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Macron, Hollande, Sarkozy et leurs pères : des relations compliquées

VU DANS LA PRESSE - "M", le magazine du Monde a enquêté sur la relation des présidents de la République avec leurs pères, pas toujours facile.

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Les Présidents et leurs pères : des relations compliquées Crédit Image : BENOIT TESSIER / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Isabelle Choquet édité par Coline Daclin

Cette semaine, gros plan sur la relation compliquée de nos présidents avec leurs pères. Nous sommes le 14 mai 2017, salle des fêtes de l’Elysée. 300 invités attendent la passation de pouvoirs entre François Hollande et Emmanuel Macron. 

À l’écart, un homme dégarni avec un nœud papillon, un peu ronchon, un peu goguenard. Un ami du président lui lance : "Ça n’arrive pas à tout le monde d’être le père d’un président".  Il répond sur un ton glacial : “Non, sans doute”. Puis il regarde sa montre et il demande : "Vous savez si ça dure longtemps ?".

Jean-Michel Macron, mais aussi Georges Hollande et Pál Sarkozy… Trois hommes liés par un même destin : avoir un fils Président. Trois présidents de la République unis dans un même silence : leur père, ils n’en parlent pas, ou si peu. M, le magazine du Monde a mené l’enquête.

Entre Jean-Michel Macron et son fils, de la distance

Il y a donc Jean-Michel Macron, neurologue, professeur au CHU d’Amiens. Un discret, un peu caustique. Entre le Président et lui, pas d’opposition franche. Le soir de la victoire, en voyant son fils traverser l’esplanade du Louvre, Jean-Michel était ému aux larmes. Pas sûr que le président l’ait su. 

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Pas de défiance non, mais une certaine distance, qui remonterait à l’époque où Emmanuel a noué sa relation avec Brigitte. "La vraie figure parentale, dit un conseiller, c’est la grand-mère, Manette". Depuis toujours, le Président aime raconter que c’est elle qui l’a élevé, qui lui a tout appris. Elle, la directrice d'école, fille d’un cheminot et d’une femme de ménage illettrée. Des parents médecins, c’est tellement classique, tellement bourgeois. Fataliste, son père résume : "Emmanuel tire de chacun ce qui peut lui rendre service".

Georges Hollande, père violent et anar de droite

La distance est encore plus grande entre François et Georges Hollande, décédé début avril, en plein confinement. Sur Twitter, l’ancien président a exprimé son respect, pas plus. "Il était violent, perpétuellement en colère", dit-il. "Il n’avait pas d’amis, il n’aimait personne. C’était une sorte d’anar de droite qui contestait tous les pouvoirs". Un anar d’une droite extrême. 

Mais ce qui a vraiment séparé les deux hommes, c’est l’instabilité de Georges Hollande. Il était médecin lui aussi, ORL réputé à Rouen. Et un jour, il a décidé brutalement de déménager à Paris pour se lancer dans l’immobilier. François Hollande avait 14 ans. 

"Il a vendu la maison, il a jeté la plupart de nos affaires à la poubelle", dit-il. "Quand ça allait trop bien, il bazardait tout." Pas doué pour le bonheur, George Hollande... Même quand son fils accède à l'Elysée. "Sa première réaction a été de me dire : 'Je te plains, ça va être très difficile'"

Pál Sarkozy, à la fois absent et encombrant

Pál Sarkozy, c'est tout l'inverse… Un personnage fantasque, mythomane, séducteur, marié quatre fois. Nicolas avait 5 ans lorsqu’il est parti. Il lui en a toujours voulu d’avoir abandonné "Dadu", sa mère, cette héroïne. Le désamour est réciproque. Pál Sarkozy n’a jamais caché que son deuxième fils n’était pas son enfant préféré. Il répétait sans arrêt : “C’est le seul de la famille à être petit".
 
Un père à la fois absent et encombrant. Il est devenu peintre sur le tard, et il n’a eu aucun scrupule à profiter de la célébrité de son fils. Mais il multiplie les interviews assassines. Nicolas, "il ne parle que de lui", "il a tendance à grossir"… Il décrit un "élève médiocre", le seul qui n’aurait pas hérité de ses "bons gènes". 

Lorsque Nicolas Sarkozy est élu, Pál déclare : "J’aurais été vraiment fier si l’un de mes fils avait été président des États-Unis !" Tout est dit dans l’un de ses collages : sur une page de journal annonçant la victoire de 2007, à la place du visage de son fils, il a mis le sien, avec la mention “Pál président”.

Trois hommes, trois relations contrariées, qui ont forcément pesé sur les destins politiques. Emmanuel Macron, pressé de s'affranchir des codes, François Hollande qui a développé l’art de l’esquive, Nicolas Sarkozy et son désir de revanche. Malgré tout, aucun n’a coupé les ponts avec son père. Voilà un petit aperçu de cette grande et belle enquête à lire dans M le magazine du Monde.

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