1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. ÉDITO - Guerre en Ukraine : comment l'idée de "sobriété énergétique" s'impose dans le débat
2 min de lecture

ÉDITO - Guerre en Ukraine : comment l'idée de "sobriété énergétique" s'impose dans le débat

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, une idée monte : celle de sobriété énergétique, l'idée qu'il faut limiter notre consommation de carburants et d'énergie.

Un homme rempli son réservoir (illustration)
Un homme rempli son réservoir (illustration)
Crédit : BENJAMIN CREMEL / AFP
La sobriété: le nouveau mot à la mode
03:04
La sobriété: le nouveau mot à la mode
03:04
L'Edito Politique Olivier Bost
Olivier Bost

C'est une idée qui monte en même temps que les prix du gaz et du pétrole : l'idée de sobriété énergétique. Pour certains, c'est une notion très nouvelle. Il y a encore quelques mois à peine, parler de "sobriété" valait d'être qualifié d'Amish - cette communauté religieuse qui refuse les innovations technologiques.

Parce que la sobriété c'est une forme - ou une nouvelle forme - de décroissance ça ressemble à une punition imposée par des idéologues. La sobriété, c'est consommer moins d'énergie. C'est-à-dire de moins se déplacer ou de se déplacer autrement, réduire son chauffage et consommer un peu moins de tout. Toute notre économie est basée sur le contraire. La croissance, le développement économique, l'hyper-consommation... La sobriété, c'est un changement profond d'habitude et lorsqu'elle est évoquée en temps de crise, c'est parce que c'est la seule solution.
 
Historiquement ce sont les écolosles Amish comme les qualifie Emmanuel Macron - qui prônent la sobriété énergétique. Parce qu'ils en parlent depuis longtemps, ils seront sans doute les moins entendus. Alors que lorsque c'est le ministre de l'Économie, "un libéral assumé devenu marxiste" pour reprendre les moqueries de ses camarades du gouvernement, ça résonne autrement. Bruno Le Maire dit à qui veut l'entendre qu'il faut baisser son chauffage et qu'il faut réduire sa consommation de carburants. 

Beaucoup de Français pratiquent déjà la sobriété sous la contrainte

Olivier Bost

Et les idées vertes ont infusé au-delà. Même Valérie Pécresse, la candidate des LR, en parle. Elle évoque une économie de la sobriété et reprend une formule écolo : "la meilleure dépense énergétique, c'est celle que l'on ne fait pas".

Chez les syndicats, Laurent Berger mardi matin sur RTL nous expliquait que "collectivement, nous devions entrer dans la sobriété". Ce n'est pas l'urgence climatique qui nous l'impose, c'est notre porte-monnaie qui nous y incite. D'autant que le coût, la part de l'énergie, pour un petit salaire, est colossal.

La guerre aux portes de l'Europe vient rappeler que toute notre opulence est à la fois relative et fragile

Olivier Bost
À écouter aussi

L'idée de se priver - parce qu'il y a de ça quand on parle de sobriété - apparaissait pour certains insupportable dans une société d'abondance. Mais la guerre aux portes de l'Europe vient rappeler que toute notre opulence est à la fois relative et fragile.

La sobriété, c'est la seule réponse réaliste, immédiate. Bien plus que la distribution de chèque ou la baisse de taxe. Bien plus aussi que toutes les innovations technologiques futures. Le développement des énergies renouvelables et leur stockage dans les années qui viennent et de nouvelles capacités nucléaires dans 10-15 ans au mieux. Tout cela ne va pas nous permettre de réduire nos factures tout de suite. C'est pour ça que la sobriété s'impose aujourd'hui chez les utopistes comme chez les plus réalistes.

L'équipe de l'émission vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/