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François Bayrou, à Pau le 26 février 2026
Crédit : Gaizka IROZ / AFP
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Dernière ligne droite avant le premier tour des municipales le dimanche 15 mars. En campagne, François Bayrou tente de se faire réélire à Pau. Après huit mois à Matignon où il a été un Premier ministre déchu et conspué, le maire Modem animait une réunion publique face à environ 80 personnes. Les questions qui lui sont adressées sont ultra locales.
Les habitants lui demandent des comptes sur la construction d'un refuge pour animaux, le revêtement d'une avenue du quartier ou encore la taxe foncière. Idem au marché. "Je suis présidente de deux associations. J'ai un événement. La salle, on doit la payer. On n'a pas les moyens, cela coût 200 euros", lui lance une électrice. "On va s'en occuper", répond François Bayrou.
Lui vante son bilan de bâtisseur, il montre une vidéo 20 minutes "avant-après" sur la métamorphose de la ville avec la construction des halles, la rénovation de la place royale ou encore le grand projet pour les galeries Lafayette.
Toujours aussi sûr de lui, François Bayrou fait cependant face à une grande interrogation : paiera-t-il à l'échelle locale son échec à Matignon ? Cet argment est d'ailleurs martelé par ses adversaires. Comme le socialiste Jérôme Marbot, encouragé par une électrice lors d'un porte-à-porte. "Il y a beaucoup de choses à faire à Pau et notamment auprès des jeunes. Donc allez-y parce que les vieux, ils ont leurs idées", lui a-t-elle lancé.
Entre deux étages, il lâche ses coups. "Je vis à Pau, je travaille à Pau, je me promène à Pau. Je ne l'ai jamais croisé dans la rue. Et les Palois sont en manque de ça. Donc il y a toute cette proximité à retisser. Au moment où il était à Matignon, un certain nombre de Paloises et de Palois me disaient qu'ils avaient honte. On s'est aperçu que François Bayrou n'a plus les réponses adaptées aux questions qui traversent notre société", a-t-il expliqué le candidat socialiste.
La candidate du RN Margaux Taillefer l'attaque aussi sous cet angle. "Aujourd'hui, il y a un besoin de proximité. On veut revoir le maire de Pau à Pau et non plus à Paris. La ville de Pau a changé de visage.Je ne le nie pas. Il y a des projets qui ont été portés par François Bayrou qu'il fallait porter. Toutefois, je pense qu'il faut faire mieux aujourd'hui et parler à chaque Palois puisqu'il y a des quartiers qui sont abandonnés", a-t-elle estimé.
Aucun d'eux, en revanche, ne veut faire du drame de Betharram un axe de la campagne, contrairement au candidat LFI Jean-François Blanco. "Il ne peut pas faire à l'économie au moment de son retour à Pau de sa responsabilité sur des sujets brûlants et notamment sur le fait qu'il n'a pas protégé les enfants de Betharram quand j'ai déposé la première plainte en avril 1996 alors qu'il était ministre de l'Éducation nationale", a-t-il indiqué.
Sa longévité, son impopularité à Matignon, Betharram... François Bayrou lui balaie les critiques. "Il n'y a pas d'usure du pouvoir, il y a un épanouissement du pouvoir. Je n'ai jamais quitté Pau, donc tout ceci est une histoire d'amour. Les Palois étaient fiers que leur maire joue un rôle national. Quand vous êtes d'une province aussi typée et aussi éloignée de Paris, il n'y en a pas beaucoup qui réussissent à être chef du gouvernement. Il y en a eu deux, c'est déjà pas mal", a-t-il estimé. Comprendre, Henri IV et lui.
Les habitants eux sont partagés. À la fin de sa réunion publique, une électrice reconnaît : "On s'est senti un peu abandonné". "C'est une ville qui est à la fois sportive, agréable à vivre. Il vaut mieux avoir une personne avec une expérience comme il a et les relations comme il peut avoir parmi son réseau", répond un autre.
François Bayrou livre-t-il sa dernière bataille ? L'ancien Premier ministre explique qu'il ne sera pas candidat à la présidentielle de 2027, donc ça y ressemble, mais de là à le reconnaître... "Je crois que je ne cesserai pas d'être en première ligne. L'adjectif 'dernier' n'appartient pas à mon vocabulaire", répond-il. .Mais cela, ce sont les électeurs qui en décideront.
Les candidats aux municipales à Pau : François Bayrou - "Nous aimons Pau", Cyrille Marconi - "Lutte ouvrière, le camp des travailleurs", Jean-François Blanco - "Pau insoumise écologiste et citoyenne", Jérôme Marbot - "Nouvelle ère", Margaux Taillefer - "L'espérance pour Pau", Pascal Boniface - "Pau, c'est vous !", Philippe Arrou - "Arrou avec vous".
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