit  : 'Je ne suis pas une fille facile, il faut recommencer, un an c'était trop vite, trop fort, trop rapide, pour me séduire'", a-t-il dit au Nouvel Obs.

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