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Didier Lallement : des gilets jaunes au fiasco du stade de France, retour sur trois ans de polémiques

Gilets jaunes, incidents au Stade de France, évacuation violente de migrants... depuis que Didier Lallement a été nommé à la préfecture de police de Paris le 21 mars 2019, il a été au cœur de nombreuses polémiques.

Didier Lallement, le 9 juin 2022.
Didier Lallement, le 9 juin 2022.
Crédit : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Didier Lallement : des gilets jaunes au fiasco du stade de France, retour sur trois ans de polémiques
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Marine Derquenne

Jamais un préfet de Paris n'aura autant pris la lumière. Depuis que Didier Lallement a été nommé en mars 2019 à la préfecture de police, il s'est retrouvé au cœur de nombreuses polémiques à cause de ses sorties médiatiques tonitruantes. 

Les gilets jaunes, les incidents intervenus au Stade de France... c'est presque devenu une habitude. Et à chaque polémique, les appels à démission. Ses détracteurs le jugent "trop autoritaire" ou "trop brutal". Il cultive lui-même "son image de grand méchant loup", explique William Gallibert, journaliste au service politique de RTL, dans le podcast Focus. De son côté, le préfet semble imperturbable, inamovible. Il assume son franc-parler. "Ne craignez jamais de vous faire des ennemis. Si vous n’en avez pas, c’est que vous n’avez rien fait", aimer répéter le préfet de police de Paris en citant Clemenceau.  

C'est la fin du règne de Didier Lallement. Il devrait rejoindre son administration d'origine, la Cour des comptes, avant de partir à la retraite. Retour sur son bilan rempli de phrases cinglantes qui ont fait polémiques. 

120. Didier Lallement, un préfet polémique
Focus
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Une stratégie policière critiquée après les incidents au stade de France

Récemment, le 28 mai dernier, la responsabilité de Didier Lallement a été mise en cause pour les incidents qui se sont déroulés au Stade de France pendant la finale de la Ligue des champions. Certains ont accusé le préfet de Paris d'avoir employé une mauvaise stratégie policière ou des méthodes trop violentes. Face à ses critiques, Didier Lallement a démenti toute responsabilité. 

Le 29 mai 2022 sur RTL, Marine Le Pen appelait le préfet à démissionner : "Le préfet Didier Lallement est un homme brutal dans ses méthodes, nous le savons depuis des années. (...) J'ai demandé sa démission dix fois, ça va devenir récurrent", avait-elle lancé. De son côté, le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon avait assuré lors d'un meeting pour les législatives à Paris le 1er juin dernier : "le préfet de police Lallement, dans trois semaines, si je suis élu, il s'en va".  Ce n'était pas la première fois que les méthodes du préfet sont critiquées et qu'il subit des appels à démissionner. 

Réponse polémique à une "gilet jaune" en 2019

Après un rassemblement de "gilets jaunes" ayant occasionné des violences à Paris le 16 novembre 2019, Jean-Luc Mélenchon avait accusé Didier Lallement de recourir à des "méthodes de psychopathe".  

Pendent la crise des "gilets jaunes", le 17 novembre 2019, le leader insoumis s'en était déjà pris au préfet de police notamment après un rassemblement de militants ayant occasionné des violences le 16 novembre à Paris. Quelques jours après, Didier Lallement avait été interpellé par une dame portant un gilet jaune sur les méthodes employées par les forces de l'ordre, ce à quoi il avait répondu : "Eh bien, nous ne sommes pas dans le même camp, madame". Des propos qui prendront une dimension politique et qui illustreront le fossé qui s'est formé entre les manifestants et les forces de l'ordre.

Pour certains, Didier Lallement avait manqué au code de déontologie de la police et de la gendarmerie nationale, violant son obligation de neutralité figurant à l'article R. 434-29.

Tollé après ses déclarations pendant la crise du covid-19

En avril 2020, alors que le pays connaît une crise sanitaire inédite et se confine, Didier Lallement avait déclaré : "Pas besoin d'être sanctionné pour comprendre que ceux qui sont aujourd'hui hospitalisés, qu'on trouve dans les réanimations, désormais aujourd'hui ce sont ceux qui au début du confinement ne l'ont pas respecté. Il y a une corrélation très simple". En clair, pour le préfet de police de Paris, les personnes hospitalisées sont celles qui n'avaient pas respecté le confinement au début. 

C'était la gaffe de tropToute la classe politique s'était dressée contre lui. La gauche appelait à la démission du préfet, comme la députée Clémentine Autain ou l'insoumis Éric Coquerel. L'élu LR Éric Ciotti jugeait ces propos "révoltants". Au sein du RN, Jordan Bardella y voyait "une faute morale". Aurélien Taché, ex-LaREM, assurait qu'"un préfet ne devrait pas dire ça". Recadré par l'Intérieur, à l'époque représenté par Christophe Castaner, le préfet de police a fini par présenter ses excuses "à tous ceux qu'(il a) pu heurter", avait-il écrit dans un communiqué.

Un camp de migrants violemment démantelé

La responsabilité du préfet de police de Paris Didier Lallement a aussi été mise en cause lors de l'évacuation d'un camp de migrants. Le camp avait été monté dans la nuit place de la République, fin novembre 2020. Les forces de l'ordre avaient violemment défait le camp, secouant les tentes des migrants expulsés de leurs abris et trainés par terre. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin dénonçait des "faits inacceptables" tout en maintenant sa confiance en Didier Lallement.

Évacuation de femmes lors d'une marche féministe

À la veille de la journée internationale des droits des femmes, lors d'une marche nocturne symbolique le 7 mars 2020, des femmes ont été violemment évacuées par les forces de l'ordre. Dans les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on y voit des militantes poussées et matraquées. La maire de Paris Anne Hidalgo, le porte-parole du PCF Ian Brossat, le socialiste Olivier Faure avaient réagi à ces interpellations viole