4 min de lecture

Municipales 2026 : comment Jean-Michel Aulas veut remettre la voiture au centre de Lyon avec son projet de mégatunnel

L'ancien patron de l'OL, candidat adoubé par la droite et le centre, mène une campagne intense contre le maire sortant, l'écologiste Grégory Doucet, dont il dénonce l'aménagement massif de pistes cyclables.

Jean-Michel Aulas, candidat aux municipales à Lyon et Grégory Doucet, maire sortant écologiste de la ville

Crédit : AFP

Juliette Vignaud

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Une campagne municipale très contrastée. Favori des sondages à Lyon, Jean-Michel Aulas, candidat sans étiquette partisane mais avec le soutien de la droite et du centre, multiplie les promesses envers les automobilistes. L'ex-patron emblématique de l'Olympique lyonnais (OL) mène une campagne intense contre son principal rival, le maire écologiste sortant Grégory Doucet, dont il dénonce l'aménagement massif de pistes cyclables. C'est d'ailleurs les bouchons provoqués par les travaux de voirie qui l'ont poussé, dit-il, à se porter candidat.

Lors de son premier meeting de candidat à la mairie de Lyon, en septembre 2025, Jean-Michel Aulas s'en est pris à des écologistes "enfermés dans leur dogme": "Lyon peut espérer autre chose qu'une écologie punitive, passéiste, bloquée au siècle dernier", a-t-il dit.

Il a dénoncé des "travaux partout" dans la ville, qui ont "restreint les voies de circulation", "trop brutalement, trop vite". "Tout ceci a été fait sans s'attaquer au vrai sujet, au nid de pollution, comme le tunnel de Fourvière, avec une offre de transport qui ne suit pas nécessairement une si brutale transformation", accuse-t-il.

Un tunnel routier long de 8 km

La proposition phare de Jean-Michel Aulas est de construire un tunnel routier, long de 8 km, sous la colline de Fourvière, entre les communes de Tassin-la-Demi-Lune et Saint-Fons. Ce projet, mené de concert avec Véronique Sarselli - candidate à la métropole de Lyon face à l'écologiste Bruno Bernard - est estimé à 2 milliards d'euros, selon Jean-Michel Aulas. Une proposition qui a suscité de nombreuses interrogations sur son financement, alors que ses détracteurs évoquent un budget de 4 milliards d'euros, soit le double des estimations du candidat.

À lire aussi

Le camp Aulas a évoqué la possibilité de financements européens et d'un partenariat public-privé qui impliquerait un péage. "Ça ne sera pas payant pour les Lyonnais, par contre ça peut être payant pour ceux qui vont contourner Lyon", a-t-il précisé lors d'un débat télévisé diffusé sur BFMTV ce mardi 24 février. Et concernant les travaux que cela pourrait engendrer, il estime qu'"un tunnel se fait par dessous", ils ne seront donc pas "apparents".

Pour l'homme d'affaires, ce méga-tunnel - baptisé "nouvelle traversée de Fourvière" - permettrait de résoudre les problèmes de circulation et ainsi "rendre du temps aux Lyonnais et Grand Lyonnais" alors que Lyon est classée comme la ville la plus embouteillée de France en 2025 par l'index Tom-Tom. Avec un taux de congestion de 47,2%, en progression de 0,7 point en un an, la ville des Lumières devance désormais Bordeaux (43,5%), Montpellier (41,4%) et Paris (40%).

"L’année 2025 correspond à un pic exceptionnel de chantiers, lié à la réalisation simultanée de grandes infrastructures structurantes menées par la Métropole de Lyon : nouvelles lignes de tramway et de trambus, déploiement des Voies lyonnaises, modernisation de la voirie", reconnaît la municipalité dans un communiqué.

"Un grand retour en arrière" dénoncé par la majorité sortante

Les opposants à Jean-Michel Aulas estiment que ce mégatunnel ne résoudrait en rien les problèmes de circulation, alors que 15% des usagers du tunnel sous Fourvière passent en transit, les autres se rendant dans l'agglomération lyonnaise.

Ce serait un "grand retour en arrière", estime l'actuelle majorité, qui défend les mobilités douces. "Le coût de ce tunnel ruinerait les investissements de toutes les autres solutions de transports en commun de la région lyonnaise. Cette conception du monde faite de grands chantiers date du siècle dernier", estime Jean-Charles Kohlhaas, vice-président de la métropole de Lyon (Les Écologistes) chargé des mobilités et de la logistique urbaine. Dans un communiqué, il dénonce un "projet hors-sol, inutile et financièrement irresponsable".

Grégory Doucet l'avait également accusé de "vouloir faire les poches aux automobilistes". "Qui va payer 10 euros pour passer ?", s'était aussi questionné Bruno Bernard. Le candidat à sa réélection à la métropole prône plutôt la construction de nouvelles lignes de tram, jugées "moins coûteuses et bien plus efficaces".

"C'est un projet qui n'a ni queue, ni tête, écocide. Vous allez forer, utiliser des ressources. Lyon n'a pas besoin d'une mégatunnel", dénonce Anaïs Belouassa Cherifi (La France insoumise), lors du débat télévisé.

L'ancien patron de l'OL promet par ailleurs la gratuité des transports pour les "Lyonnais gagnant moins de 2.500 euros net par mois". Une proposition qui intervient après ses approximations sur le coût des transports dans l'agglomération. Sur France Inter, il évoquait un tarif mensuel "de l’ordre de 50 euros". En réalité, un abonnement mensuel TCL en zone 1 et 2 (métropole lyonnaise) coûte 74,10 euros et 90 euros pour toutes les zones.

En complément de ce mégatunnel, Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli ont aussi l'intention de construire une nouvelle ligne de métro, reliant l'ouest de Lyon à la place Bellecour, jusqu'à l'aéroport Saint-Exupéry. Un tracé qui passerait notamment par la LDLC Arena, détenue par sa holding familiale. De quoi alimenter les critiques de ses opposants, qui évoquent un possible conflit d'intérêts.

Les candidats déclarés aux élections municipales à Lyon : Jean-Michel Aulas (soutenu par la droite et le centre), Anaïs Belouassa-Cherifi (La France insoumise), Grégory Doucet (Les Écologistes), Alexandre Dupalais (UDR, soutenu par le Rassemblement national), Georges Képénékian (divers centre, sans étiquette), Nathalie Perrin-Gilbert (divers gauche).

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info