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Édito - Le discours "Tinder" d'Élisabeth Borne

À la façon de l’application de rencontre, la première ministre voulait que ça "matche" avec les oppositions lors de son discours de politique générale, mercredi.

Élisabeth Borne lors de son discours de politique générale à l'Assemblée, le 6 juillet 2022.
Élisabeth Borne lors de son discours de politique générale à l'Assemblée, le 6 juillet 2022.
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
L'Edito Politique du 07 juillet 2022
00:03:27
L'Edito Politique Olivier Bost
Olivier Bost

Lors de son discours de politique générale, mercredi 6 juillet, Élisabeth Borne a fait ses choix. Du coup par coup avec les LR, les socialistes, les centristes et les indépendants. Il n’y a que les LFI et le RN qui n’ont pas eu le droit à leur clin d’œil. Des clins d’œil assez appuyés d’un sourire, complice ou narquois, chacun l’interprètera à sa façon. À moins qu’Élisabeth Borne se rendait compte de la lourdeur de ses appels individuels à chaque président de groupe politique.

De toute façon, l’heure n’est pas à la finesse mais à l’efficacité. Dès aujourd’hui, avec le projet de loi pouvoir d’achat, le gouvernement passe aux travaux pratiques. Élisabeth Borne a dragué les oppositions. Mais ce n'est pas tout ce que l'on retiendra de ce discours et de ces échanges à l’assemblée nationale.
 
La Première ministre a aussi montré que les cris de l’opposition, des insoumis pour être précis, ne suffisaient pas pour la déstabiliser. Élisabeth Borne a même montré un certain plaisir à se retrouver ainsi au centre de l’arène. L’adversité ne la rebute pas. Pour ceux qui la dépeignent comme un techno pas politique, ils ont découvert qu’elle peut avoir une certaine assurance et un LR certaine autorité.

Des objectifs suffisamment flous pour autoriser des compromis

Le discours n’était pas flamboyant, trop long parce qu’il faut parler de tout. Ça ne transporte personne, mais c’est efficace sur les messages. Élisabeth Borne prend rarement des détours pour afficher ses intentions. Comme elle ne prend pas de pincette pour répondre aux oppositions avec qui elle n’a rien à faire.

Quelles sont les intentions d’Elisabeth Borne ? Nous avons ce qu’on appelle la méthode. Aller chercher les oppositions qui voudront bien, à un moment, voter quelque chose avec la majorité trop faible d’Emmanuel Macron. Mais il ne faut pas en demander beaucoup plus.

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Il y a bien une liste : les retraites, pas de nouveaux impôts, EDF nationalisé, la transition écologique avec du nucléaire, l'école, la police. Etc. Mais les objectifs sont suffisamment flous pour que les compromis puissent se construire. Le manque de précision est total et volontaire. 

L’exemple le plus flagrant est les retraites. Nous sommes passés de 65 ans à 64 ans, à y’a plus de totems ni de tabou, à un très vague il faudra travailler plus longtemps. Pour l’instant, les oppositions nous dirons les plus constructives n’ont pu répondre, à l’image des Républicains, qu’en piochant dans la liste de cours, la liste de ce qu’ils sont prêts à voter, et à quelles conditions.

Vu l’état politique inédit et déstabilisant, ce n’est déjà pas si mal pour un discours. Donc, ce n’est que le début d’une histoire. Les rebondissements ne manqueront pas. Élisabeth Borne a juste posé le décor. Elle montre sa personnalité. Plus joueuse, et plus enjouée, que ce qu’elle avait laissé publiquement transparaître. De là, à assister à la naissance d’une Borne mania... La réalité politique devrait laisser encore un peu de marge. 

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