4 min de lecture Législatives 2017

Législatives 2017 : ces circonscriptions où le PS peut espérer l'emporter

ÉCLAIRAGE - 416 candidats socialistes avaient réussi à passer le premier tour des législatives en 2012. Seuls 65 participeront au second de ces élections législatives.

Marisol Touraine, Ericka Bareigts et Stéphane Le Foll font partie des rares socialistes en mesure de l'emporter au second tour des législatives.
Marisol Touraine, Ericka Bareigts et Stéphane Le Foll font partie des rares socialistes en mesure de l'emporter au second tour des législatives. Crédit : Montage RTLnet / SIPA
Léa Stassinet
Léa Stassinet
Journaliste

Un Parti socialiste "à terre, décapité, éclaté". L'ex-ministre socialiste Thierry Mandon n'y est pas allé par quatre chemins pour qualifier le naufrage de sa formation politique à l'issue du premier tour des législatives. Avec 7,44% des voix (sans les voix de ses alliés du PRG et d'EELV), le Parti socialiste réalise le pire score de son histoire. Un résultat bien loin des 29,35% obtenus lors des législatives de 2012.

Ce très faible score s'illustre par les défaites dès le premier tour de figures du parti comme Benoît Hamon, ancien candidat à la présidentielle et battu dans son fief des Yvelines, l'ancienne ministre Aurélie Filippetti ou encore le patron de la rue de Solférino, Jean-Christophe Cambadélis. Ce dernier a souligné "le recul sans précédent de la gauche dans son ensemble et notamment du PS". 

Concrètement, comment cela va-t-il se traduire dans l'hémicycle ? Selon les diverses projections réalisées à l'issue du premier tour, le Parti socialiste et ses alliés (PRG et divers gauche) obtiendraient entre 20 et 30 sièges à l'Assemblée nationale, soit onze fois moins qu'en 2012, où ils avaient réussi à envoyer 331 députés au Palais Bourbon. 

D'anciens ministres de Hollande bien placés

Mais qui sont les socialistes les mieux placés pour l'emporter dans leur circonscription ? Seuls 65 d'entre eux ont réussi à passer le premier tour, quand ils étaient 416 en 2012. Lorsque l'on regarde précisément les résultats du premier tour, on s'aperçoit que plusieurs anciens ministres de François Hollande, qui pour certains se sont dits prêts à travailler avec Emmanuel Macron, font partie des "survivants". Plusieurs arrivent même en tête dans leur circonscription. C'est le cas de l'ancienne ministre des Outre-mer Ericka Bareigts, qui obtient le meilleur score socialiste de ce premier tour, avec 47,23% dans la première circonscription de La Réunion. Elle se retrouve ainsi en ballottage très favorable face au candidat des Républicains Jean-Jacques Morel, arrivé loin derrière avec 21,68% des voix. 

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Autre ancien ministre en bonne position pour le second tour, Stéphane Le Foll. L'ancien porte-parole du gouvernement obtient 30,31% dans la quatrième circonscription de la Sarthe, loin devant son adversaire LR Emmanuel Franco, qui a récolté 22,15% des voix au premier tour. Même cas de figure pour l'ex-ministre de la Santé Marisol Touraine dans la troisième circonscription d'Indre-et-Loire, où elle s'est qualifiée avec 28,54% des voix, devant la candidate UDI-LR Sophie Auconie (20,02%). George Pau-Langevin (24,13%), prédécesseur d'Ericka Bareigts au ministère des Outre-mer, affrontera un candidat de la France insoumise, Mehdi Kemoune (18,66%) dans la 15ème circonscription de Paris. Mais ces quatre anciens membres du gouvernement ne sont pas les seuls à être arrivés en première position, dimanche 11 juin. Ils ne sont pas les seuls non plus à avoir bénéficié de la bienveillance de La République En Marche, qui ne leur a pas opposé de candidat. 

Se retrouvent donc également en ballottage favorable pour le second tour : François André dans la 3ème circonscription d'Ille-et-Vilaine (46,78%), Christophe Bouillon dans la 5ème de Seine-Maritime (41,86%), Hélène Vainqueur-Christophe dans 4ème de Guadeloupe (38,70%), François Pupponi dans la 8ème du Val-d'Oise (38,37%),  Joaquim Pueyo dans la 1ère circonscription de l'Orne (30,31%). Frédéric Barbier, qui se présentait dans la 4ème circonscription du Doubs, a la particularité de bénéficier à la fois de l'étiquette REM mais d'être également investi par le PS, rappelle le JDD. Il est arrivé largement en tête avec 37,47% contre 24,09% pour son adversaire FN, Sophie Montel. 

Deux socialistes arrivés devant les candidats REM

Parmi tous les candidats socialistes arrivés en tête en premier tour, deux ont réalisé un exploit, au regard des résultats nationaux : celui de devancer le candidat investi par La République En Marche. Il s'agit de Guillaume Garot, qui a récolté 30,99% des voix dans la 1ère circonscription de la Mayenne, devant la candidate REM Béatrice Mottier (26,54%). Même chose pour Dominique Potier, arrivé en tête avec 28,58% des voix dans la 5ème de Meurthe-et-Moselle. Il distance de peu la candidate REM, Marion Buchet (27,04%). 

Des motifs d'espoir pour certains socialistes en ballottage défavorable

Parmi les candidats arrivés second à l'issue du premier tour, certains peuvent encore croire à une victoire. C'est notamment le cas de David Habib, député sortant de la 3ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques. Avec 25,42% des voix, il peut espérer rattraper son adversaire REM Michel Bernos, arrivé premier avec 29,79% des voix dimanche 11 juin. Un espoir alimenté par le score de la France insoumise, arrivée 3ème avec 10,96% et dont le report des voix, s'il s'effectuait, pourrait être bénéfique au socialiste. Le cas d'Olivier Faure, ex-patron des députés PS, est similaire. Arrivé à trois points derrière le candidat REM dans la 11ème circonscription de Seine-et-Marne (27,37% contre 30,39%), il pourrait bénéficier du report de voix des électeurs de la France insoumise (13,44%). 

Même si l'écart n'est que de 2 points avec sa concurrente REM (29,79% contre 31,60%), le second tour sera un peu plus compliqué pour Delphine Batho, dans la 2ème circonscription des Deux-Sèvres. Celle qui n'a pas reçu le vote de son ancienne mentor Ségolène Royal (qui a préféré opter pour la candidate REM, ndlr), a vu la candidate des Républicains arriver en 3ème position, avec 12,73%, suivie du candidat FN (11,10%). Le report des voix ne s'annonce pas vraiment en faveur de la socialiste. S'il est en mauvaise posture dans sa circonscription des Landes, la 3ème, Boris Vallaud peut encore y croire. L'ancien secrétaire général adjoint de l'Élysée, actuel époux de Najat Vallaud-Belkacem, s'est qualifié avec 9 points de retard sur son adversaire de La République En Marche (25,33% contre 34,15%). Il peut cependant espérer compter sur le report des voix attribuées à La France insoumise, son candidat étant arrivé 3ème avec 11,57%. Boris Vallaud a la particularité de se présenter dans la circonscription d'Henri Emmanuelli. Cette figure du Parti socialiste, décédée en mars dernier, avait été réélue dès le premier tour en 2012 avec plus de 56% des voix.

Enfin, Luc Carvounas, déjà sénateur du Val-de-Marne, est candidat à la députation dans la 9ème circonscription du département francilien. Ce fidèle soutien de Manuel Valls a terminé deuxième à l'issue du premier tour, avec 20,54% des voix, derrière son adversaire REM, qui avait, lui, récolté 29,25% des suffrages. Mais le report des voix des électeurs insoumis (15,69%) et des communistes (8,8%) pourrait bien lui permettre de décrocher un siège au Palais Bourbon.

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