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Primaire écologiste : cinq nuances de décroissance

ÉDITO - La position plus ou moins radicale du futur candidat écologiste sur la question de la décroissance pourrait avoir d'importantes conséquences sur la composition de la gauche.

Yannick Jadot, Sandrine Rousseau, Delphine Batho et Éric Piolle, quatre des candidats à la primaire écologiste. Absent de la photo, Jean-Marc Governatori y participe également.
Yannick Jadot, Sandrine Rousseau, Delphine Batho et Éric Piolle, quatre des candidats à la primaire écologiste. Absent de la photo, Jean-Marc Governatori y participe également.
Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Primaire écologiste : cinq nuances de décroissance
02:41
Primaire écologiste : cinq nuances de décroissance
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Olivier Bost

Les plus de 120.000 inscrits à la primaire écolo votent jusqu’à ce dimanche 19 septembre pour choisir leur candidat à la présidentielle. Y a-t-il de vraies différences entre les candidats ? Les débats avec ce vote ont été polis, sans invective et personne ne s’est écharpé.

Les différences, au-delà des personnalités, sont à chercher du côté de la décroissance, avec donc cinq nuances, de ceux qui assument totalement de tout ralentir à ceux qui planquent leurs penchants décroissants.

Je vous propose de les démasquer, d’essayer de les comprendre, et surtout, d’en saisir les enjeux politiques. Il faut commencer par les plus radicaux, souvent les plus simples à comprendre. Dans cette catégorie, il y a Sandrine Rousseau, qui défend l’écoféminisme, la lutte contre toutes les dominations, des hommes sur les femmes, de l’homme sur la nature.

En gros, c’est : "Je suis victime donc je dois avoir le pouvoir". Essayez de critiquer cette façon de voir les choses, et, vous verrez, vous serez aussitôt accusé de vouloir exercer votre domination.

Une proposition invendable

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Delphine Batho, elle, défend beaucoup plus la décroissance, nous vivrons mieux avec moins. Et il faut la croire : "La décroissance, ce n’est pas la récession", c’est acheter en brocante ou sur Le Bon Coin.

Éric Piolle, le maire de Grenoble, refuse de parler de décroissance. Lui est plutôt pour casser le capitalisme, il veut mettre un frein aux cultes de l’argent. Une vision très d’extrême gauche, qu'il préfère qualifier d'humaniste.

Au milieu de tout ça, le plus modéré est Yannick Jadot. Le député européen refuse aussi de parler de décroissance, mais ne veut pas non plus parler de croissance verte. Son truc à lui, c’est la transformation et l’investissement de masse.

Electoralement invendable

Il reste dans l’économie de marché, mais il l’oriente. Éric Piolle et Yannick Jadot refusent de parler de décroissance car cela fait tout de suite penser à l’écologie punitive, une formule de la redoutable Ségolène Royal pour dénoncer toutes contraintes.

La décroissance, ça fait peur. Personne n’a envie de se voir restreint dans ses envies de consommer, ou empêcher de se déplacer comme il l’entend. Autrement dit, c’est électoralement invendable.

La décroissance, ça sent la punition et des lendemains bien tristes. Mais ce positionnement n’est pas seulement philosophique, il aura des conséquences politiques. Si Yannick Jadot, le moins décroissant donc, est le candidat, il va retrouver dans son jardin Anne Hidalgo. Éric Piolle ou Sandrine Rousseau seront plus en concurrence avec Jean-Luc Mélenchon.

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